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Mitsubishi Electric · Ecodan Eco Inverter 6/8-170D

Mitsubishi Electric Ecodan Eco Inverter 6 : l'avis complet

3,8/5sur 6 profils d'installation
Mitsubishi Electric Ecodan Eco Inverter 6
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : climamarket.fr
SCOP W35
4,61
plancher chauffant
SCOP W55
3,33
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
60 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

L'Ecodan Eco Inverter 6 est une pompe à chaleur air/eau monobloc ou bibloc selon la déclinaison, pensée pour les logements qui sortent d'une chaudière et qui gardent souvent leurs émetteurs existants. Son SCOP de 4,61 à 35 °C la place dans le haut du marché sur plancher chauffant, et son SCOP de 3,33 à 55 °C indique qu'elle peut encore alimenter des radiateurs sans s'écrouler, à condition de ne pas lui demander de tenir seule une maison mal isolée par grand froid.

C'est une machine de 6 à 8 kW nominaux, avec un appoint électrique intégré de 0,91 kW seulement. Ce petit appoint est un choix de conception qui a des conséquences concrètes sur les hivers continentaux : quand la température descend sous la bivalence annoncée à -7 °C, elle ne pourra pas compenser seule de grosses déperditions. Elle s'adresse donc plutôt à des logements de 80 à 150 m² correctement isolés, ou à des rénovations où l'enveloppe a été reprise en même temps que le chauffage.

Bruit de l'unité extérieure60 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Correcte, mais l'orientation de l'unité mérite réflexion en mitoyenneté.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison individuelle de 1998, 110 m², Occitanie, plancher chauffant hydraulique existant, posée en 2022

Le rafraîchissement l'été, ce qu'on peut vraiment en attendre

J'ai fait poser la machine en 2022 en remplacement d'une chaudière gaz, et j'avais bien insisté sur le fait que je voulais aussi rafraîchir l'été. Le plancher chauffant existant a été conservé, donc l'inversion de cycle passait par le même réseau. Sur le papier, ça marche. En pratique, il faut comprendre que c'est un rafraîchissement doux, pas une climatisation. Le sol devient froid, la pièce descend de trois ou quatre degrés au mieux, et il faut accepter que ça mette plusieurs heures à s'installer.

Ce qui m'a surpris, c'est l'effet du SCOP de 4,61 annoncé à 35 °C. En été, la machine ne travaille pas du tout dans cette plage, elle produit de l'eau froide, donc le rendement n'a rien à voir. J'ai lu beaucoup de forums avant de comprendre que l'inversion de cycle n'était pas la même affaire que le chauffage. Résultat : je suis content du confort d'été, mais je ne le présenterais pas comme un argument de vente principal. C'est un bonus, pas une clim.

Ce qui marche
  • Rafraîchissement possible sans installer de split
  • Fonctionne sur le réseau hydraulique existant
  • Bruit très contenu, aucune gêne la nuit
Ce qui coince
  • Puissance de rafraîchissement bien inférieure à une clim réversible
  • Mise en régime lente, plusieurs heures
  • Aucune déshumidification comparable à un split
Pavillon de 1985, 135 m², Hauts-de-France, radiateurs acier basse température, posée en 2021

Le vrai problème, c'est le dimensionnement, pas la machine

Notre installateur avait calculé 6 kW en se basant sur une isolation qu'on n'a jamais eue. La machine tourne, elle chauffe, mais elle passe son temps à s'arrêter et redémarrer. Les cycles courts sont permanents dès qu'il fait plus de 8 °C dehors. On l'entend claquer, on voit la consommation qui saccade, et on sait que le compresseur n'aime pas ça.

Avec une puissance de dimensionnement W35 de 6,6 kW, on est pile dans la zone où il n'y a aucune marge. Une maison de 135 m² des années 80 avec des murs non isolés, ça demande plus. Sauf que si on avait pris l'échelon au-dessus, on aurait surdimensionné pour les 80 % de l'hiver où il fait doux. Le vrai problème, c'est que personne n'a voulu refaire le bilan thermique correctement. Avec le recul, j'aurais exigé un calcul pièce par pièce avant de signer. La machine n'est pas mauvaise, elle est mal employée.

Ce qui marche
  • Chauffe correctement par température clémente
  • Modulation fine quand les cycles ne sont pas courts
Ce qui coince
  • Cycles courts très fréquents en mi-saison
  • Bilan thermique initial bâclé
  • Usure prématurée du compresseur à craindre
Maison de ville mitoyenne de 1930, 95 m², Auvergne-Rhône-Alpes, radiateurs fonte conservés, posée en 2023

Voisins à trois mètres : l'unité extérieure a failli tout bloquer

Notre terrain fait six mètres de large, et la seule façade possible pour l'unité extérieure donnait directement sur la fenêtre du voisin. Le premier devis proposait de la poser là, sans se poser de question. On a demandé un second avis, et l'installateur a pris le temps de mesurer, de nous montrer la puissance acoustique de 60 dB(A), et d'expliquer ce que ça voulait dire en pratique.

On a finalement posé l'unité sur le pignon arrière, sur des plots antivibratiles, avec un écran acoustique de chaque côté. Le bruit reste perceptible le soir, mais rien qui empêche de dormir. Ce que je retiens, c'est que la qualité de la pose a tout fait. La même machine mal placée aurait fini en médiation de voisinage. La longueur de liaison a aussi été soignée, moins de dix mètres, avec des courbes larges et pas d'angles serrés. Le frigoriste a fait le tirage au vide correctement, ça s'entend au démarrage.

Ce qui marche
  • Installateur sérieux, pose réfléchie
  • Plots et écran acoustique efficaces
  • Liaison courte, tirage au vide propre
Ce qui coince
  • Premier devis inacceptable, aucun respect du voisinage
  • Bruit résiduel perceptible en limite de propriété
Maison ancienne rénovée de 1975, 160 m², Bretagne, mix radiateurs fonte et plancher chauffant, posée en 2024

Deux devis, deux machines, comment j'ai tranché

J'ai comparé deux propositions sérieuses, celle-ci et une autre machine du même gabarit. Les deux installateurs étaient RGE, les deux avaient fait un vrai relevé, donc ça s'est joué sur autre chose. Ce qui a penché pour l'Ecodan, c'est le SCOP à 55 °C de 3,33. Dans notre configuration, on garde une partie des radiateurs fonte à l'étage, et l'installateur concurrent me disait qu'il faudrait tout remplacer.

Je ne saurais pas dire si l'autre machine était meilleure ou moins bonne sur ce point, je n'avais pas les chiffres comparables et je ne les ai toujours pas. Ce que je peux dire, c'est que j'ai préféré celle dont le rendement en haute température était documenté. Décision prise un peu au doigt mouillé, mais six mois plus tard, je ne le regrette pas. La partie plancher chauffant tourne beaucoup mieux que la partie radiateurs, ce qui était prévisible.

Ce qui marche
  • SCOP à 55 °C documenté, rassurant pour les radiateurs
  • Bonne cohabitation entre les deux types d'émetteurs
  • Rendement excellent sur plancher chauffant
Ce qui coince
  • Comparaison difficile sans données chiffrées des concurrents
  • Rendement moins brillant sur la partie radiateurs fonte
Pavillon de 2001, 120 m², Nouvelle-Aquitaine, plancher chauffant, posée en 2023

Ballon tampon : on m'a dit non, et je crois que c'était le bon choix

Au moment du devis, j'avais lu partout qu'il fallait un ballon tampon. J'ai insisté, l'installateur a résisté, on a fini par en reparler à trois reprises. Son argument : avec 120 m² sur plancher chauffant, le volume d'eau de l'installation était déjà suffisant, et ajouter un tampon allait surtout ajouter des pertes et de l'encombrement dans le local technique. Le ballon d'eau chaude de la déclinaison 170 litres prenait déjà la moitié de la place.

J'ai fini par accepter de ne pas en mettre. Un an et demi plus tard, je constate que la machine ne cycle pas, que le plancher monte bien en température, et que je n'ai rien perdu. Est-ce que ça aurait été mieux avec ? Je n'en sais rien. Mais je sais que le local technique est déjà petit, que la consommation en veille de 15 W est réelle mais marginale, et que je ne regrette pas la place laissée libre. Ça dépend vraiment du volume d'eau de chaque installation.

Ce qui marche
  • Plancher chauffant adapté, pas de cyclage observé
  • Encombrement du local maîtrisé
  • Production d'eau chaude incluse
Ce qui coince
  • Volume d'eau limite pour d'autres configurations
  • Consommation en veille non nulle
Maison de plain-pied de 1992, 105 m², Grand Est, radiateurs acier, posée en 2024

Est-ce que ça se voit sur le DPE à la revente ?

Nous avons vendu la maison six mois après la pose. Le diagnostic énergétique est repassé du F au D, ce qui était l'objectif principal, et le chauffage a clairement fait la différence. Les acheteurs ont posé des questions sur la machine, ils voulaient savoir si elle était fiable et si l'entretien était contraignant.

Ce que j'ai dit, sans exagérer : le SCOP de 3,33 à 55 °C tient la route quand on a l'habitude de chauffer à l'eau chaude, mais qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles avec des radiateurs acier mal dimensionnés. Le R32 a aussi été un argument, parce que l'acheteur avait lu que le R410A sortait du marché. Le notaire a demandé les documents d'entretien, on avait le carnet à jour. Décote évitée, vendu au prix, mais je pense que c'est surtout le DPE qui a joué.

Ce qui marche
  • Passage de F à D sur le DPE
  • Fluide R32 valorisé à la revente
  • Bonne image auprès des acheteurs
Ce qui coince
  • Rendement sur radiateurs acier correct sans plus
  • Entretien annuel à documenter obligatoirement
Le verdict

Pour quel logement ?

Les logements de 80 à 150 m² correctement isolés, avec plancher chauffant ou radiateurs basse température, pour lesquels le rendement saisonnier sur eau à 35 °C et la polyvalence W55 comptent plus que la puissance brute. Convient aussi en rénovation partielle quand on garde une partie des émetteurs existants et qu'on veut une machine qui sache encore monter à 55 °C.

À éviter si

Vous comptez sur elle seule pour chauffer une maison mal isolée par grand froid, avec un appoint électrique limité à 0,91 kW et une bivalence annoncée dès -7 °C. Ou si votre local technique est exigu et que vous multipliez les émetteurs haute température sur toute la surface.

Questions fréquentes

Est-ce que l'Ecodan Eco Inverter 6 peut alimenter des radiateurs fonte sans les changer ?

Oui, à condition qu'ils soient correctement dimensionnés pour la température de départ que la machine peut produire. Le SCOP à 55 °C de 3,33 indique qu'elle reste dans une plage de rendement correcte en haute température, ce qui n'est pas le cas de toutes les machines.

En pratique, le résultat dépend surtout du nombre de radiateurs et de la qualité de l'isolation. Une maison en pierre avec cinq radiateurs fonte et des murs non isolés tirera beaucoup moins parti de cette machine qu'un pavillon des années 2000 avec des émetteurs plus généreux.

Avec une température limite de fonctionnement à -20 °C, la machine s'arrête-t-elle vraiment à cette température ?

La température limite de fonctionnement indique la température extérieure en dessous de laquelle la machine n'est plus garantie pour fonctionner. C'est un seuil de sécurité, pas une consigne de confort.

Ce qui compte en pratique, c'est la bivalence à -7 °C : en dessous, l'appoint électrique intégré prend le relais. Avec 0,91 kW d'appoint seulement, cette machine n'est pas faite pour affronter seule une vague de froid prolongée en zone de moyenne montagne ou dans le nord-est.

Le fluide R32 pose-t-il un problème de recharge ou de pièces à long terme ?

Non, c'est au contraire un choix d'avenir. Le R32 est un fluide simple à trouver, avec un potentiel de réchauffement global plus faible que les R410A sortis du marché, et les frigoristes continuent d'être formés dessus.

La disponibilité du fluide n'est pas le sujet. Ce qui peut poser question, c'est la disponibilité des cartes électroniques et de certaines pièces spécifiques dans dix ou quinze ans, comme pour toute machine.

La consommation en veille de 15 W change-t-elle quelque chose sur la facture annuelle ?

15 W en continu sur une année, cela représente environ 130 kWh, soit une vingtaine d'euros au tarif réglementé actuel. Ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas ce qui décidera de la rentabilité d'une pompe à chaleur.

Cela vaut surtout la peine de vérifier que la machine ne reste pas en veille prolongée en résidence secondaire, période où elle consomme sans rien produire d'utile.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)6,6 kW
SCOP a 35 °C4,61
Efficacite saisonniere W35181 %
Puissance de dimensionnement (W55)6 kW
SCOP a 55 °C3,33
Efficacite saisonniere W55130 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-20 °C
Puissance acoustique exterieure60 dB(A)
Consommation en veille15 W
Fluide frigorigeneR32
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesSUZ-SWM60VA + EHST17D-*M*D, SUZ-SWM60VA + ERST17D-*M*BD, SUZ-SWM60VA + ERST17D-*M*D, SUZ-SWM80VA + EHST17D-*M*D, SUZ-SWM80VA + ERST17D-*M*BD, SUZ-SWM80VA + ERST17D-*M*D

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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