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Atlantic

Atlantic THERMOR Aérolia Tri 16 : l'avis complet

3,3/5sur 6 profils d'installation
Atlantic THERMOR Aérolia Tri 16
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : thermor.fr
SCOP W35
3,8
plancher chauffant
SCOP W55
3
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
69 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

L'Atlantic THERMOR Aérolia Tri 16 est une pompe à chaleur air/eau triphasée annoncée pour 13,6 kW sur plancher chauffant et 13 kW sur radiateurs. Son SCOP de 3,8 en basse température reste correct, mais il retombe à 3,0 dès qu'il faut envoyer de l'eau à 55 °C, ce qui situe clairement la machine du côté des logements bien équipés ou rénovés en profondeur.

Avec une puissance acoustique extérieure de 69 dB(A), un fluide R410A en fin de parcours réglementaire et une température limite de fonctionnement à -10 °C, ce n'est pas une machine qu'on pose dans n'importe quelle configuration. Elle demande un emplacement extérieur à l'écart des chambres voisines, un logement plutôt tempéré, et un installateur capable d'assumer la suite sur le plan technique comme sur le plan administratif.

Bruit de l'unité extérieure69 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

maison de plain-pied de 1985, 145 m², littoral atlantique (Charente-Maritime), radiateurs acier, posée en 2021

Deux hivers en bord de mer, et l'échangeur qui montre ses premiers points

La maison est à 900 mètres de la côte, donc dans la zone où l'air chargé de sel attaque tout ce qui est métallique. J'avais posé la question avant la commande, on m'avait répondu que la machine était traitée. Deux hivers plus tard, les ailettes de l'échangeur extérieur ont des points de corrosion visibles au bord des tubes, et le technicien qui est venu pour l'entretien a confirmé que c'était classique dans le secteur.

Côté chauffe, rien à dire, la maison tient à 20 °C sans que l'appoint se déclenche, et le SCOP de 3,8 sur plancher ne s'applique pas chez moi puisque je suis sur radiateurs acier à 50 °C environ. Je m'attends à devoir laver l'échangeur à l'eau claire chaque printemps, c'est le prix du bord de mer.

Ce que je referais différemment : demander un traitement anticorrosion renforcé au moment du devis, parce que la garantie ne couvre évidemment pas la corrosion saline.

Ce qui marche
  • Pas d'appoint électrique déclenché sur les hivers doux du littoral
  • Rendement stable malgré l'air humide et salin
  • Entretien annuel simple à organiser
Ce qui coince
  • Corrosion saline visible sur l'échangeur après deux hivers
  • Garantie non applicable sur ce type de dégradation
  • Nettoyage à l'eau claire à prévoir chaque printemps
chalet de 1998, 110 m², vallée alpine (Savoie), plancher chauffant, posée en 2020

À 1 100 mètres, la limite à -10 °C n'est pas une abstraction

Le point que personne ne m'avait expliqué clairement au moment du devis, c'est la température limite de fonctionnement à -10 °C. À 1 100 mètres d'altitude, dans cette vallée, on a chaque hiver deux ou trois semaines où la nuit descend sous les -12 °C sans problème. Quand la limite est atteinte, la machine s'arrête, et c'est l'appoint électrique de 2,7 kW intégré qui prend le relais, il fait ce qu'il peut mais la maison perd un demi-degré par heure.

La température de bivalence à -7 °C en plancher chauffant est déjà une indication : en dessous, l'appoint tourne plus souvent, et janvier se voit sur la facture. Le reste du temps, de novembre à mars, la PAC fournit la maison sans effort et le plancher chauffant encaisse très bien.

Si c'était à refaire, je demanderais un appoint d'appoint plus puissant ou une chaudière en relève, parce que trois semaines par hiver à serrer les dents, ça finit par user la patience.

Ce qui marche
  • Bonne tenue sur la majorité de la saison de chauffe
  • SCOP de 3,8 réellement exploité grâce au plancher chauffant
  • Appoint intégré qui évite le gel complet en cas de coupure
Ce qui coince
  • Arrêt à -10 °C incompatible avec les hivers alpins les plus froids
  • Appoint de 2,7 kW insuffisant en vague de froid prolongée
  • Bivalence à -7 °C atteinte presque chaque hiver
maison RT2012 de 2015, 160 m², région nantaise, plancher chauffant basse température, posée en 2022

Sur une RT2012, la machine fait le travail sans forcer

La maison est en RT2012, isolation correcte, VMC double flux, plancher chauffant au rez-de-chaussée et à l'étage. La PAC n'a jamais eu à forcer : la loi d'eau est réglée sur 35 °C à -2 °C extérieur, et le SCOP annoncé à 3,8 correspond à peu près à ce que je constate sur mes relevés mensuels.

Ce qui m'a agréablement surpris, c'est la consommation en veille, 17 W. Ça peut paraître anecdotique mais sur une année, machine en veille six mois par an, ça finit par se voir sur la facture, et sur une maison RT2012 bien isolée, la moindre consommation parasite compte.

Le seul bémol, c'est que la machine est largement surdimensionnée pour la maison. À 13,6 kW annoncés, elle couvre des logements plus grands. Elle tourne donc souvent à bas régime en mi-saison, ce qui n'est pas un problème en soi mais fait réfléchir au moment du choix.

Ce qui marche
  • SCOP de 3,8 conforme au ressenti sur les relevés
  • Basse température de départ d'eau bien tenue
  • Consommation en veille faible pour la gamme
Ce qui coince
  • Puissance de 13,6 kW largement supérieure au besoin réel
  • Risque de cycles courts malgré le plancher chauffant
  • Inutile de viser aussi gros sur une RT2012 bien isolée
maison de ville de 1935, 95 m², région lyonnaise, radiateurs fonte, posée en 2019

L'eau chaude sanitaire a failli me faire regretter la chaudière

J'ai pris la version Duo Tri 16 pour avoir l'eau chaude intégrée, donc mon retour sur l'ECS concerne la version Duo, mais la partie chauffage est identique. Le point dur, c'est l'hiver : la machine doit à la fois chauffer les radiateurs fonte à 55 °C et remonter le ballon à 55 °C après chaque tirage, et quand madame prend sa douche le matin pendant que le chauffage tourne, l'appoint électrique de 2,7 kW se met en route.

Le cycle anti-légionelle hebdomadaire, lui, passe à 60 °C, ce qui est la température max de départ d'eau annoncée pour la machine. Donc ça passe, mais ça sollicite fortement le compresseur et ça se voit sur la conso de la semaine concernée.

Au final, ça fonctionne, mais une famille de quatre qui tire beaucoup d'eau chaude doit vraiment dimensionner le ballon large et accepter que l'appoint travaille en pointe.

Ce qui marche
  • Température max de 60 °C compatible avec l'anti-légionelle
  • ECS intégrée évite un second appareil
  • Radiateurs fonte conservés sans travaux
Ce qui coince
  • Appoint qui se déclenche en pointe ECS + chauffage
  • Montée en température laborieuse en hiver
  • Consommation hebdomadaire en hausse lors du cycle légionelle
maison de 2005, 130 m², périphérie toulousaine, radiateurs acier basse température, posée en 2023

MaPrimeRénov, le dossier qui prend plus de temps que la pose

La machine a été posée en trois jours. Le dossier MaPrimeRénov, lui, a mis cinq mois. Le blocage n'était pas la PAC mais les pièces : attestation RGE de l'installateur à jour, fiche technique de la machine, preuve de la température de départ d'eau, avis d'imposition. Tout est passé, mais entre deux relances et un dossier incomplet renvoyé par l'Agence, on a perdu un trimestre.

Un point à savoir : la fiche technique mentionne bien une puissance de dimensionnement de 13 kW sur W55, et c'est cette valeur qui a été retenue pour le calcul de la prime, pas la valeur W35 de 13,6 kW. Faire attention à ne pas se tromper dans le dossier, parce que ça décale le montant.

Au final, la prime est tombée, mais sans les CEE qui ont mis six mois de plus. Le conseil que je donnerais : préparer le dossier complet avant même de signer le devis.

Ce qui marche
  • Prime obtenue in fine
  • Installateur RGE réactif sur les pièces
  • Aide significative sur le coût global
Ce qui coince
  • Cinq mois de délai sur MaPrimeRénov
  • Six mois supplémentaires pour les CEE
  • Confusion possible entre puissance W35 et W55 dans le dossier
maison de 1978 rénovée en 2010, 180 m², Alsace, radiateurs fonte et plancher chauffant, posée en 2021

Le ballon tampon, j'en ai mis un, je ne suis pas sûr que c'était utile

L'installateur m'a proposé un ballon tampon de 200 litres, j'ai dit oui sans trop réfléchir. Avec le recul, je me demande si c'était nécessaire. La machine est donnée pour 13 kW sur W55 et 13,6 kW sur W35, donc une puissance de dimensionnement qui colle à peu près à ma configuration, et avec un plancher chauffant en bas qui offre un volume d'eau important en soi, le tampon fait peut-être double emploi.

Le point positif, c'est que le tampon limite les cycles courts du compresseur en mi-saison, quand la maison demande peu. Sans lui, avec l'inverter qui module, ça passerait probablement aussi, mais plus fréquemment à faible régime.

Donc à retenir : sur plancher chauffant seul, discutable, sur un réseau de radiateurs fonte en rénovation, plutôt une bonne idée. À 200 litres je ne regrette pas, mais je ne conseillerais pas forcément le geste systématique.

Ce qui marche
  • Limite les cycles courts en mi-saison
  • Volume d'eau tampon confortable sur radiateurs fonte
  • Bon compromis sur une maison mixte radiateurs et plancher
Ce qui coince
  • Utilité discutable si plancher chauffant seul
  • Coût et encombrement supplémentaires
  • Aucun gain visible sur la facture dans mon cas
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour un logement correctement isolé, avec un plancher chauffant ou des radiateurs basse température, situé dans une région où les hivers ne descendent pas durablement sous -7 °C. La puissance de 13 à 13,6 kW convient bien aux maisons de 130 à 180 m² avec une bonne enveloppe. Pour qui accepte une installation extérieure visible et un fluide R410A en fin de vie réglementaire, à condition de bien anticiper l'entretien et les pièces.

À éviter si

Si le logement est mal isolé avec des radiateurs fonte qu'on veut garder à 65 °C, le SCOP W55 de 3,0 annonce la couleur et l'appoint va tourner. À éviter également en zone de montagne ou en climat continental rude, la limite de fonctionnement à -10 °C étant atteignable plusieurs fois par hiver. Enfin, à écarter en mitoyenneté serrée : 69 dB(A) de puissance acoustique extérieure, c'est beaucoup, l'emplacement doit être pensé en conséquence.

Questions fréquentes

Cette machine est-elle adaptée à des radiateurs fonte existants ?

Le SCOP à 55 °C tombe à 3,0, ce qui traduit une machine qui travaille sans plaisir à haute température. Une maison mal isolée avec des radiateurs fonte qu'on ne veut pas changer verra l'appoint électrique de 2,7 kW se déclencher régulièrement en janvier.

Si les radiateurs fonte sont conservés, mieux vaut viser un logement correctement isolé, quitte à renforcer l'isolation avant la pose. Sinon, la facture d'hiver décevra par rapport au SCOP affiché à 35 °C.

Faut-il s'inquiéter du R410A en 2024 ?

Le R410A est en sortie de marché au titre du règlement F-Gas, ce qui veut dire que les recharges et certaines pièces deviendront progressivement plus chères et plus difficiles à obtenir. Ce n'est pas un motif de refus immédiat, mais ça doit peser dans la décision si vous prévoyez de garder la machine quinze ans.

Le R32 et le R290 sont les fluides d'avenir. Entre deux devis, si tout le reste est comparable, ce critère peut faire pencher la balance.

69 dB(A), ça s'entend comment en pratique ?

C'est une puissance acoustique extérieure élevée pour une PAC de cette taille. En mitoyenneté, avec une unité extérieure placée sous une fenêtre de voisin ou à moins de deux mètres d'une limite de propriété, le sujet devient sensible, et l'arrêté de 2006 sur les bruits de voisinage peut être invoqué.

Mieux vaut prévoir l'emplacement à l'avance, éloigner l'unité des chambres et, si nécessaire, ajouter un capotage acoustique. L'implantation fait partie du travail de l'installateur au même titre que le raccordement.

Peut-on la poser en zone de montagne ?

La température limite de fonctionnement est fixée à -10 °C, et la température de bivalence à -7 °C sur plancher chauffant. En zone de montagne, ces seuils sont atteints chaque hiver, parfois longtemps. La machine s'arrêtera et l'appoint prendra le relais, ce qui peut suffire dans une maison bien isolée mais pas dans un chalet mal isolé.

En zone de montagne, ce modèle n'est pas le premier choix. Il faut soit prévoir une relève avec une chaudière, soit se tourner vers une machine annoncée pour des climats plus rudes.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)13,6 kW
SCOP a 35 °C3,8
Efficacite saisonniere W35149 %
Puissance de dimensionnement (W55)13 kW
SCOP a 55 °C3
Efficacite saisonniere W55117 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure69 dB(A)
Consommation en veille17 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesTHERMOR Aérolia Duo Tri 16, THERMOR Aérolia Tri 16

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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