Mitsubishi Electric Ecodan Power Inverter 6 : l'avis complet
★★★★★3/5sur 6 profils d'installation
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : climaled.fr
SCOP W35
4,16
plancher chauffant
SCOP W55
3,2
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
63 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà
L'Ecodan Power Inverter 6 est une pompe à chaleur air/eau monophasée annoncée pour 4,5 kW de puissance de dimensionnement sur plancher chauffant et 4,3 kW sur radiateurs. Son SCOP grimpe à 4,16 en diffusion basse température (35 °C) mais retombe à 3,2 lorsqu'on lui demande de l'eau à 55 °C. Une machine taillée pour les logements bien isolés ou pour les rénovations où l'on garde des émetteurs basse température, pas pour les maisons anciennes aux radiateurs fonte poussés à haute température.
Elle fonctionne au R410A, fluide dont la mise sur le marché est fermée en Europe depuis 2025 pour les équipements neufs, ce qui interroge sur la disponibilité des pièces et des recharges à horizon dix ans. Sa température de bivalence est donnée à -7 °C, sa limite de fonctionnement à -15 °C. Au-delà de ces seuils, l'appoint électrique intégré de 0,72 kW prend le relais. Autant dire que dans les régions à hiver continental, la machine a intérêt à être bien dimensionnée et bien réglée.
Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.
Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.
Ce que donne cette machine sur le terrain
Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.
⌂Maison de 1985, 95 m², Bretagne, radiateurs acier basse température, posée en 2024
★★★★★
Le sel sur l'échangeur, ce que j'ai appris à mes dépens
Je suis à 800 mètres de la mer. L'installateur m'avait prévenu, mais je n'avais pas mesuré ce que ça voulait dire. La première année, rien. La deuxième, j'ai retrouvé des traces blanches sur les ailettes de l'unité extérieure. Rien de dramatique, mais il a fallu rincer à l'eau claire et surveiller.
Le SCOP de 4,16 sur plancher chauffant ou basse température reste bon, et je tourne sans appoint la plupart du temps. Le vrai sujet ici, c'est la corrosion saline. L'unité extérieure est à 60 centimètres du sol, elle prend les embruns. Je l'ai surélevée depuis, et je rince deux fois par an. Si c'était à refaire, j'aurais pris l'option traitement anticorrosion dès le devis.
Ce qui marche
+SCOP de 4,16 en diffusion 35 °C, très bon pour la côte
+Puissance de 4,5 kW adaptée à la surface
Ce qui coince
−Échangeur vulnérable au sel marin sans traitement spécifique
−Entretien supplémentaire non prévu au départ
⌂Pavillon de 1998, 140 m², Alsace, radiateurs fonte, posée en 2023
★★★★★
J'ai remplacé une chaudière gaz, et j'aurais peut-être dû attendre
Ma chaudière à condensation avait treize ans. Elle marchait encore. J'ai fait le calcul, et si je gardais le gaz, je m'en sortais mieux à l'année. La PAC a un SCOP de 3,2 sur radiateurs haute température, et avec des radiateurs fonte je tourne à 55 °C si je veux chauffer correctement.
En janvier dernier, avec les nuits à -8, j'ai vu la bivalence à -7 se traduire concrètement : l'appoint électrique de 0,72 kW s'allume souvent. La facture monte. Pas de quoi crier, mais pas l'économie promise non plus. Le calcul qui hésite, c'est exactement mon cas. Je ne regrette pas complètement, mais à refaire j'aurais comparé sur deux hivers avant de signer.
Ce qui marche
+Remplacement d'une chaudière gaz fatiguée par une PAC
+Température de départ d'eau jusqu'à 60 °C, compatible fonte
Ce qui coince
−SCOP de 3,2 en 55 °C, l'écart avec le gaz est mince en Alsace
−Appoint électrique fréquent sous -7 °C
⌂Maison de 2005, 110 m², Occitanie, plancher chauffant, posée en 2024
★★★★★
Le dossier MaPrimeRénov m'a pris six mois
La machine est bonne. Le SCOP de 4,16 sur plancher chauffant tient ses promesses, je chauffe sans appoint la plupart de l'hiver et l'eau chaude suit. Mais l'administratif, c'est autre chose.
J'ai déposé le dossier en mars, tout était validé en septembre. Il a fallu fournir l'attestation RGE de l'installateur, le devis signé, la facture détaillée, le numéro de TVA, la preuve de propriété, et relancer parce que la pièce manquante n'était pas la bonne. La prime CEE est arrivée avant MaPrimeRénov, curieusement. Le pire, c'est que j'avais commencé les travaux avant de déposer, et ça a failli coincer. Ne faites pas comme moi.
Ce qui marche
+SCOP de 4,16 sur plancher chauffant, la machine tient sa promesse
+Aucun appoint nécessaire la plupart du temps
Ce qui coince
−Délais administratifs longs malgré un dossier complet
−Nécessité de déposer avant travaux, sous peine de refus
⌂Longère de 1975, 165 m², Normandie, radiateurs fonte et plancher à l'étage, posée en 2022
★★★★★
Les vibrations, le truc dont personne ne parle
J'ai un plancher bois à l'étage, et l'unité extérieure est fixée au mur. Mauvaise idée. La première nuit, j'entendais un bourdonnement sourd dans la chambre. Rien à voir avec le bruit dans l'air, c'était le support qui transmettait. Avec 63 dB(A) de puissance acoustique, la machine n'est pas discrète, mais le bruit aérien reste gérable si on l'éloigne. Le vrai problème, c'est la structure.
J'ai fait poser des plots antivibratiles et déplacer l'unité sur un socle au sol, à trois mètres du mur. Depuis, plus rien. Coût : 400 euros environ. Si j'avais su, j'aurais exigé le socle au sol dès le départ. Ce n'est pas une question de machine, c'est une question de pose.
Ce qui marche
+Puissance acoustique de 63 dB(A), dans la norme pour la gamme
+Solution simple et peu coûteuse une fois identifiée
Ce qui coince
−Support mural transmet les vibrations au bâti
−L'installateur n'avait pas anticipé le problème
⌂Maison de 2010, 125 m², Auvergne-Rhône-Alpes, plancher chauffant, posée en 2024
★★★★★
Puissance souscrite : j'ai dû passer de 6 à 9 kVA
Personne ne m'avait prévenu. La PAC en elle-même consomme raisonnablement, mais avec l'appoint électrique de 0,72 kW qui s'enclenche en pointe, plus la cuisine, le lave-linge, le ballon, j'ai fait disjoncter le compteur trois fois en février. Le SCOP de 4,16 sur plancher chauffant est bon, mais il ne protège pas contre les pointes de puissance appelée.
J'ai demandé le passage à 9 kVA. Coût du raccordement : environ 150 euros, plus l'abonnement qui grimpe de quelques euros par mois. Si vous êtes déjà limite en 6 kVA, anticipez avant l'hiver, pas après. J'aurais préféré le savoir avant la pose, l'installateur ne m'en a jamais parlé.
Ce qui marche
+SCOP de 4,16 sur plancher chauffant, consommation de base contenue
+Passage au 9 kVA simple et rapide
Ce qui coince
−Appoint électrique qui pousse la puissance appelée
−Dépassement du 6 kVA non anticipé par l'installateur
⌂Maison de 2001, 155 m², Hauts-de-France, radiateurs acier haute température, posée en 2023
★★★★★
J'avais un devis concurrent, voici pourquoi j'ai tranché
J'ai comparé deux devis. Le concurrent proposait une machine un peu plus puissante, mais je n'ai pas les chiffres exacts sous les yeux et je ne veux pas raconter n'importe quoi. Ce qui a tranché, c'est le SCOP de 3,2 en 55 °C sur l'Ecodan, honnête sans être spectaculaire, et surtout la température de départ d'eau à 60 °C, qui me laisse une marge avec mes radiateurs acier.
Le concurrent annonçait mieux, mais sans que je puisse vérifier. J'ai préféré la valeur publiée, même moyenne, à une promesse invérifiable. Le fluide R410A m'a fait hésiter, c'est le point noir : sortie de marché, pièces à dix ans incertaines. Mais à prix égal, j'ai pris celle dont je connaissais les chiffres.
Ce qui marche
+SCOP de 3,2 en 55 °C, donnée claire et vérifiable
+Température de départ d'eau jusqu'à 60 °C, utile en rénovation
Ce qui coince
−Fluide R410A en sortie de marché
−Puissance de 4,3 kW en 55 °C, juste pour certains hivers
Le verdict
Pour quel logement ?
Cette machine convient aux logements bien isolés, plancher chauffant ou radiateurs basse température, où le SCOP de 4,16 fait la différence. Elle peut aussi dépanner en rénovation avec des radiateurs haute température, mais à condition d'accepter un SCOP de 3,2 et un appoint électrique fréquent sous -7 °C.
À éviter si
À éviter si vous êtes en zone littorale sans prévoir de traitement anticorrosion de l'échangeur, ou si vous avez besoin d'un rendement élevé sur radiateurs fonte en climat froid. Le R410A en sortie de marché est un point de vigilance pour la disponibilité des pièces à long terme.
Questions fréquentes
La consommation en veille de 15 W est-elle vraiment un problème ?
15 W en continu, cela représente environ 130 kWh par an, soit une trentaine d'euros au tarif actuel. Ce n'est pas ce qui va faire basculer un budget, mais sur une machine dont le SCOP est censé faire l'économie, c'est un petit caillou dans la chaussure.
Le vrai levier reste la loi d'eau et l'arrêt complet hors saison. Si vous coupez l'alimentation de l'unité extérieure en été, la veille disparaît. Sinon, elle s'ajoute à tout le reste.
Que se passe-t-il sous -15 °C ?
La température limite de fonctionnement est donnée à -15 °C. En dessous, la PAC s'arrête, et c'est l'appoint ou un système de relève qui prend le relais. Dans la plupart des régions françaises, ce seuil n'est atteint que quelques nuits par décennie, sauf en zone de montagne.
Le point plus fréquent, c'est la bivalence à -7 °C. Là, l'appoint électrique de 0,72 kW s'enclenche régulièrement, et c'est cette consommation qui pèse sur la facture de janvier, pas l'arrêt à -15 °C.
Faut-il un ballon tampon avec cette machine ?
Sur plancher chauffant, le volume d'eau du circuit suffit généralement. Le ballon tampon devient utile quand le volume est faible, par exemple avec quelques radiateurs seulement, ou quand la machine risque de faire des cycles courts parce qu'elle est surdimensionnée par rapport aux déperditions.
Avec 4,5 kW de puissance de dimensionnement, le risque de surdimensionnement est réel dans un logement de moins de 80 m² bien isolé. Dans ce cas, un ballon tampon ou une gestion fine de la loi d'eau évite l'usure prématurée du compresseur.
Le R410A pose-t-il un problème pour la revente du logement ?
Le R410A est en sortie de marché au titre du règlement F-Gas, ce qui veut dire qu'on ne pourra plus mettre sur le marché des machines neuves qui en contiennent. La machine que vous achetez aujourd'hui reste légale et fonctionnelle. Le sujet, c'est la recharge et les pièces à dix ou quinze ans.
Pour la revente, cela peut devenir un point de négociation si l'acquéreur se renseigne. Ce n'est pas un obstacle, mais un argument parmi d'autres. Le DPE, lui, ne dépend pas du fluide mais de la consommation estimée.
Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.