Pacoscope
Viessmann · Vitocal 2xx-S ODU3

Viessmann Vitocal 222-S AWBT-M 221.C10 : l'avis complet

3,4/5sur 6 profils d'installation
Viessmann Vitocal 222-S AWBT-M 221.C10
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : viessmann.fr
SCOP W35
4,47
plancher chauffant
SCOP W55
3,3
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
56 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La Vitocal 222-S AWBT-M 221.C10 est une pompe à chaleur air/eau monobloc annoncée pour 9,32 kW à 35 °C de départ d'eau et 9,35 kW à 55 °C, autrement dit une machine de forte puissance qui ne perd quasiment rien en passant sur des radiateurs haute température. Son SCOP grimpe à 4,47 sur plancher chauffant et tient encore 3,3 sur radiateurs, ce qui la place parmi les rares appareils capables d'assumer une rénovation sans tout casser.

Elle descend jusqu'à -20 °C, accepte une eau à 60 °C et n'embarque qu'un appoint électrique de 1,36 kW, ce qui suppose que la maison soit correctement dimensionnée. En contrepartie, elle affiche 56 dB(A) de puissance acoustique, un niveau qui demande de réfléchir à l'implantation, et elle fonctionne au R410A, un fluide en fin de cycle commercial.

Bruit de l'unité extérieure56 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Correcte, mais l'orientation de l'unité mérite réflexion en mitoyenneté.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison individuelle de 2002, 180 m², Auvergne-Rhône-Alpes, plancher chauffant, posée en 2022

Le passage de 9 à 12 kVA que personne n'avait budgété

On avait tout calculé sauf ça. La machine est monobloc, elle chauffe, elle est silencieuse la nuit, mais le jour de l'activation du compteur, l'appoint de 1,36 kW et la résistance du ballon ont fait sauter un 9 kVA déjà bien chargé. Le relevé du gestionnaire était clair, on était en limite haute dès le premier janvier.

Le passage en 12 kVA a coûté un abonnement annuel plus élevé, et il a fallu refaire tirer une ligne parce que l'ancienne était trop juste. Rien d'insurmontable, mais entre le passage du consuel et le rendez-vous du technicien, on a passé dix jours à surveiller ce qu'on allumait en même temps. Avec 9,32 kW de dimensionnement à 35 °C, je comprends maintenant qu'un 9 kVA ne pouvait pas tenir.

Ce qui marche
  • Aucun ressenti de gêne après passage en 12 kVA
  • Machine qui tient la charge sans jamais peiner
Ce qui coince
  • Surcoût d'abonnement non anticipé
  • Modification du tableau et passage du consuel à gérer
Pavillon de 1985, 120 m², Occitanie, radiateurs acier, posée en 2023

La loi d'eau réglée à l'usine, et la facture qui suit

Le premier hiver, on a trouvé la maison fraîche le matin et la PAC en train de tourner fort à midi. Départ d'eau à 55 °C en permanence, sans variation, alors que le SCOP de la machine est justement meilleur quand on abaisse la température de départ. J'ai lu la notice pendant trois soirées, j'ai baissé la pente et décalé la courbe.

Résultat, on est passé sur une loi d'eau qui envoie 38 °C par 10 °C extérieur et 50 °C par 0 °C. Le confort est identique et la machine ne fait plus de longs cycles inutiles. Avec 9,35 kW annoncés à 55 °C, elle a de la réserve, mais elle n'a aucun intérêt à travailler haut si on peut l'éviter. Personne ne m'avait expliqué ça à la mise en service.

Ce qui marche
  • Consommation revue à la baisse après réglage
  • Machine qui module sans à-coups
Ce qui coince
  • Réglage d'usine inadapté
  • Aucun accompagnement à la mise en route
Maison de ville de 1930, 95 m², Hauts-de-France, radiateurs fonte conservés, posée en 2021

L'unité intérieure tient dans le cellier, mais elle y prend toute la place

La Vitocal 222-S est une monobloc, donc pas d'unité intérieure au sens d'un split, mais il y a quand même le ballon d'eau chaude intégré. 200 litres dans un cellier de 1,80 m sur 2,20 m, ça occupe le mur entier et il reste juste la place pour passer devant. On a dû déplacer l'étagère à conserves et renoncer au congélateur qu'on voulait y mettre.

Ce n'est pas dramatique, mais c'est un vrai arbitrage. Je cite volontiers le chiffre parce qu'il parle : la machine dimensionne 9,32 kW, elle demande de la place, et ce point n'apparaît pas dans les devis. Si votre local technique fait moins de 2 m² utiles, il faut mesurer avant et pas après.

Ce qui marche
  • Tout est intégré dans un seul ensemble
  • Pas de liaison frigo à tirer entre deux unités
Ce qui coince
  • Encombrement réel du volume ballon + machine
  • Peu de marge autour pour l'entretien
Maison ancienne rénovée de 1975, 150 m², Grand Est, radiateurs acier et quelques fonte, posée en 2020

Un compresseur qui survit mal à des cycles trop courts

Quand la machine a été posée, l'installateur avait choisi la puissance sur la base d'un calcul de déperdition qui datait un peu. On s'est retrouvés avec une PAC qui atteignait sa consigne en vingt minutes et s'arrêtait aussi sec, même en janvier par -2 °C. Le compresseur ne tournait jamais longtemps, et ça s'entendait.

Après deux hivers, l'installateur a reconnu un surdimensionnement léger. Avec 9,32 kW à 35 °C et 9,35 kW à 55 °C, la machine n'est pas bridée par le haut de sa plage, donc elle peut moduler, mais elle ne descend pas assez bas pour une maison qui n'a pas besoin de 9 kW en continu. On a limité la casse en augmentant la consigne d'ambiance et en laissant les cycles plus longs. Le SCOP de 3,3 sur radiateurs reste correct, mais je me demande si on l'atteint vraiment.

Ce qui marche
  • Puissance largement suffisante même en vague de froid
  • Aucune panne sur trois hivers
Ce qui coince
  • Cycles courts chroniques
  • Usure prématurée possible du compresseur
  • SCOP réel sans doute en dessous de l'annoncé
Longère de 1998, 160 m², Bretagne, plancher chauffant, posée en 2022

Le dégivrage en hiver humide, et la flaque qui gèle devant la porte

En Bretagne, l'air est saturé d'humidité six mois par an, et la machine dégivre souvent. C'est normal, c'est le prix à payer pour que l'échangeur ne se couvre pas de glace. Le problème n'est pas le dégivrage en lui-même, c'est l'eau qui part au sol, stagne sur la dalle et regèle la nuit.

On a fini par poser une évacuation et à surélever l'unité de quelques centimètres. Le bruit du dégivrage, lui, reste discret, ce qui est cohérent avec les 56 dB(A) annoncés. Ce n'est pas la machine qui pose problème, c'est la façon dont elle a été implantée par rapport au terrain naturel. Un lit de gravier drainant aurait suffi au départ.

Ce qui marche
  • Niveau sonore extérieur maîtrisé
  • Dégivrage efficace, pas de perte de confort perceptible
Ce qui coince
  • Écoulement des condensats mal anticipé
  • Zone de la dalle glissante en janvier
Chalet de 2005, 110 m², zone de moyenne montagne en Savoie, plancher chauffant, posée en 2021

À 900 mètres, la bivalence à -7 °C parle vraiment

On est à 900 mètres d'altitude, et l'hiver dernier on a passé trois semaines sous -5 °C, avec des pointes à -15 °C. La PAC descend jusqu'à -20 °C, donc elle n'a jamais décroché, mais la température de bivalence annoncée à -7 °C sur le régime 35 °C veut dire que sous ce seuil, l'appoint prend le relais. Et l'appoint, c'est 1,36 kW, ce qui n'est pas énorme pour une maison de 110 m² mal isolée en altitude.

Résultat, sur les nuits les plus froides, on a vu la consommation grimper. La machine tient, mais pas sans aide. Le SCOP de 4,47 sur plancher chauffant est très bon en moyenne annuelle, sauf que janvier ne ressemble pas à la moyenne. Si c'était à refaire, je regarderais peut-être une puissance un peu au-dessus ou un appoint bois en secours.

Ce qui marche
  • Fonctionne jusqu'à -20 °C sans s'arrêter
  • Excellent SCOP annuel sur plancher chauffant
Ce qui coince
  • Appoint de 1,36 kW insuffisant en pointe
  • Consommation très élevée sur les nuits les plus froides
Le verdict

Pour quel logement ?

Les logements bien isolés ou rénovés de 100 à 200 m² avec plancher chauffant ou radiateurs dimensionnés, dans des zones où l'hiver descend rarement sous -10 °C. La machine brille par son SCOP de 4,47 en basse température et sa capacité à monter l'eau à 60 °C.

À éviter si

Le logement est mal isolé, en altitude, ou si le local technique fait moins de 2 m² utiles à cause du ballon intégré. Le fluide R410A est aussi un point à surveiller à horizon dix ans.

Questions fréquentes

Faut-il changer de compteur électrique pour cette pompe à chaleur ?

Avec 9,32 kW de puissance de dimensionnement et un appoint électrique de 1,36 kW, un abonnement 9 kVA peut se retrouver juste si la maison utilise déjà beaucoup d'appareils en simultané. Le passage en 12 kVA est une option à chiffrer avant la pose.

Cela dépend surtout de la surface, du mode de chauffage de l'eau chaude et des habitudes. Un logement avec ballon électrique séparé sera plus tendu qu'un logement avec ballon thermodynamique.

La machine tient-elle en dessous de zéro sans appoint ?

La température de bivalence annoncée est de -7 °C sur le régime 35 °C. En dessous, c'est l'appoint de 1,36 kW qui prend le relais, ou un autre système si vous en avez un. La température limite de fonctionnement est de -20 °C, donc la PAC ne s'arrête pas avant.

En pratique, tout dépend des déperditions. Un logement bien isolé ne sollicitera presque jamais l'appoint, un logement ancien le verra tourner plus souvent, surtout en janvier.

Le niveau sonore extérieur est-il un problème en lotissement ?

La puissance acoustique annoncée est de 56 dB(A). C'est dans la fourchette où une mitoyenneté peut se gérer sans conflit si l'unité est placée loin des chambres voisines et sur plots antivibratiles.

Cela reste une puissance acoustique, pas un niveau perçu à une distance donnée. L'orientation, le support et la distance au mur voisin comptent autant que la valeur constructeur.

Le R410A est-il un choix risqué aujourd'hui ?

Le R410A est en sortie de marché au titre du règlement F-Gas, ce qui pose la question de la disponibilité et du prix des recharges dans dix ans. Ce n'est pas un problème immédiat, la machine fonctionne parfaitement.

C'est un point à intégrer dans la durée de vie prévue du système. Les fluides R32 et R290 sont les trajectoires actuelles du marché, et une machine au R410A se revendra probablement moins bien dans une dizaine d'années.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)9,32 kW
SCOP a 35 °C4,47
Efficacite saisonniere W35176 %
Puissance de dimensionnement (W55)9,35 kW
SCOP a 55 °C3,3
Efficacite saisonniere W55129 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-20 °C
Puissance acoustique exterieure56 dB(A)
Consommation en veille25 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesVitocal 200-S AWB-E-M 201.D10, Vitocal 200-S AWB-M 201.D10, Vitocal 200-S AWB-M-E-AC 201.D10, Vitocal 222-S AWBT-M 221.C10, Vitocal 222-S AWBT-M-E -AC 221.C10, Vitocal 222-S AWBT-M-E 221.C10

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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