Pacoscope
Atlantic · AHP70-15

Atlantic APTAE AHP70-15 : l'avis complet

3,6/5sur 6 profils d'installation
Atlantic APTAE AHP70-15
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : api.rexel.fr
SCOP W35
4,85
plancher chauffant
SCOP W55
3,8
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
62 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

L'Atlantic APTAE AHP70-15 est une pompe à chaleur air/eau de forte puissance, dimensionnée pour 14,6 kW en régime plancher chauffant et 13,5 kW sur radiateurs. Son atout majeur tient dans le fluide R290, qui lui permet de monter à 68 °C de départ d'eau tout en restant sur un SCOP de 3,8 en haute température. C'est une machine pensée pour la rénovation lourde, celle où l'on garde des émetteurs existants et où l'on veut éviter de tout casser.

Sur plancher chauffant, le SCOP grimpe à 4,85, ce qui la place dans le haut du marché. Elle descend jusqu'à -10 °C sans s'arrêter, avec une bivalence à -7 °C en régime W35. Deux points méritent l'attention avant d'acheter : une puissance acoustique de 62 dB(A) qui impose de réfléchir à l'implantation, et une consommation de veille de 22 W qui n'est pas neutre sur une année.

Bruit de l'unité extérieure62 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Correcte, mais l'orientation de l'unité mérite réflexion en mitoyenneté.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison ancienne en pierre, 1900, 180 m², Bretagne littorale, radiateurs fonte, posée en 2022

Trois hivers au bord de mer, l'échangeur tient le coup

J'habite à 800 mètres de la côte, dans le Morbihan. Tout le monde m'avait prévenu : une PAC en zone littorale, l'échangeur sera bouffé par le sel en cinq ans. J'ai fait le choix de l'APTAE AHP70-15 parce que le R290 me semblait une bonne idée pour garder mes radiateurs fonte sans les remplacer. Posée à l'automne 2022, elle tourne depuis.

Ce que je constate après trois hivers, c'est que l'unité extérieure prend clairement les embruns. Les ailettes ont une couleur un peu terne, sans plus pour l'instant. Je rince à l'eau claire deux fois par an, au printemps et à l'automne, et je vérifie que rien ne s'accumule dans le bas du caisson. Un frigoriste m'a dit qu'à cette distance du rivage, c'est le minimum syndical. La puissance de 13,5 kW en W55 me permet de chauffer à 55 °C les jours de grand vent, et la montée en température est franche. Le point faible, c'est le bruit : 62 dB(A) annoncés, et quand le vent vient de la mer, j'entends la machine depuis la terrasse. En mitoyenneté serrée, ça se discute.

Ce qui marche
  • Départ d'eau à 68 °C, les radiateurs fonte chauffent sans modification
  • SCOP de 3,8 en W55, correct pour une haute température
  • Fluide R290, pas de sortie de marché à craindre
Ce qui coince
  • 62 dB(A) de puissance acoustique, sensible en zone dense
  • Corrosion saline à surveiller en bord de mer, entretien manuel obligatoire
  • 22 W de veille, soit près de 200 kWh par an rien qu'en standby
Pavillon des années 1980, 110 m², Alsace, radiateurs acier, posée en 2021

Le calcul de rentabilité refait avec le kWh à 0,25 €

Quand j'ai signé en 2021, le kWh électrique était autour de 0,17 €. Aujourd'hui je suis plutôt à 0,25 € avec les taxes. J'ai ressorti mon tableur pour voir si l'affaire tenait toujours debout. Résultat : le SCOP de 3,8 en W55 sauve les meubles, parce que sans lui, la facture aurait doublé.

Mon ancienne chaudière gaz me coûtait environ 1 400 € par an pour 110 m². Avec la PAC, je suis passé à 950 € la première année, puis 1 150 €, puis 1 280 €. La hausse vient du prix du kWh, pas de la machine. Ce que je regarde maintenant, c'est le seuil où la PAC redeviendrait moins chère que le gaz. À 0,30 € le kWh, je serai à parité. Au-delà, le gaz redevient compétitif, ce qui est absurde vu les objectifs affichés.

Ce qui m'a décidé à l'époque, c'était aussi le R290 : je me dis que dans quinze ans, une machine au R410A sera invendable et impossible à recharger. Là, je dors à peu près tranquille. Mais je ne conseille plus la PAC à quelqu'un qui chauffe au gaz et qui a un kWh électrique cher : le calcul n'est plus aussi évident qu'en 2021.

Ce qui marche
  • SCOP de 3,8 en W55 qui amortit la hausse du kWh
  • R290, valeur résiduelle préservée sur le long terme
  • Puissance de 13,5 kW adaptée à 110 m² mal isolés
Ce qui coince
  • Rentabilité très dépendante du prix du kWh électrique
  • Aucune aide complémentaire possible après coup pour amortir
  • Le kWh à 0,25 € rapproche le seuil de parité avec le gaz
Ferme rénovée, 1850, 220 m², Cantal, radiateurs fonte et insert bois, posée en 2023

L'insert prend le relais les soirs de grand froid

On a gardé l'insert à bois du salon, et franchement, c'est ce qui rend la PAC vivable. L'APTAE AHP70-15 chauffe la maison seule jusqu'à environ 0 °C dehors. En dessous, on allume le bois vers 18 h et la PAC se met en retrait. La bivalence est donnée à -7 °C en W35, mais nous, on coupe avant.

Le problème, c'est le pilotage. Les deux systèmes ne se parlent pas. La PAC continue de chauffer la zone nuit pendant que l'insert chauffe le salon, et on se retrouve avec 23 °C dans les chambres pour rien. J'ai fini par baisser la loi d'eau de deux crans et par fermer les têtes thermostatiques du salon les soirs d'allumage. C'est artisanal, mais ça marche.

L'avantage du R290, c'est qu'on peut monter à 68 °C en départ d'eau, donc la PAC n'est pas larguée quand l'insert s'éteint. La maison remonte en température sans que l'appoint électrique de 2,5 kW se déclenche. Le vrai manque, c'est une régulation qui anticipe : si la PAC savait que l'insert tourne, elle pourrait se mettre en pause au lieu de chauffer en aveugle.

Ce qui marche
  • Départ d'eau à 68 °C, cohabitation facile avec un insert
  • Bivalence à -7 °C en W35, l'insert n'est utile que quelques semaines
  • Pas de surconsommation électrique quand l'insert prend le relais
Ce qui coince
  • Aucune communication entre la PAC et l'insert, réglage manuel
  • Risque de surchauffe des chambres si on ne coupe pas les têtes
  • 62 dB(A) : en pleine campagne ça passe, en lotissement ça se discute
Maison de ville mitoyenne, 1930, 85 m², Hauts-de-France, radiateurs fonte, posée en 2021

Trois devis, deux installateurs écartés, et une leçon

J'ai fait venir trois installateurs RGE. Le premier m'a proposé une machine concurrente sans jamais parler du fluide, sans calculer la puissance, en me disant que « ça irait ». Le deuxième a sorti un devis avec une puissance de 11 kW alors que j'ai 85 m² mal isolés en briques rouges. Le troisième a pris le temps de mesurer, de regarder mes radiateurs fonte et de me proposer l'APTAE AHP70-15 en expliquant pourquoi.

Ce qui a tranché, c'est la question du bruit. Je suis en mitoyenneté des deux côtés. L'unité extérieure fait 62 dB(A) en puissance acoustique : il fallait la poser loin des chambres voisines. Le premier installateur voulait la coller contre le mur mitoyen du voisin. Le troisième l'a déportée à six mètres, sur plots antivibratiles, avec une ligne frigorifique plus longue. Ça m'a coûté 800 € de plus, et je n'ai jamais eu une plainte.

Aujourd'hui, je conseille à tout le monde de demander le calcul de puissance par écrit et la position exacte de l'unité extérieure sur le devis. Le reste, c'est du baratin.

Ce qui marche
  • Installateur qui a calculé la puissance au lieu de la deviner
  • Position de l'unité extérieure réfléchie en amont, aucun litige de voisinage
  • Radiateurs fonte conservés, pas de travaux intérieurs
Ce qui coince
  • Deux devis sur trois étaient à jeter, il faut être vigilant
  • Liaison frigorifique longue, coût supplémentaire non négligeable
  • 62 dB(A) rend la pose en mitoyenneté délicate si on bâcle l'implantation
Chalet en résidence secondaire, 1998, 95 m², Savoie, plancher chauffant, posée en 2022

Hors gel l'hiver, la machine tient le chalet à 8 °C

Le chalet sert de novembre à mars pour le ski, et reste vide le reste du temps. Avant, je passais l'hiver à purger les circuits et à couper l'eau. Maintenant, je laisse la PAC en mode hors gel, consigne à 8 °C, et je descends tranquille. L'APTAE AHP70-15 tourne en plancher chauffant, donc en W35, là où son SCOP de 4,85 fait vraiment la différence.

Sur un mois de février où je n'étais pas là, le compteur a affiché 210 kWh. Ce n'est pas rien, mais c'est le prix de la tranquillité. La température limite de fonctionnement est à -10 °C : à 1 100 mètres d'altitude, on y est descendu deux fois cet hiver. La machine ne s'est pas arrêtée, mais l'appoint électrique de 2,5 kW a pris le relais quelques heures.

Le point que je n'avais pas anticipé, c'est la consommation en veille : 22 W en permanence. Sur une année, ça fait près de 200 kWh, soit l'équivalent de deux semaines de chauffe. Pour un usage intermittent, ce n'est pas anodin. Si c'était à refaire, je débrancherais le module de pilotage à distance quand je ne suis pas là.

Ce qui marche
  • SCOP de 4,85 en W35, redoutable sur plancher chauffant
  • Mode hors gel fiable, plus besoin de purger le circuit chaque hiver
  • Compresseur inverter qui module sans à-coups
Ce qui coince
  • 22 W de veille, soit environ 200 kWh par an en résidence secondaire
  • Appoint électrique de 2,5 kW qui se déclenche en dessous de -7 °C
  • Température limite à -10 °C, juste à la limite en altitude
Maison contemporaine RT2012, 2015, 140 m², Loire-Atlantique, plancher chauffant, posée en 2023

Ballon tampon : j'ai suivi l'installateur, et je ne suis pas sûr

L'installateur a voulu ajouter un ballon tampon de 200 litres. Il a expliqué que c'était indispensable pour éviter les cycles courts, surtout avec 14,6 kW de puissance de dimensionnement sur un plancher chauffant. J'ai dit oui. Aujourd'hui, je me demande si c'était vraiment utile.

La maison est en RT2012, bien isolée, et la PAC modulera sans problème. Le compresseur est de type inverter, il descend bas en puissance. Résultat : je n'ai jamais vu la machine s'arrêter et redémarrer en quelques minutes. Le ballon tampon prend de la place dans le local technique, il coûte entre 1 500 et 2 500 € posé, et il ajoute des pertes thermiques dans un local non chauffé.

Je ne dis pas que c'est inutile partout. Sur une maison mal isolée, avec des radiateurs et un volume d'eau faible, ça peut sauver le compresseur. Mais sur un plancher chauffant neuf avec une machine inverter, c'est plus un réflexe commercial qu'une nécessité technique. Si c'était à refaire, je demanderais le calcul du volume d'eau du circuit avant de dire oui.

Ce qui marche
  • Installation stable, aucun cycle court constaté
  • Plancher chauffant bien alimenté, confort régulier
  • Pas de bruit intérieur, l'unité extérieure fait tout le travail
Ce qui coince
  • Ballon tampon probablement superflu sur plancher chauffant récent
  • Perte de place et surcoût de 1 500 à 2 500 €
  • Pertes thermiques supplémentaires dans le local technique
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour les propriétaires d'une maison mal isolée qui veulent garder leurs radiateurs en fonte sans changer les émetteurs, et pour ceux qui ont besoin de monter à 68 °C en départ d'eau. Le R290 et le SCOP de 3,8 en W55 en font une solution cohérente en rénovation haute température.

À éviter si

Vous habitez en mitoyenneté serrée et ne pouvez pas éloigner l'unité extérieure : 62 dB(A) de puissance acoustique, c'est un vrai sujet. Évitez aussi si l'écart de prix avec une machine de puissance inférieure n'est pas justifié par un vrai besoin de 13,5 à 14,6 kW, car la veille à 22 W et le surdimensionnement coûtent à l'usage.

Questions fréquentes

Faut-il garder ses radiateurs en fonte avec cette pompe à chaleur ?

Oui, c'est même l'un de ses intérêts. Le R290 permet un départ d'eau à 68 °C, ce qui laisse beaucoup de marge pour alimenter des radiateurs fonte sans les remplacer. Le SCOP de 3,8 en W55 confirme que la machine reste efficace en haute température, même si elle fera toujours mieux sur plancher chauffant.

Garder les radiateurs existants évite le coût d'un plancher chauffant, souvent entre 80 et 150 € le m². En contrepartie, la facture sera plus élevée qu'avec un émetteur basse température, parce que le SCOP passe de 4,85 à 3,8.

Quel est le risque d'une unité extérieure à 62 dB(A) en lotissement ?

62 dB(A), c'est la puissance acoustique de la machine, pas le bruit perçu à une distance donnée. Le niveau baisse avec l'éloignement, mais en mitoyenneté, la question se pose sérieusement, surtout la nuit. L'arrêté de 2006 sur les bruits de voisinage fixe des limites d'émergence qui peuvent être dépassées si l'unité est mal placée.

La bonne pratique consiste à déporter l'unité loin des chambres voisines, à la poser sur plots antivibratiles et à éviter les murs mitoyens. Cette précaution coûte quelques centaines d'euros en liaison frigorifique supplémentaire, mais elle évite un litige.

Que devient la valeur de la machine avec le R290 et le règlement F-Gas ?

Le R290 n'est pas concerné par la sortie de marché du R410A prévue par le règlement F-Gas. À dix ou quinze ans, une machine au R290 restera rechargeable et réparable, alors qu'une machine au R410A posera la question de la disponibilité du fluide et du coût de la recharge.

Sur le marché de la revente, cet argument commence à compter pour les acheteurs qui se renseignent. Ce n'est pas encore un critère décisif, mais dans les prochaines années, une PAC au R410A installée aujourd'hui aura une décote probable par rapport à une machine au R290.

Cette machine est-elle faite pour une maison RT2012 ou RE2020 ?

Sur le papier, oui, et le plancher chauffant est son meilleur contexte. Le SCOP de 4,85 en W35 est excellent, et le compresseur inverter module sans problème. Mais 14,6 kW de puissance de dimensionnement, c'est beaucoup pour une maison RT2012 de 140 m² correctement isolée.

Le vrai risque, c'est le surdimensionnement : une machine trop puissante enchaîne les cycles courts et s'use plus vite. Avant de signer, demandez le calcul de déperdition par écrit. Si la puissance nécessaire est inférieure à 10 kW, une machine plus petite sera plus adaptée et moins chère à l'usage.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)14,6 kW
SCOP a 35 °C4,85
Efficacite saisonniere W35191 %
Puissance de dimensionnement (W55)13,5 kW
SCOP a 55 °C3,8
Efficacite saisonniere W55149 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure62 dB(A)
Consommation en veille22 W
Fluide frigorigeneR290
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesAPTAE AHP70-15 (brand ATLANTIC); ECOMOD 290 HT AHP70-15 (brand IDEAL); TYNEHAM 290 HT AHP70-15 (brand HAMWORTHY); IZEA AHP70-15 (brand ACV); APTAE AHP70-15 (brand YGNIS), APTAE AHP70-18 (brand ATLANTIC); ECOMOD 290 HT AHP70-18 (brand IDEAL); TYNEHAM 290 HT AHP70-18 (brand HAMWORTHY); IZEA AHP70-18 (brand ACV); APTAE AHP70-18 (brand YGNIS)

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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