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De Dietrich

De Dietrich MHTC R290 030 : l'avis complet

3,7/5sur 6 profils d'installation
De Dietrich MHTC R290 030
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : groupe-mb.scene7.com
SCOP W35
5,17
plancher chauffant
SCOP W55
3,95
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
65 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La De Dietrich MHTC R290 030 est une pompe à chaleur air/eau de forte puissance, avec 30 kW de dimensionnement aussi bien à 35 °C qu'à 55 °C. Son SCOP de 5,17 sur plancher chauffant et de 3,95 sur radiateurs haute température la place parmi les machines les plus efficaces de sa catégorie, aidée par le fluide R290. Elle vise les grands logements, là où une douzaine de kilowatts ne suffit pas à couvrir les déperditions.

La température limite de fonctionnement descend à -20 °C et la bivalence à 35 °C est annoncée à -7 °C, ce qui la destine aux hivers continentaux ou de moyenne altitude. En revanche, ses 65 dB(A) de puissance acoustique extérieure demandent une implantation réfléchie, et sa consommation de veille de 135 W mérite d'être connue. Les profils qui suivent racontent quatre situations de pose et deux contextes de raccordement et de copropriété.

Bruit de l'unité extérieure65 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison individuelle de 2006, 165 m², Provence, plancher chauffant, posée en 2023

Le rafraîchissement l'été, personne ne m'avait prévenu que c'était à moitié

J'ai posé cette machine en 2023 surtout pour le chauffage, mais l'argument rafraîchissement a pesé dans la décision. Avec un plancher chauffant, on est sur de l'inertie lourde : la dalle met des heures à réagir, et le froid arrive doucement, sans jamais lutter contre une après-midi à 34 °C derrière les baies plein sud. Ce n'est pas de la clim réversible, c'est du tempéré.

La doc parle de réversible, et c'est vrai, mais à 35 °C de départ d'eau maximum on ne descend pas assez bas pour retirer l'humidité. Résultat : ça rafraîchit par conduction, pas par convection. L'été où j'ai testé, la maison est passée de 29 à 26 °C en trois jours de fonctionnement continu, sans jamais sentir le froid. Pour vraiment climatiser, il aurait fallu des ventilo-convecteurs en plus, et là c'est un autre budget.

Sur le plancher, il faut aussi faire attention aux points de rosée : la machine gère mais il ne faut pas descendre trop la consigne d'eau. Je mets 18 °C minimum et je surveille l'hygrométrie. Pour moi c'est un bonus d'intersaison, pas une solution de confort d'été en zone méditerranéenne.

Ce qui marche
  • SCOP W35 de 5,17, donc un rendement excellent quand on lui demande de l'eau tiède
  • Fonction réversible utilisable en intersaison ou en mi-saison
Ce qui coince
  • Température max de départ d'eau limitée à 35 °C, insuffisante pour déshumidifier correctement en été
  • Inertie du plancher chauffant qui rend le rafraîchissement lent
Pavillon de 1985 rénové, 145 m², Occitanie, radiateurs fonte conservés, posée en 2022

Le DPE a bougé, et la revente a suivi

On a mis cette PAC en 2022 en gardant les radiateurs fonte, et le SCOP W55 de 3,95 annoncé était le chiffre qui nous a convaincus. Deux hivers plus tard, la consommation tient à peu près la promesse, surtout depuis qu'on a réglé la loi d'eau correctement. Ce qu'on n'avait pas anticipé, c'est l'effet sur le DPE au moment de vendre.

Le diagnostiqueur a repris tout le système : plus de chaudière fioul, plus de cuve, un émetteur basse température qui tourne à 50 °C la plupart du temps. On est passé d'une étiquette F à une D. Ce n'est pas miraculeux, la maison reste mal isolée, mais c'est suffisant pour sortir des passoires et pour rassurer un acheteur. La valeur de revente a suivi, dans un marché où le DPE pèse de plus en plus.

Pour la prochaine fois, je referais la même chose, mais j'aurais gardé les factures d'entretien et le réglage initial pour pouvoir les présenter. Le diagnostiqueur a demandé des justificatifs, et sans le carnet d'entretien annuel on perd du temps.

Ce qui marche
  • SCOP W55 de 3,95, ce qui permet de garder un parc de radiateurs existants sans dégrader le bilan
  • Amélioration réelle du DPE quand on remplace un chauffage fioul
Ce qui coince
  • Le gain DPE reste limité si l'isolation n'est pas reprise en parallèle
  • Il faut penser à conserver les justificatifs d'entretien pour la revente
Maison de 1998, 180 m², Grand Est, plancher chauffant et radiateurs à l'étage, posée en 2021

Le passage de 9 à 15 kVA, la surprise du raccordement

On avait tout prévu sauf ça. La machine est en monophasé, mais avec l'appoint électrique intégré de 4,93 kW et les 30 kW de puissance de dimensionnement, il a fallu revoir la puissance souscrite du compteur. Mon abonnement était en 9 kVA, on est passés à 15 kVA. Ce n'est pas énorme sur la facture annuelle, mais c'est un coût fixe qui ne disparaît pas.

Le calcul est simple : par grand froid, la PAC peut tirer 7 à 8 kW à elle seule, plus le ballon d'eau chaude, plus la cuisine, plus les autres usages. En 9 kVA on disjonctait. L'installateur m'avait prévenu, j'avais sous-estimé. Il faut aussi vérifier le calibre du disjoncteur d'abonné et la section du câble entre le tableau et l'unité extérieure, parce que sur 180 m² avec une longueur de liaison correcte, ça tire.

Aujourd'hui ça tourne, mais je conseille à quiconque part sur cette puissance de faire le point avec un électricien avant de signer, pas après. C'est deux cents euros de plus à l'année et une démarche administrative, mais si on ne l'anticipe pas, on se retrouve à disjoncter en janvier.

Ce qui marche
  • Compatible monophasé, donc pas de travaux de tableau lourds
  • Fonctionnement fiable une fois le raccordement adapté
Ce qui coince
  • Puissance souscrite à revoir à la hausse, coût fixe annuel supplémentaire
  • L'appoint électrique de 4,93 kW pèse sur l'abonnement qu'il faut prévoir
Immeuble collectif de 1972, 230 m² en duplex, Île-de-France, radiateurs fonte, posée en 2024

Six mois d'assemblée générale pour faire valider une unité discrète

Le vrai obstacle n'était pas technique. En copropriété, poser une unité extérieure en façade ou en toiture demande une autorisation, et la nôtre interdisait déjà toute modification d'aspect. On a présenté le dossier avec le niveau sonore, parce que 65 dB(A) de puissance acoustique extérieure, c'est le point qui a crispé les voisins avant même la première réunion.

On a fait faire une étude de proximité par l'installateur et on a proposé une implantation en toiture-terrasse, côté cour, sur plots antivibratiles. Les documents d'urbanisme ont été joints au dossier, la modification du règlement de copropriété a été votée à la majorité. Il a fallu une assemblée générale extraordinaire, puis une seconde pour confirmer l'emplacement exact. Six mois en tout.

Aujourd'hui, personne ne se plaint du bruit, mais je pense qu'on a eu de la chance sur la distance et sur le vent dominant. Si c'était à refaire, je commencerais par le conseil syndical avant de commander la moindre machine, parce que la machine commandée trop tôt reste dans son emballage pendant tout le processus.

Ce qui marche
  • SCOP W55 de 3,95 qui rend la solution crédible même avec des radiateurs fonte
  • R290, fluide accepté sans réserve particulière par les copropriétaires
Ce qui coince
  • 65 dB(A) qui complique l'accord en copropriété et impose une étude acoustique
  • Délais d'assemblée générale incompatibles avec une commande immédiate
Maison de 2010, 130 m², Nouvelle-Aquitaine, plancher chauffant, posée en 2022

Le contrat d'entretien, obligatoire et pas donné

Je l'ai posée en 2022 et je fais venir un frigoriste tous les ans. Le contrat tourne autour de cent quatre-vingts euros, avec la vérification d'étanchéité du circuit R290, le nettoyage de l'échangeur extérieur, le contrôle du réglage et un coup d'œil au filtre. Ce n'est pas la mer à boire, mais ça compte sur une année.

Ce qui m'agace un peu, c'est qu'avec un SCOP W35 de 5,17 et un fonctionnement tout doux, la machine ne s'encrasse presque pas. Les visites sont rapides. Je le fais surtout pour la garantie et pour le carnet, parce que dans quelques années il faudra sortir ce papier si je veux vendre. Et puis avec une unité extérieure en limite de propriété, le nettoyage de l'échangeur évite que le bruit monte.

À la marge, je surveille aussi la consommation de veille : 135 W, ça fane un peu. Sur une année complète, ça représente une centaine de kilowattheures rien qu'en standby, donc je coupe l'alimentation aux beaux jours. Sur ce genre de machine, l'entretien annuel vaut le coup, mais il ne faut pas s'attendre à des miracles de propreté.

Ce qui marche
  • Entretien simple et peu lourd, l'échangeur ne s'encrasse pas vite avec un tel SCOP
  • Carnet d'entretien utile pour la garantie et pour la revente
Ce qui coince
  • Contrat annuel d'environ 180 € qui n'est jamais inclus dans le budget initial
  • Consommation de veille de 135 W à couper manuellement l'été
Longère de 1979, 250 m², Bretagne, radiateurs fonte et plancher chauffant partiel, posée en 2023

Le triphasé nous a fait revoir toute l'installation

Sur 250 m² avec une machine de 30 kW et un appoint de près de 5 kW, le triphasé devient vite un sujet, surtout si on veut aussi alimenter un four, un lave-linge et un ballon. Notre maison était déjà en triphasé, donc on s'en est sortis sans refaire le tableau, mais le câblage a dû être adapté et l'équilibrage des phases repris par l'électricien.

Ce que j'ai retenu, c'est que cette machine peut être alimentée en monophasé dans certaines configurations, mais qu'au-delà d'une certaine distance entre le tableau et l'unité extérieure, la section des câbles devient un vrai poste de dépense. Ici, la liaison fait une quinzaine de mètres, ce qui n'est pas énorme, mais suffisant pour que l'installateur demande un 16 mm². C'est du cuivre et ça se paie.

Bilan, on a choisi de rester en triphasé, ce qui nous a coûté l'adaptation du tableau mais évité de basculer tout l'abonnement. Avec le recul, je pense qu'un triphasé propre est le plus confortable à cette puissance, même si le monophasé reste possible avec une étude sérieuse.

Ce qui marche
  • Compatibilité triphasée qui évite de tirer une trop grande intensité sur une seule phase
  • Fluide R290 et SCOP W35 de 5,17, une solution cohérente pour une grande maison
  • Température limite de fonctionnement à -20 °C, adaptée aux hivers bretons humides
Ce qui coince
  • Section de câble importante dès que la liaison dépasse une dizaine de mètres, coût cuivre non négligeable
  • Adaptation du tableau électrique à prévoir et à budgéter séparément
  • 65 dB(A) qui peut poser question si l'unité est proche de la limite de propriété
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour les grandes maisons de 130 à 250 m², bien ou moyennement isolées, avec un plancher chauffant ou des radiateurs fonte conservés, dans des régions où l'hiver descend durablement sous zéro. Le SCOP W35 de 5,17 et le SCOP W55 de 3,95 en font une valeur sûre pour qui veut garder ses émetteurs existants.

À éviter si

Si l'on cherche du rafraîchissement actif en été, la température maximale de départ d'eau de 35 °C ne permet pas de déshumidifier correctement. Si l'unité extérieure doit être collée à une limite de propriété ou en façade de copropriété, les 65 dB(A) imposent une étude acoustique préalable.

Questions fréquentes

La De Dietrich MHTC R290 030 sait-elle rafraîchir en été ?

La machine est réversible, mais sa température maximale de départ d'eau est de 35 °C. Avec un plancher chauffant, cela donne un rafraîchissement par inertie, lent et sans déshumidification, plus un soulagement d'intersaison qu'une vraie climatisation.

Pour un confort d'été marqué, il faut prévoir des ventilo-convecteurs, ce qui change le budget et le projet.

Faut-il revoir la puissance du compteur électrique ?

C'est presque toujours nécessaire. Avec 30 kW de dimensionnement et un appoint électrique intégré de 4,93 kW, la puissance appelée en pointe dépasse largement ce que supporte un abonnement de 9 kVA. Le passage à 12 ou 15 kVA est courant, avec un coût fixe annuel supplémentaire.

Le calibre du disjoncteur d'abonné et la section du câble jusqu'à l'unité extérieure doivent être vérifiés par un électricien avant la pose, pas après.

La consommation en veille de 135 W est-elle vraiment significative ?

Rapportée à une heure, non. Sur une année, en revanche, cela représente une centaine de kilowattheures rien qu'en standby, ce qui n'est pas neutre. La machine reste alimentée pour garder ses fonctions de pilotage et de protection hors gel.

Le réflexe simple : couper l'alimentation au tableau pendant les mois où le chauffage ne tourne pas, en gardant la protection hors gel si la machine est exposée.

Cette puissance convient-elle à une maison de 120 m² ?

30 kW de dimensionnement, c'est beaucoup pour 120 m², même mal isolés. Le risque est de surdimensionner et de faire tourner la machine par cycles courts, ce qui use le compresseur et dégrade le rendement réel par rapport au SCOP annoncé.

En dessous de 150 m², mieux vaut calculer précisément les déperditions et envisager une puissance inférieure de la même gamme, plutôt que de partir sur le haut de la plage.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)30 kW
SCOP a 35 °C5,17
Efficacite saisonniere W35204 %
Puissance de dimensionnement (W55)30 kW
SCOP a 55 °C3,95
Efficacite saisonniere W55155 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-20 °C
Puissance acoustique exterieure65 dB(A)
Consommation en veille135 W
Fluide frigorigeneR290
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesMHTC R290 030, MHTC R290 030 HR

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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