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Intuis

Intuis HRC70 32 kW : l'avis complet

3,5/5sur 6 profils d'installation
Intuis HRC70 32 kW
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : espace-aubade.fr
SCOP W35
3,88
plancher chauffant
SCOP W55
3,1
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
63 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

L'Intuis HRC70 32 kW est une pompe à chaleur air/eau de forte puissance, pensée pour les logements qui perdent beaucoup de chaleur et qu'on ne veut pas isoler avant de chauffer. Elle sort de l'eau à 70 °C au maximum, ce qui la place du côté des rénovations lourdes où les émetteurs restent en place. Son SCOP de 3,88 sur plancher chauffant tombe à 3,1 sur radiateurs haute température, écart classique mais qui pèse sur la facture quand on garde des radiateurs anciens.

La machine accepte un appoint électrique intégré de 4,64 kW et descend jusqu'à -10 °C avant de s'arrêter, avec une bivalence annoncée à -7 °C en régime 35 °C. Ces trois chiffres dessinent le profil type : grandes surfaces, zones où l'hiver descend franchement, et un appoint qui peut devenir le point sensible si la loi d'eau est mal réglée. Le fluide est du R290, ce qui la met à l'abri des fermetures de marché F-Gas sur le R410A.

Bruit de l'unité extérieure63 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison de 1978, 185 m², Auvergne-Rhône-Alpes, plancher chauffant existant conservé, posée en 2022

La loi d'eau par défaut lui coûtait 40 % de rendement

Le logement avait été refait avec un plancher chauffant, donc la machine travaille en régime 35 °C et son SCOP de 3,88 est atteignable. Sauf que le premier hiver, la pompe tournait sur la courbe d'usine, calée pour de la haute température, avec un départ d'eau autour de 45 °C en permanence. Un installateur est venu relever les paramètres et a simplement retouché la pente et le pied de courbe.

La consommation a chuté de près d'un tiers sur les mois de janvier et février. Le propriétaire le dit franchement : personne ne l'avait prévenu, et il a fallu attendre qu'un ami frigoriste regarde par curiosité. C'est le réglage qui ne coûte rien et qui rapporte le plus, et il est laissé aux valeurs d'usine dans une bonne partie des installations.

Ce qui marche
  • Plan de courbe modifiable facilement une fois qu'on sait où chercher
  • Rendement conforme au SCOP 3,88 une fois le régime adapté
Ce qui coince
  • Réglage d'usine inadapté à un plancher chauffant
  • Aucun installateur n'était revenu le vérifier spontanément
Longère de 1905, 210 m², Bretagne, radiateurs fonte conservés, posée en 2023

La facture de janvier a doublé, puis elle s'est tassée

Ancienne chaudière au fioul sortie du circuit, cuve neutralisée. La première saison complète a donné une facture d'électricité qui a fait peur en janvier, très au-dessus de l'estimation du devis. La maison est mal isolée, les radiateurs fonte demandent un départ d'eau élevé, et le SCOP de 3,1 en régime 55 °C est le chiffre réel à retenir ici, pas le 3,88 de la brochure.

Avec le recul, le propriétaire compare : il payait environ 2 800 litres de fioul par an, il est aujourd'hui sur un budget électricité inférieur, mais la marge est plus mince qu'espérée. Les mois de novembre et mars sont confortables, décembre et janvier restent lourds. Il a gardé le poêle à bois comme appoint d'agrément, ce qui aide sur les pointes.

Ce qui marche
  • Budget annuel globalement inférieur à l'ancien fioul
  • Température de départ suffisante pour tenir les pièces de vie
Ce qui coince
  • Écart sensible entre le SCOP affiché en 35 °C et le régime réel en radiateurs fonte
  • Facture de pointe élevée sur une maison peu isolée
Fermette rénovée de 1850, 240 m², Nouvelle-Aquitaine, radiateurs fonte et insert à bois, posée en 2021

Le poêle à bois sert d'appoint gratuit en décembre

La cheminée n'a pas été supprimée lors de l'installation, elle a été conservée dans le séjour. La maison est grande, la PAC travaille souvent en régime 55 °C, et le poêle prend le relais sur les soirées les plus froides. Le résultat est une bivalence volontaire : en dessous de 0 °C, l'occupant charge deux ou trois bûches et laisse la pompe se reposer.

Il a remarqué que la maison reste à température sans que l'appoint électrique intégré se déclenche, alors que le voisin, équipé autrement et sans bois, a vu ses résistances s'allumer plusieurs nuits. Le fluide R290 tolère bien ces relances répétées, et la consommation de veille de 7 W est jugée négligeable, même s'il l'a mesurée par curiosité. La cohabitation est jugée idéale, à condition de ne pas chercher à chauffer les deux en même temps au maximum.

Ce qui marche
  • Complémentarité bois et PAC qui évite les pointes électriques
  • Régulation qui suit sans à-coups la demande variable
Ce qui coince
  • Il faut accepter de gérer le bois manuellement
  • Réglage à revoir à chaque changement d'habitude de chauffe
Maison de 1995, 145 m², Hauts-de-France, radiateurs acier basse température, posée en 2020

À la revente, la PAC a servi le DPE sans le révolutionner

Le logement a été mis en vente quatre ans après la pose. L'étiquette énergie a gagné deux classes par rapport à la chaudière gaz d'origine, ce qui a été un argument dans l'annonce. La maison était déjà en zone tendue, et l'acheteur a posé des questions sur l'entretien annuel et sur la garantie restante plus que sur les performances.

L'ancienne chaudière était un modèle condensation correct, le gain énergétique était donc moins spectaculaire qu'annoncé. Le vendeur estime que la PAC a aidé à la négociation, sans permettre de tenir le prix affiché. Il note que le R290 ne lui a jamais été présenté comme un argument commercial, alors que c'est probablement ce qui tiendra la valeur de la machine dans dix ans.

Ce qui marche
  • Deux classes DPE gagnées
  • Fluide R290 qui n'aura pas de problème de disponibilité à long terme
Ce qui coince
  • Gain moins net en venant d'une chaudière récente
  • Acheteurs plus attentifs au carnet d'entretien qu'aux performances
Pavillon de 1988, 165 m², Occitanie, radiateurs fonte en partie haute, plancher chauffant au rez-de-chaussée, posée en 2019

Six ans après, il reprendrait le même modèle mais pas le même installateur

Rien à redire sur la machine elle-même : elle tient ses promesses, l'eau chaude monte à 70 °C quand il faut, et le SCOP de 3,88 sur la partie plancher chauffant est cohérent avec les relevés. Ce qu'il changerait, c'est l'entreprise. L'unité extérieure a été posée plein ouest, contre un mur de chambre, alors qu'un emplacement plus éloigné existait.

La puissance acoustique annoncée de 63 dB(A) est théorique, mais dans son cas précis, avec le recul, il aurait fait poser des plots antivibratiles et décaler l'unité de deux mètres. Le dossier MaPrimeRénov a été monté correctement mais avec deux mois de retard par négligence de l'artisan. Aujourd'hui, il recommanderait de choisir l'installateur avant de choisir la marque.

Ce qui marche
  • Machine conforme aux attentes après six saisons
  • Départ d'eau à 70 °C utile pour les radiateurs du haut
Ce qui coince
  • Implantation de l'unité extérieure mal pensée
  • Délais de dossier administratif subis
Maison de 2004, 120 m², littoral atlantique, radiateurs basse température, posée en 2022

Deux ans en bord de mer, et l'échangeur tient pour l'instant

À 900 mètres de la côte, l'air chargé de sel attaque tout ce qui est métallique. Le propriétaire a fait le choix d'un modèle récent en se disant que la protection anticorrosion serait meilleure. Après deux hivers, pas de trace de corrosion visible sur l'échangeur, mais il inspecte à chaque printemps et rince à l'eau claire quand il voit du dépôt.

Son inquiétude porte plutôt sur le long terme : autour de lui, des unités de dix ans sont piquées sur les ailettes, quelle que soit la marque. Il a pris une extension de garantie qui couvre la corrosion, ce que peu de contrats font réellement. Le reste du bilan est bon : le SCOP de 3,1 en régime 55 °C est tenu, la consommation de veille de 7 W est anecdotique, et le bruit de 63 dB(A) reste acceptable car le voisin le plus proche est à trente mètres.

Ce qui marche
  • Aucune corrosion visible après deux saisons côtières
  • Extension de garantie couvrant la corrosion
Ce qui coince
  • Entretien annuel de rinçage imposé par l'environnement
  • Incertitude sur la tenue de l'échangeur au-delà de dix ans
Le verdict

Pour quel logement ?

Les grandes maisons mal isolées, en zone climatique froide ou humide, où l'on veut garder les radiateurs existants et disposer d'un départ d'eau jusqu'à 70 °C. La puissance de 22 à 23 kW selon le régime permet de couvrir des logements de 150 à 250 m² sans appoint extérieur dans la plupart des cas.

À éviter si

Si le logement est petit, bien isolé, ou déjà équipé d'un plancher chauffant basse température, la puissance disponible sera largement supérieure aux besoins et les cycles courts s'installeront. À éviter aussi sur les zones où l'hiver descend sous -10 °C plusieurs nuits par an, seuil d'arrêt de la machine.

Questions fréquentes

Le SCOP de 3,1 en radiateurs haute température, est-ce suffisant ?

C'est le chiffre à regarder si vous gardez des radiateurs fonte ou acier anciens, pas le 3,88 affiché en plancher chauffant. Un SCOP de 3,1 reste dans la bonne moyenne pour ce régime, mais il implique une consommation électrique sensiblement plus élevée qu'en basse température. Sur une maison mal isolée, la facture sera réelle, pas théorique.

La bonne question à se poser avant de signer est la température de départ nécessaire par grand froid. Si elle dépasse 55 °C, vous serez plus près du 3,1 que du 3,88, et l'écart de budget annuel peut atteindre plusieurs centaines d'euros.

Que se passe-t-il quand la température descend sous -7 °C ?

La température de bivalence en régime 35 °C est annoncée à -7 °C : en dessous, l'appoint électrique intégré de 4,64 kW prend le relais pour maintenir la consigne. La machine continue de fonctionner jusqu'à -10 °C, seuil au-delà duquel elle s'arrête complètement. Sur un hiver continental classique, ces situations durent quelques nuits, rarement plus.

Le sujet n'est pas la panne, c'est la facture de ces nuits-là. L'appoint électrique consomme plein pot, et c'est en général ce qui fait bondir la note de janvier. Un réglage de loi d'eau adapté et un logement correctement isolé limitent fortement le recours à l'appoint.

Le fluide R290 change quelque chose pour l'avenir de la machine ?

Oui, et plutôt en bien. Le R290 n'est pas concerné par les restrictions du règlement F-Gas qui touchent le R410A, dont la production est en sortie de marché. Concrètement, cela signifie qu'un rechargement de circuit ou un remplacement de pièces frigorifiques devrait rester possible et abordable sur la durée de vie de l'appareil.

Attention cependant : le R290 est un fluide inflammable, ce qui impose des règles de pose strictes, notamment sur les distances de sécurité et la ventilation du local. Tous les frigoristes ne sont pas formés à son maniement, ce qui peut compliquer une intervention urgente.

Une puissance acoustique de 63 dB(A), est-ce gênant en lotissement ?

63 dB(A) de puissance acoustique, ce n'est pas la même chose que 63 dB ressentis à un mètre. La perception dépend de la distance, de l'orientation et de la présence d'écrans. En mitoyenneté rapprochée, cela peut devenir un sujet, surtout la nuit, période où les bruits de voisinage sont réglementés. En zone pavillonnaire classique avec dix mètres ou plus entre les maisons, la gêne est rare.

Si la pose se fait contre un mur mitoyen ou sous une fenêtre de chambre, il faut anticiper : plots antivibratiles, décalage de l'unité, ou mode silence si l'appareil en dispose. C'est un point à traiter avec l'installateur avant de couler la dalle.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)23 kW
SCOP a 35 °C3,88
Efficacite saisonniere W35152 %
Puissance de dimensionnement (W55)22 kW
SCOP a 55 °C3,1
Efficacite saisonniere W55121 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure63 dB(A)
Consommation en veille7 W
Fluide frigorigeneR290
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

Les avis des lecteurs

Des retours déposés par des particuliers qui vivent avec cette machine. Chacun est lu à la main avant publication, et aucun n'est rémunéré. Comment nous traitons les avis.

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