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Atlantic Alféa Excellia A.I. Tri 14 2024 : l'avis complet

3,7/5sur 6 profils d'installation
Atlantic Alféa Excellia A.I. Tri 14 2024
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : atlantic.fr
SCOP W35
4
plancher chauffant
SCOP W55
3,2
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
67 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

L'Alféa Excellia A.I. Tri 14 est une pompe à chaleur air/eau triphasée annoncée pour 13 kW sur plancher chauffant et 11 kW sur radiateurs haute température. Deux chiffres résument son positionnement : un SCOP de 4,0 en régime 35 °C et de 3,2 en régime 55 °C. Autrement dit, elle sait chauffer des émetteurs chauds, mais elle le fait avec un rendement saisonnier moyen, pas avec l'aisance d'une machine basse température.

Elle vise donc les logements de 140 à 220 m², en rénovation, avec une installation triphasée déjà présente et des émetteurs qui demandent de l'eau à 50 ou 55 °C. Sa limite de fonctionnement à -10 °C et sa bivalence à -7 °C en régime plancher la réservent aux régions tempérées ou aux maisons correctement isolées. Le R410A, lui, mérite qu'on s'y arrête : c'est le point faible de la fiche.

Bruit de l'unité extérieure67 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

maison individuelle de 2006, 185 m², Hauts-de-France, plancher chauffant au rez-de-chaussée et radiateurs à l'étage, posée en 2024

13 kW annoncés pour un besoin réel de 9

Le calcul de déperdition donnait 9,2 kW à -7 °C. L'installateur a proposé la 14 parce que l'étage est en radiateurs et qu'il voulait de la marge. Résultat : de novembre à février, la machine tourne par courtes séquences, monte vite en température, se coupe, redémarre. On l'entend depuis le salon.

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est le relevé de consommation : environ 40 démarrages par jour en demi-saison, contre une douzaine en janvier. Un technicien est venu, a bridé la puissance maximale dans les paramètres et ajouté un ballon tampon de 100 litres. Depuis, c'est retombé autour de quinze cycles quotidiens et le bruit a nettement diminué.

La leçon que j'en tire : le pdesign_w35 de 13 kW ne veut pas dire qu'il faut 13 kW chez soi. C'est un plafond, pas une cible.

Ce qui marche
  • Puissance confortable, aucune difficulté à tenir la consigne par grand froid
  • Modulation efficace une fois la puissance bridée dans les paramètres
  • Bonne tenue de l'étage en radiateurs sans changer les émetteurs
Ce qui coince
  • Surdimensionnement initial générant des cycles courts et du bruit
  • Nécessité d'ajouter un ballon tampon après coup
  • Aucun garde-fou automatique contre le surdimensionnement
longère rénovée de 1985, 160 m², Occitanie, radiateurs fonte conservés, posée en 2024

Le triphasé était là, mais pas la puissance souscrite

C'est la version Tri qui a été retenue, pour une raison simple : l'atelier était déjà alimenté en triphasé, donc le raccordement ne coûtait rien de plus. Sauf que l'abonnement était en 12 kVA. Avec l'appoint électrique intégré de 2,8 kW qui s'ajoute à la PAC en pointe, le disjoncteur sautait dès qu'on lançait le four et le lave-linge en même temps.

Passage en 18 kVA, environ 90 euros de plus par an sur l'abonnement. Rien de dramatique, mais personne ne me l'avait dit avant la pose. Le technicien a aussi vérifié l'équilibrage des phases, parce qu'une machine triphasée mal répartie fait chauffer le neutre pour rien.

Ce qui marche
  • Raccordement triphasé sans surcoût dans mon cas
  • Pas de perte de rendement liée au triphasé sur cette machine
  • Appoint de 2,8 kW suffisant pour couvrir les pointes
Ce qui coince
  • Puissance souscrite à revoir à la hausse, coût récurrent
  • Aucune information donnée au devis sur ce point
  • Équilibrage des phases à contrôler, pas systématique
pavillon de 1994, 145 m², Auvergne-Rhône-Alpes, radiateurs acier basse température, posée en 2024

Trois hivers de recul, et le calcul s'est resserré

J'avais fait le calcul de rentabilité en 2021 avec un kWh électrique autour de 0,17 euro et du fioul à 0,95 euro le litre. La comparaison était largement favorable. Trois ans plus tard, j'ai refait le tableau avec les prix actuels et le SCOP de 3,2 en régime 55 °C.

Le message reste bon, mais la marge a fondu. Sur une saison, je passe d'environ 2 400 litres de fioul à 8 500 kWh électriques pour le chauffage et l'eau chaude. Le gain existe, il n'est simplement plus spectaculaire. Si le kWh électrique prenait encore 30 %, l'affaire deviendrait neutre à terme.

Ce que je retiens : une PAC ne fige pas une rentabilité, elle parie sur un écart de prix entre deux énergies. Cet écart peut se réduire.

Ce qui marche
  • SCOP de 3,2 suffisamment solide pour absorber la hausse du kWh
  • Économie réelle constatée chaque saison, même si elle se réduit
  • Machine capable de tenir des radiateurs à 55 °C sans appoint permanent
Ce qui coince
  • Rentabilité dépendante de l'écart de prix entre fioul et électricité
  • Aucune visibilité sur le prix du kWh à dix ans
  • Investissement initial long à amortir si les prix convergent
maison de plain-pied de 2011, 130 m², Bretagne, plancher chauffant hydraulique, posée en 2024

L'application fait le job, la loi d'eau reste le vrai sujet

Le pilotage à distance fonctionne, sans plus. On consulte la température intérieure et extérieure, on change la consigne, on bascule en mode absence. Le retard d'actualisation atteint parfois dix minutes, ce qui n'a aucune importance pour du chauffage.

Ce qui m'a surpris, c'est à quel point l'application sert de cache-misère. On peut modifier la consigne depuis le canapé, mais les réglages de loi d'eau restent dans le menu installateur, et là il faut mettre les mains dans la machine. Pendant deux mois j'ai joué sur la consigne alors que le problème était la pente de la courbe.

Depuis que j'ai repris la pente à 0,7 avec un pied de courbe à 20 °C, la maison est plus stable et la machine cycle moins. L'appli n'y est pour rien.

Ce qui marche
  • Pilotage à distance simple et lisible
  • Historique de consommation consultable
  • Mode absence efficace pour les départs prolongés
Ce qui coince
  • Loi d'eau inaccessible depuis l'application
  • Latence d'actualisation des données
  • L'interface donne l'illusion de tout piloter
ferme rénovée de 1978, 220 m², Nouvelle-Aquitaine, radiateurs fonte haute température, posée en 2023

La loi d'eau par défaut nous a coûté une saison

Première année, facture inhabituelle pour nous : nous consommions plus qu'avec la chaudière gaz précédente sur les mois de janvier et février. La machine était réglée d'usine, pente 1,0, pied 25 °C. Elle poussait de l'eau à 55 °C dès 3 °C extérieurs, ce qui est absurde pour des radiateurs qui n'en avaient pas besoin.

J'ai lu la notice, puis appelé l'installateur. Pente ramenée à 0,8, pied à 22 °C, plus une réduction nocturne de 2 °C au lieu de 4. La saison suivante, la consommation a baissé d'environ 18 % à confort égal, et le nombre de déclenchements de l'appoint a chuté.

Personne ne touche à ce réglage, et c'est pourtant celui qui décide de tout. La mise en service devrait inclure une lecture commentée de la courbe, ce n'est jamais le cas.

Ce qui marche
  • Machine très réactive au réglage de courbe
  • Gain de consommation important après mise au point
  • Radiateurs fonte bien tenus à 50-55 °C
Ce qui coince
  • Réglages d'usine mal adaptés à notre logement
  • Aucun accompagnement à la mise en service
  • Une saison entière perdue avant correction
maison bourgeoise de 1965, 175 m², Grand Est, radiateurs fonte, posée en 2024

L'entretien annuel, obligatoire et pas donné

Contrat signé chez l'installateur, 210 euros par an pour la visite, le contrôle d'étanchéité et le nettoyage de l'échangeur extérieur. C'est un peu plus que ce que je pensais, mais c'est une machine avec appoint intégré et circuit hydraulique, donc la prestation prend une bonne heure et demie.

Le technicien passe en septembre, avant la saison. Il vérifie la pression du circuit, les anodes si ballon, les paramètres de loi d'eau et l'état de l'échangeur. Ce dernier point compte : les feuilles et les pollens bouchent les ailettes, et la puissance chute sans que rien ne le signale.

Deux choses à savoir : le contrat n'inclut pas la recharge de fluide, facturée en plus si nécessaire, et l'attestation d'entretien est exigée par certaines assurances habitation en cas de sinistre lié à l'installation.

Ce qui marche
  • Prestation complète, technicien disponible sous deux semaines
  • Nettoyage échangeur réellement effectué, pas seulement coché
  • Rapport d'intervention fourni systématiquement
Ce qui coince
  • 210 euros par an, à intégrer au budget de fonctionnement
  • Recharge de fluide non incluse, coût variable
  • Un seul passage annuel pour une machine qui chauffe toute la maison
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour une rénovation de 140 à 220 m² déjà équipée en triphasé, avec des émetteurs qui demandent de l'eau à 50 ou 55 °C et un besoin de puissance réel proche de 10 à 13 kW. Elle convient aussi à une maison correctement isolée en zone climatique tempérée, où la limite de -10 °C reste théorique.

À éviter si

L'installation est monophasée, dans ce cas la déclinaison Tri n'a pas de sens et le passage au triphasé coûte cher. À éviter également si la maison est mal isolée en zone de froid continental marqué, avec une puissance acoustique extérieure de 67 dB(A) et un R410A appelé à disparaître, qui pèsera sur les recharges et la valeur résiduelle.

Questions fréquentes

La puissance acoustique de 67 dB(A) est-elle un problème en lotissement ?

Oui, c'est le point à traiter en priorité. À 67 dB(A) de puissance acoustique, l'unité s'entend nettement depuis le jardin voisin, surtout en début et fin de saison quand elle tourne à pleine charge.

L'implantation compte plus que la machine. Éloigner l'unité de la limite de propriété, l'orienter vers la façade la plus dégagée et poser des plots antivibratiles change réellement la perception. Un caisson acoustique coûte cher et étouffe la ventilation, ce qui pénalise le rendement.

Que change le fluide R410A au quotidien ?

Au quotidien, rien : la machine fonctionne, chauffe, produit son eau chaude. Le sujet est ailleurs, à l'horizon dix ans. Le R410A est en sortie de marché au titre du règlement F-Gas, ce qui renchérit progressivement les recharges et réduit le nombre de frigoristes qui accepteront d'intervenir.

Concrètement, une fuite sur le circuit en 2033 coûtera plus cher à réparer qu'aujourd'hui, et l'accès aux pièces détachées deviendra moins évident. Ce n'est pas un motif de refus, c'est une ligne à intégrer au calcul de valeur résiduelle du logement.

Le SCOP de 3,2 sur radiateurs est-il suffisant pour chauffer une maison ancienne ?

Oui, à condition que la maison ne soit pas une passoire. Un SCOP de 3,2 en régime 55 °C signifie que sur l'année, chaque kWh électrique consommé produit 3,2 kWh de chaleur dans des conditions d'émetteurs chauds.

Ce rendement se dégrade fortement quand la machine doit travailler au-delà de 55 °C, ce qu'elle peut faire jusqu'à 60 °C de départ d'eau. Sur une maison de 1965 mal isolée, on passe alors beaucoup de temps dans cette zone, avec un appoint électrique de 2,8 kW qui vient compléter. L'intérêt économique baisse vite dans ce cas.

Faut-il souscrire une puissance électrique plus élevée chez le fournisseur ?

Presque toujours, oui, et surtout pour cette version triphasée. L'appoint électrique intégré de 2,8 kW s'ajoute à la puissance absorbée par le compresseur pendant les pointes de froid, et la consommation en veille de 14 W s'ajoute toute l'année sans qu'on y pense.

Pour un logement déjà en 12 kVA, passer en 18 kVA est courant. Cela représente un surcoût d'abonnement annuel, pas un surcoût d'installation, mais il faut le prévoir avant la mise en service pour éviter les déclenchements du disjoncteur en janvier.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)13 kW
SCOP a 35 °C4
Efficacite saisonniere W35157 %
Puissance de dimensionnement (W55)11 kW
SCOP a 55 °C3,2
Efficacite saisonniere W55125 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure67 dB(A)
Consommation en veille14 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesAlféa Excellia A.I. Tri 14 2024, Alféa Excellia Duo A.I. Tri 14 2024

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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