Pacoscope
Stiebel Eltron · WPL 09 I(K)CS classic

Stiebel Eltron WPL 09 IKCS classic : l'avis complet

2,8/5sur 6 profils d'installation
Stiebel Eltron WPL 09 IKCS classic
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : stiebel-eltron.ch
SCOP W35
4,53
plancher chauffant
SCOP W55
3,33
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
n.c.
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La Stiebel Eltron WPL 09 IKCS classic est une pompe à chaleur air/eau de petite puissance dimensionnée pour 4,8 kW à 35 °C et 4,5 kW à 55 °C. C'est une machine qui vise les logements de taille moyenne correctement isolés, avec un SCOP de 4,53 en plancher chauffant et de 3,33 sur radiateurs. La production d'eau chaude sanitaire est assurée par une version distincte, la WPL 09 ICS classic, qui intègre le ballon, alors que la IKCS est la version avec ballon combiné. Toutes deux partagent la même base frigorifique et les mêmes limites de fonctionnement.

Les points à retenir sont clairs. La machine performe très bien en basse température, avec un SCOP de 4,53 qui la place parmi les meilleures de sa catégorie sur plancher chauffant. En revanche, elle utilise du R410A, un fluide en sortie de marché, et sa puissance de 4,8 kW la destine à des logements qui ne dépassent pas 120 à 130 m² selon l'isolation. Sa température limite de fonctionnement est de -10 °C, ce qui exclut les zones de montagne où le thermomètre descend plus bas. Sa consommation en veille de 56 W n'est pas négligeable sur une année.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison de plain-pied de 1985, 110 m², Haute-Savoie, radiateurs fonte, posée en 2021

Le SCOP de 4,53 est là, mais pas en janvier

J'ai lu partout que cette machine affichait un SCOP de 4,53 en plancher chauffant. Sauf que chez moi, j'ai gardé mes radiateurs fonte, et le SCOP qui compte, celui à 55 °C, tombe à 3,33. C'est déjà correct, mais ce n'est pas la même histoire. En janvier, quand il fait -5 °C dehors, la PAC tourne à fond et la température de départ d'eau monte à 55 °C. Je le vois sur le compteur : la consommation s'envole. Le rendement annoncé n'est pas faux, mais il ne correspond pas à ma réalité.

J'ai fait le calcul sur une saison complète. Entre octobre et avril, j'ai consommé environ 2 800 kWh pour le chauffage, contre 1 500 litres de fioul avant. Financièrement, c'est gagnant, mais l'écart est moins spectaculaire que ce que les vendeurs annonçaient. Le SCOP de 3,33 en haute température, c'est une moyenne, et les jours froids tirent tout vers le bas. Si c'était à refaire, j'aurais peut-être mis des radiateurs basse température dans les pièces de vie.

Ce qui marche
  • SCOP de 4,53 excellent en plancher chauffant
  • Machine silencieuse en fonctionnement normal
  • Régulation précise de la loi d'eau
Ce qui coince
  • SCOP de 3,33 en radiateurs haute température, moins flatteur
  • Consommation en veille de 56 W, soit environ 490 kWh par an
  • Rendement réel en dessous des attentes en janvier
Chalet de 1998, 95 m², Hautes-Alpes, plancher chauffant, posée en 2022

À 1 200 mètres, la bivalence à -7 °C est une limite dure

Quand on habite en altitude, la question n'est pas le SCOP mais la température de bivalence. Sur cette machine, elle est de -7 °C. Chez moi, en janvier, on passe plusieurs nuits à -12 ou -15 °C. La PAC s'arrête de produire seule et l'appoint électrique prend le relais. L'appoint intégré ne fait que 0,71 kW, ce qui est très faible pour chauffer 95 m². Résultat, la résistance tourne en permanence et la facture grimpe.

Le vrai problème, c'est la température limite de fonctionnement de -10 °C. En dessous, la machine s'arrête complètement. J'ai connu trois jours à -14 °C en février 2023, et là, plus rien. Heureusement que j'avais gardé un poêle à bois en secours. Sans lui, la maison tombait à 12 °C. Cette PAC n'est pas faite pour la montagne, c'est écrit dans les chiffres. Si vous êtes en zone de montagne, passez votre chemin ou prévoyez un appoint sérieux.

Ce qui marche
  • Bonne performance sur plancher chauffant quand il fait doux
  • Installation compacte, prend peu de place
Ce qui coince
  • Température limite de -10 °C, inadaptée à l'altitude
  • Appoint électrique de 0,71 kW trop faible pour les grands froids
  • Bivalence à -7 °C atteinte trop souvent en montagne
Maison de 2005, 130 m², Bretagne, radiateurs acier, posée en 2019

En résidence secondaire, le hors gel consomme plus qu'on ne croit

J'ai installé cette PAC dans ma maison de vacances en Bretagne. Je n'y suis que l'été et quelques week-ends l'hiver. Le reste du temps, la machine tourne en mode hors gel, autour de 8 °C. Je pensais que la consommation serait minime, mais avec une veille à 56 W, ça fait déjà 40 kWh par mois rien qu'en attente. Quand la PAC se relance pour maintenir le hors gel, elle tire encore plus.

Sur une année, j'ai consommé environ 600 kWh juste pour ne pas que la maison gèle. C'est raisonnable, mais ce n'est pas zéro. Le vrai souci, c'est que cette machine n'est pas conçue pour fonctionner en relance après une absence prolongée. Quand j'arrive en hiver, il faut deux jours pour que la maison remonte à 20 °C. Le plancher chauffant a une inertie énorme. Au final, je me demande si un simple hors gel électrique n'aurait pas été plus simple.

Ce qui marche
  • Mode hors gel efficace, pas de risque de gel
  • SCOP de 4,53 sur plancher chauffant, idéal pour les séjours d'été
Ce qui coince
  • Consommation de veille de 56 W, soit 40 kWh par mois
  • Relance très lente après une absence prolongée
  • Pas de programmation fine pour les résidences secondaires
Ferme rénovée de 1850, 160 m², Cantal, radiateurs fonte, posée en 2020

Avec un poêle à bois, la PAC devient un appoint de luxe

Dans une ferme en pierre mal isolée, cette PAC ne peut pas chauffer seule. Le SCOP de 3,33 sur radiateurs est correct, mais la puissance de 4,5 kW à 55 °C est insuffisante pour 160 m². J'ai donc gardé mon poêle à bois. La PAC chauffe les chambres et les pièces du fond, le poêle s'occupe du séjour. Ça fonctionne, mais ce n'est pas ce qu'on m'avait vendu.

Le vrai problème, c'est la cohabitation. Quand le poêle tourne, la PAC se met en veille parce que la température de consigne est atteinte. Puis elle redémarre en cycle court quand le poêle s'éteint. Le compresseur n'aime pas ça. J'ai fini par désactiver la sonde d'ambiance et piloter la PAC manuellement. C'est dommage, parce que la machine en elle-même est fiable. Mais dans une maison ancienne, il faut accepter qu'elle ne soit qu'un appoint.

Ce qui marche
  • Bonne complémentarité avec un poêle à bois
  • Fiabilité de la machine sur trois hivers
  • SCOP de 3,33 correct pour des radiateurs fonte
Ce qui coince
  • Puissance insuffisante pour les maisons anciennes mal isolées
  • Cycles courts quand le poêle prend le relais
  • Régulation d'ambiance inadaptée à la cohabitation
Maison de 2010, 105 m², Provence, plancher chauffant, posée en 2023

Le triphasé m'a coûté plus cher que la PAC elle-même

J'ai acheté cette PAC pour son SCOP de 4,53, excellent. Mais je n'avais pas anticipé le raccordement. Ma maison est en monophasé, et l'installateur m'a dit qu'il fallait passer en triphasé pour tirer 4,8 kW sans faire sauter les plombs. Sauf que le passage en triphasé, c'est 1 800 euros chez Enedis, plus la modification du tableau électrique. Au final, la facture a doublé par rapport au devis initial.

La machine fonctionne très bien, je n'ai rien à redire sur les performances. Mais ce coût caché m'a laissé un goût amer. Si j'avais su, j'aurais peut-être choisi un modèle monophasé, même un peu moins performant. Le SCOP de 4,53 est là, mais il mettra des années à rembourser le surcoût du triphasé. À bon entendeur : vérifiez votre installation électrique avant de signer.

Ce qui marche
  • SCOP de 4,53, parmi les meilleurs de sa catégorie
  • Fonctionnement très silencieux
  • Idéale pour le plancher chauffant
Ce qui coince
  • Passage en triphasé souvent nécessaire, coût élevé
  • Puissance de 4,8 kW limite pour les maisons de plus de 120 m²
  • Aucune communication claire sur la contrainte électrique
Maison de 1975, 120 m², Normandie, radiateurs acier, posée en 2018

Les vibrations dans la chambre du dessus, l'erreur que je referais pas

La machine est posée sur des plots antivibratiles, comme prévu. Mais mon installateur les a mal dimensionnés. Résultat, à chaque démarrage du compresseur, j'entends un bourdonnement dans la chambre du dessus. C'est léger, mais la nuit, ça devient pénible. J'ai essayé de mettre des cales en caoutchouc supplémentaires, sans grand effet.

Le vrai problème, c'est que l'unité extérieure est fixée sur un mur qui longe la chambre. Les vibrations passent par le bâti. Une solution serait de la déplacer sur des supports au sol, mais ça implique de refaire les liaisons frigorifiques. Trop cher. Je vis avec, mais je conseille à tout le monde de poser l'unité le plus loin possible des pièces de nuit. La machine en elle-même est performante, mais ce détail gâche un peu le plaisir.

Ce qui marche
  • Bonne performance énergétique, SCOP de 4,53 en plancher
  • Machine compacte et discrète visuellement
Ce qui coince
  • Vibrations transmises au bâti si mal installée
  • Plots antivibratiles souvent sous-dimensionnés
  • Nuisance sonore en pièce de nuit
Le verdict

Pour quel logement ?

Cette PAC est faite pour une maison bien isolée de 80 à 120 m², avec un plancher chauffant ou des radiateurs basse température, dans une région où l'hiver ne descend pas sous -10 °C. Elle convient aussi à une résidence secondaire avec un besoin de hors gel.

À éviter si

Vous habitez en zone de montagne ou dans une région où les hivers sont longs et rigoureux, car la bivalence à -7 °C et la limite à -10 °C imposent un appoint électrique coûteux. Évitez aussi si votre maison est mal isolée et nécessite plus de 5 kW à 55 °C, la machine serait sous-dimensionnée.

Questions fréquentes

Le SCOP de 4,53 est-il atteignable avec des radiateurs classiques ?

Non. Le SCOP de 4,53 correspond à un fonctionnement à 35 °C, soit un plancher chauffant ou des radiateurs basse température. Avec des radiateurs haute température qui nécessitent 55 °C, le SCOP tombe à 3,33. C'est déjà une bonne performance, mais l'écart est significatif.

Si vous gardez des radiateurs en fonte ou en acier classiques, attendez-vous à une consommation plus élevée et à un rendement réel plus proche de 3,3 que de 4,5. C'est une donnée à intégrer dans le calcul de rentabilité.

Peut-on utiliser cette PAC en montagne ?

Pas sans précaution. La température de bivalence est de -7 °C, ce qui signifie qu'en dessous, l'appoint électrique prend le relais. Mais l'appoint intégré ne fait que 0,71 kW, ce qui est très faible. Plus problématique, la température limite de fonctionnement est de -10 °C : en dessous, la PAC s'arrête complètement.

En zone de montagne, il faut donc prévoir un système de chauffage d'appoint performant, comme un poêle à bois ou une chaudière. La PAC ne pourra pas assurer le chauffage seule pendant les vagues de froid.

La consommation en veille de 56 W est-elle vraiment un problème ?

Sur une année, 56 W en permanence représentent environ 490 kWh, soit l'équivalent de 100 euros au tarif réglementé. C'est loin d'être négligeable. Cette consommation est due à l'électronique et au système de protection contre le gel.

Si la machine est dans un local chauffé, une partie de cette énergie est récupérée sous forme de chaleur. Mais si l'unité extérieure est loin, la perte est réelle. C'est un point à considérer dans le calcul de rentabilité, surtout en résidence secondaire.

Le fluide R410A est-il un handicap pour l'avenir ?

Oui, le R410A est un fluide en cours de sortie de marché au titre du règlement F-Gas. Cela signifie que les recharges seront de plus en plus difficiles à trouver et de plus en plus chères dans les années à venir. La valeur résiduelle de la machine pourrait en souffrir.

Cela ne remet pas en cause ses performances actuelles, mais si vous comptez garder la PAC plus de dix ans, il faut anticiper ce surcoût. Les fluides R32 et R290 sont plus pérennes, mais cette machine n'est pas concernée.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)4,8 kW
SCOP a 35 °C4,53
Efficacite saisonniere W35178 %
Puissance de dimensionnement (W55)4,5 kW
SCOP a 55 °C3,33
Efficacite saisonniere W55130 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieuren.c.
Consommation en veille56 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesWPL 09 ICS classic, WPL 09 IKCS classic

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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