Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : geoplanete.fr
SCOP W35
4,82
plancher chauffant
SCOP W55
3,42
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
65 dB
puissance acoustique
Bivalence
-10 °C
appoint au-delà
La Panasonic Aquarea Monobloc 12-16 kW STD (H Series) est une pompe à chaleur air/eau de forte puissance, pensée pour des logements qui ont des déperditions réelles et pas seulement des velléités de rénovation. Avec 10 kW de dimensionnement en loi d'eau à 35 °C et 8 kW à 55 °C, elle vise les maisons de 120 à 200 m², bien ou moyennement isolées, équipées de plancher chauffant ou de radiateurs capables de tourner à température modérée.
Son point fort tient dans le SCOP affiché : 4,82 en plancher chauffant, 3,42 sur radiateurs haute température, ce qui la met dans le peloton de tête sur le créneau. En revanche, deux chiffres obligent à réfléchir avant de signer : une puissance acoustique extérieure de 65 dB(A), et une température limite de fonctionnement calée à -10 °C. En zone froide, cela veut dire appoint électrique ou relais fioul quand le thermomètre descend plus bas, et en mitoyenneté, cela veut dire implantation soignée.
Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.
Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.
Ce que donne cette machine sur le terrain
Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.
⌂Maison de plain-pied en pierre et pisé, 1980, 145 m², Cantal (15), radiateurs fonte conservés en partie, poêle à bois en appoint, posée en 2022
★★★★★
Le poêle à bois continue de tourner, mais pour d'autres raisons
Avant la PAC, le poêle à bois était la seule source de chaleur de la pièce de vie. Il tournait du matin au soir, on le rechargeait trois fois par jour, et le reste de la maison restait froid l'hiver. Depuis la pose, il sert surtout le soir quand on regarde la télé, ou les matins de janvier où le sol est à -8 °C et où la machine tourne en continu.
Le vrai gain, c'est que la PAC prend le relais sur les 13 °C à 15 °C de consigne de fond. On ne chauffe plus toute la maison au bois à 22 °C en brûlant des stères pour rien. Et on garde le poêle pour les moments où on veut la chaleur immédiate, la caresse du rayonnement sur le visage.
J'ai découvert un truc que personne ne m'avait dit : quand la PAC est en marche et que le poêle tourne en même temps, elle module à la baisse et consomme presque rien. Le thermostat d'ambiance intelligent fait le tri. C'est anecdotique, mais ça rassure sur la cohérence de l'ensemble.
Ce qui marche
+Cohabitation facile avec un poêle à bois, la régulation s'adapte au besoin réel de la pièce
+Le poêle devient un appoint de confort, plus une corvée quotidienne
Ce qui coince
−En dessous de -10 °C, la PAC s'arrête et le poêle redevient indispensable sans appoint électrique dans cette configuration
−Il faut accepter de ne pas avoir la même température dans toutes les pièces
⌂Chalet ossature bois des années 2000, 180 m², Haute-Savoie (74) à 1 150 m d'altitude, plancher chauffant sur les deux niveaux, posée en 2023
★★★★★
En altitude, la limite à -10 °C n'est pas une abstraction
On est à 1 150 m. L'hiver dernier, on a eu trois semaines sous -12 °C avec des pointes à -18 °C la nuit. La fiche technique annonce une température limite de fonctionnement à -10 °C et une bivalence à -10 °C : en clair, dès qu'on descend en dessous, la machine s'arrête. Ce n'est pas une panne, c'est le fonctionnement prévu.
Sauf que dans mon installation, il n'y a pas d'appoint électrique intégré. Le calcule a été fait à la pose : le plancher chauffant garde l'inertie de la dalle, et le poêle à bois prend le relais dans le séjour. Sauf que dans les chambres, à l'étage, sans soleil pendant deux semaines et sans appoint, on est descendu à 15 °C dans la chambre d'amis. La chambre des enfants n'a pas posé de problème parce que la porte restait ouverte.
Le SCOP à 4,82 annoncé sur le plancher chauffant est sans doute atteignable sur une saison douce. Ici, sur les mois de décembre à février, la réalité est plus basse, il faut le savoir. La machine est bien dimensionnée pour la mi-saison, elle est juste à la limite sur les pointes.
Ce qui marche
+Rendement excellent sur plancher chauffant en mi-saison, le SCOP de 4,82 n'est pas une illusion dans ces conditions
+Silence global en fonctionnement sur les vitesses basses
Ce qui coince
−Température limite à -10 °C : en zone de montagne, il faut un vrai appoint et pas un appoint de principe
−Pas d'appoint électrique intégré, donc la solution de repli repose entièrement sur le poêle et la conception de l'installation
⌂Immeuble collectif de 1972, 95 m², 3e étage, Nantes (44), radiateurs acier basse température posés à la rénovation, copropriété de 24 lots, posée en 2023
★★★★★
L'assemblée générale, le vrai passage obligé
Le sujet n'a pas été la machine, c'était le syndic. On voulait poser un monobloc 12 kW sur la terrasse du 3e étage, avec une liaison frigorifique courte et l'unité intérieure dans le cellier. Le règlement de copropriété interdisait toute modification de façade. On a dû passer en assemblée générale, avec un devis, un plan d'implantation et une note acoustique.
La puissance acoustique de 65 dB(A) annoncée par le fabricant a été le point de friction. Le conseil syndical a demandé une étude, on a fourni l'arrêté de 2006 et le calcul d'émergence, et on a finalement eu l'autorisation avec une implantation reculée de la façade et des plots antivibratiles renforcés. Le vote est passé à 19 voix pour, 5 contre.
Ce que je retiens : n'achetez rien avant le vote. Le devis signé avant l'accord de l'AG, c'est un risque de contentieux que personne ne veut porter. Le dossier a pris quatre mois entre le premier contact et le procès-verbal.
Ce qui marche
+Machine puissante et bien adaptée à un logement de 95 m² mal isolé, pas de surdimensionnement manifeste
+Le niveau sonore reste gérable si l'unité extérieure est implantée à distance des chambres et sur plots
Ce qui coince
−65 dB(A) de puissance acoustique obligent à une vraie étude en copropriété, c'est un sujet de voisinage
−Délai d'assemblée générale incompressible, comptez une saison de chauffe avant d'installer
⌂Pavillon de 1985, 130 m², Meurthe-et-Moselle (54), radiateurs fonte d'origine, posée en 2021
★★★★★
La panne de janvier et les six semaines sans pièce
La machine a tourné dix-huit mois sans broncher, puis la carte de puissance a lâché en pleine vague de froid, un 12 janvier. Diagnostic posé en trois jours par le frigoriste. Commande de la pièce chez le distributeur : trois semaines annoncées, six semaines réelles. Entre-temps, on a chauffé au poêle et avec deux radiateurs électriques d'appoint dans les chambres.
Ce qui m'a le plus agacé, ce n'est pas la panne, c'est le flou sur le délai. Personne ne savait dire si la pièce était en stock en Europe ou au Japon. Le SAV du fabricant a répondu, mais par des messages standards. J'ai fini par avoir un contact technique qui m'a donné une date réaliste, et qui s'est tenu à une semaine près.
Le fluide R410A est un point à surveiller dans ce genre d'aventure. Le jour où il faudra recharger, il faudra que le frigoriste ait encore de la disponibilité, et le règlement F-Gas ne va pas dans le sens de la facilité. Cela ne m'a pas empêché de garder la machine, mais j'y pense maintenant à chaque hiver.
Ce qui marche
+Qualité de fonctionnement excellente en dehors de l'incident, aucune dérive de rendement ressentie
+Prise en charge correcte du diagnostic, le frigoriste est venu rapidement
Ce qui coince
−Délai d'approvisionnement des pièces détachées beaucoup trop long en pleine saison de chauffe
−Communication du SAV peu transparente sur les stocks et les délais réels
−Fluide R410A en sortie de marché, la question de la recharge à dix ans reste ouverte
⌂Longère rénovée de 1850, 165 m², Ille-et-Vilaine (35), plancher chauffant au rez-de-chaussée et radiateurs à l'étage, posée en 2024
★★★★★
La longueur de liaison et la position de l'unité, tout se joue là
J'ai vu trois devis. Deux proposaient de poser l'unité extérieure sous la fenêtre de la cuisine, à deux mètres de la table où on mange. Le troisième a proposé le pignon nord, à douze mètres de l'unité intérieure, avec passage de gaine en sous-sol. J'ai choisi le troisième, et c'est probablement la meilleure décision du chantier.
La longueur de liaison a un coût : il faut de la charge en plus, un tirage soigné, et une mise en service qui prend une journée complète au lieu d'une demi-journée. Le frigoriste a passé une heure à contrôler l'étanchéité et à tirer le vide. Il a aussi rehaussé l'unité sur des supports de 20 cm pour éviter que la neige et le gel ne bloquent l'échangeur.
Résultat : dans la cuisine, fenêtre ouverte, on entend un souffle léger quand la machine est à pleine puissance. Rien la nuit. Et le jardin n'a pas été transformé en zone technique. C'est plus cher à la pose, c'est nettement mieux à l'usage.
Ce qui marche
+Implantation à distance des pièces de vie, le bruit devient un non-sujet
+Supports rehaussés et évacuation des condensats bien pensés : pas de flaque ni de gel au pied de l'unité
Ce qui coince
−Liaison longue : surcoût de charge et de main-d'œuvre à la pose
−Toutes les configurations de logement ne permettent pas un tel recul, notamment en lotissement dense
⌂Maison de 2001, 200 m², Gironde (33), plancher chauffant sur les deux niveaux, posée en 2022
★★★★★
Trois devis, deux écartés, voici pourquoi
Le premier installateur était RGE, sérieux, mais il proposait une 12 kW sans faire de bilan thermique. Il se basait sur la surface et sur l'ancienne chaudière gaz. J'ai demandé le calcul de déperdition, il m'a répondu qu'à 200 m² en Gironde, 12 kW suffisaient toujours. J'ai écarté.
Le deuxième proposait un modèle concurrent, avec un argumentaire très commercial, mais impossible d'obtenir la fiche technique avant signature. J'ai refusé d'avancer sans document. Le troisième a fait le bilan, proposé une 10 kW en W35, expliqué pourquoi il ne fallait pas surdimensionner, et détaillé les conditions d'application de la garantie. C'est lui que j'ai gardé.
Ce que j'ai appris : le bon installateur n'est pas celui qui a le plus gros catalogue, c'est celui qui accepte de chiffrer les déperditions et de parler des conditions de garantie sans faire de vente forcée. Le reste, c'est du décor.
Ce qui marche
+Bilan thermique sérieux : la 10 kW en W35 correspond au besoin réel, pas de cycles courts constatés
+Devis transparent sur la garantie et la mise en service, engagement écrit sur les délais
Ce qui coince
−Aucun, dans cette installation. Le choix de l'installateur a primé sur le choix de la marque
Le verdict
Pour quel logement ?
Pour les logements de 120 à 200 m² avec des déperditions réelles, équipés de plancher chauffant ou de radiateurs basse température, et pour les propriétaires prêts à soigner l'implantation de l'unité extérieure. La machine est particulièrement à l'aise en mi-saison et sur les hivers doux à tempérés.
À éviter si
Vous habitez en zone de montagne avec des températures qui passent régulièrement sous -10 °C : la machine s'arrête et il faut un vrai appoint, pas un appoint de principe. Vous êtes en mitoyenneté très serrée et sans possibilité de recul : 65 dB(A) de puissance acoustique imposent une étude d'implantation sérieuse.
Questions fréquentes
Faut-il garder un poêle à bois ou une cheminée avec cette pompe à chaleur ?
Oui, et c'est même une bonne idée dans beaucoup de configurations. La machine gère très bien la température de fond, le poêle apporte le confort d'appoint et la chaleur rayonnante. En zone froide, le poêle devient aussi la solution de repli quand la PAC s'arrête sous -10 °C.
La puissance acoustique de 65 dB(A) est-elle un problème en lotissement ?
Elle oblige à réfléchir à l'implantation. Une unité posée contre le mur de la chambre voisine, à trois mètres de la limite de propriété, ce n'est pas la même chose qu'une unité sur le pignon nord avec quinze mètres de recul. Plots antivibratiles et supports rehaussés font aussi une vraie différence.
Que se passe-t-il quand il fait plus froid que -10 °C ?
La machine s'arrête, c'est sa limite de fonctionnement. La température de bivalence est également à -10 °C. En dessous, il faut un appoint : poêle, cheminée, radiateurs électriques ou chaudière conservée. Cette machine n'a pas d'appoint électrique intégré, il faut donc l'anticiper à la conception.
Le R410A est-il un frein à l'achat aujourd'hui ?
C'est un point à intégrer dans la réflexion, surtout si vous gardez la machine quinze ans. Le règlement F-Gas organise la sortie progressive de ce fluide. Aujourd'hui, les recharges restent possibles et les frigoristes en ont. La question se posera à l'horizon 2030 pour les pièces et la disponibilité du fluide.
Fiche technique
Puissance de dimensionnement (W35)
10 kW
SCOP a 35 °C
4,82
Efficacite saisonniere W35
190 %
Puissance de dimensionnement (W55)
8 kW
SCOP a 55 °C
3,42
Efficacite saisonniere W55
134 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)
n.c.
Puissance restituee a -7 °C
n.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)
n.c.
Temperature de bivalence (W35)
-10 °C
Temperature limite de fonctionnement
-10 °C
Puissance acoustique exterieure
65 dB(A)
Consommation en veille
12 W
Fluide frigorigene
R410A
Alimentation
n.c.
Type
Regulated
Compresseur
n.c.
Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.
Les avis des lecteurs
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Face à quelle autre machine ?
Le comparatif sort les écarts chiffrés, critère par critère, plutôt que deux fiches à lire en parallèle.