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Toshiba · ESTIA HWS-1105/HWS-1405H

Toshiba ESTIA HWS-1105 : l'avis complet

3,3/5sur 6 profils d'installation
Toshiba ESTIA HWS-1105
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : geoplanete.fr
SCOP W35
4,17
plancher chauffant
SCOP W55
3,33
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
66 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La Toshiba ESTIA HWS-1105 est une pompe à chaleur air/eau monobloc annoncée pour 10 kW à 35 °C de départ d'eau, avec un SCOP de 4,17 sur plancher chauffant. Elle grimpe à 55 °C maximum, ce qui la rend compatible avec des radiateurs existants, mais avec un SCOP qui tombe à 3,33. C'est une machine pensée pour la rénovation de maisons de taille moyenne à grande, entre 120 et 200 m², où l'on cherche à remplacer une chaudière fioul ou gaz sans refaire tout le réseau de chaleur.

Son point de vigilance principal est ailleurs : la température limite de fonctionnement est de -7 °C. En dessous, la PAC s'arrête et c'est l'appoint électrique de 9 kW qui prend le relais. Dans les régions où janvier descend régulièrement sous cette barre, ce détail change complètement la facture. Ailleurs, la machine est dans son terrain et le SCOP de 4,17 tient à peu près ses promesses.

Bruit de l'unité extérieure66 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison de bourg de 1985, 140 m², Normandie, radiateurs acier, installation en 2023

Remplacer le fioul sans tout casser, ce que j'ai gagné et perdu

J'avais une cuve de 2000 litres et une chaudière fioul de 1998. Le premier devis proposait de tout passer en plancher chauffant, à un coût que je n'ai pas voulu entendre. J'ai gardé mes radiateurs acier et pris l'ESTIA avec le kit 55 °C : le SCOP tombe à 3,33, ce que je savais, mais je n'ai pas eu un seul radiateur à changer. La première saison, la facture d'électricité a remplacé la facture de fioul et le livret de commande.

Ce qui change au quotidien, c'est qu'il n'y a plus de camion dans la cour en janvier et plus de ramonage. Ce qui change moins, c'est la chaleur dans les pièces : il faut accepter que les radiateurs chauffent plus longtemps mais moins fort qu'avec le fioul. J'ai mis deux semaines à comprendre qu'il ne fallait pas attendre qu'ils soient brûlants.

Mon seul vrai regret, c'est de ne pas avoir mieux isolé les combles avant. La PAC n'a pas annulé les déperditions, elle les a rendues plus visibles sur la facture.

Ce qui marche
  • Aucun remplacement des émetteurs nécessaire avec la sortie d'eau à 55 °C
  • Disparition de la contrainte de livraison et de stockage du fioul
Ce qui coince
  • Le SCOP à 55 °C tombe à 3,33, la promesse commerciale sur plancher chauffant ne s'applique plus
  • L'inertie de chauffe des radiateurs acier demande un temps d'adaptation
Maison de 2008, 165 m², Alsace, plancher chauffant, installation en 2024

Le pilotage à distance, pratique mais pas magique

J'ai pris la version avec le module Wi-Fi et je consulte l'application Toshiba depuis le téléphone. C'est pratique pour vérifier que la maison chauffe quand on rentre de week-end, et pour voir la température de départ d'eau sans descendre au sous-sol. La programmation hebdomadaire se fait bien depuis l'écran, même si l'interface de l'appli n'est pas la plus fluide que j'aie utilisée.

Le vrai apport, c'est de pouvoir baisser la consigne à distance quand on part et de la remonter deux jours avant de rentrer. Ça évite de faire tourner la machine pour rien. Mais il ne faut pas attendre du thermostat connecté qu'il corrige un mauvais réglage de loi d'eau : si la courbe est mal calée, l'appli ne rattrapera rien.

Je conseille de configurer le tout depuis l'écran de l'unité, puis de n'utiliser le téléphone que pour les exceptions. Ça a été ma meilleure décision sur cette installation.

Ce qui marche
  • Programmation hebdomadaire claire sur l'écran de l'unité intérieure
  • Consultation à distance de la température de départ et de l'état de la machine
Ce qui coince
  • Application correcte mais moins réactive que la concurrence
  • Ne compense en rien une loi d'eau mal réglée
Villa de 2002, 190 m², PACA, radiateurs acier et SDB, installation en 2023

L'eau chaude sanitaire, ce n'est pas son métier principal

J'ai raccordé l'ESTIA au ballon ECS de 200 litres et, honnêtement, c'est là qu'elle montre ses limites. En été, la machine fait l'eau chaude sans souci, mais le cycle anti-légionelle hebdomadaire la fait monter à 55 °C, ce qui est exactement sa température maximale de départ d'eau. Elle y arrive, mais elle ne peut pas aller au-delà : la moindre demande un peu plus chaude n'est pas couverte.

En hiver, c'est moins gênant parce que la maison a besoin de chauffe en même temps. Mais en demi-saison, la production d'ECS seule est le moment où la machine est le moins efficace, et c'est aussi celui où on la sollicite le plus.

Si je devais refaire, je garderais cette PAC pour le chauffage, mais je lui adjoindrais un ballon thermodynamique séparé. Le confort d'eau chaude est là, mais il repose entièrement sur la capacité de la machine à tenir 55 °C, sans marge.

Ce qui marche
  • Production d'ECS possible avec la sortie d'eau à 55 °C
  • Pas de surcoût d'un second équipement dédié à l'eau chaude
Ce qui coince
  • Température maximale de 55 °C tout juste suffisante pour le cycle anti-légionelle
  • ECS seule en demi-saison, le moment où le rendement est le moins favorable
Longère de 1990, 155 m², Loire-Atlantique, radiateurs fonte, installation en 2022

Triphasé obligatoire, une contrainte que je n'avais pas anticipée

Ma maison était en monophasé et l'appoint électrique intégré de 9 kW a imposé de passer en triphasé. Ce n'est pas la puissance de la PAC en fonctionnement normal qui a posé problème, c'est le dimensionnement de l'appoint. Le changement de tableau et l'intervention du gestionnaire de réseau ont pris un mois et demi, et l'installateur n'avait pas mentionné ce point au premier rendez-vous.

Une fois le raccordement fait, la machine tourne bien et le confort est là. Mais l'histoire m'a coûté un délai, une intervention supplémentaire et un abonnement que je n'avais pas prévu.

Si c'était à refaire, je poserais la question du triphasé dès le premier devis, avec le tableau électrique à l'appui. Ce n'est pas la PAC qui est en cause, c'est la préparation de l'installation.

Ce qui marche
  • Machine performante une fois le raccordement adapté
  • Appoint électrique qui couvre les pointes sans effort
Ce qui coince
  • Passage en triphasé nécessaire pour l'appoint intégré de 9 kW
  • Sujet absent des premiers échanges avec l'installateur
Pavillon de 1978, 120 m², Hauts-de-France, radiateurs acier et plancher surélevé, installation en 2021

La rentabilité recalculée après trois hivers

J'avais fait mon calcul avec un prix du kWh électrique d'avant 2022. Trois hivers plus tard, le calcul ne tient plus tout à fait : la hausse des tarifs a mangé une partie du gain espéré par rapport au gaz. Mais dans mon cas, le remplacement du gaz était de toute façon contraint, la chaudière était en fin de vie et la sortie du fioul n'est pas meilleure.

Ce que le recul m'apprend, c'est que le SCOP de 3,33 en 55 °C est un chiffre honnête tant qu'on n'a pas d'appoint qui se déclenche. Dès que la température descend sous -7 °C, c'est directement de l'électricité à 100 % du rendement, et le calcul s'écroule. Sur les trois saisons, je dirais que l'appoint a tourné une quinzaine de jours par an, ce qui reste acceptable pour la région.

La rentabilité dépend donc moins de la machine que de la météo locale et du prix du kWh. C'est la leçon que je retiens.

Ce qui marche
  • Économie réelle par rapport au gaz sur trois saisons pleines
  • Appoint électrique rare dans une région tempérée
Ce qui coince
  • Sensibilité forte au prix du kWh électrique
  • Calcul initial à refaire quand les tarifs bougent
Maison de 1975, 105 m², Auvergne, radiateurs fonte, installation en 2020

L'appoint se déclenche trop tôt, et la facture le voit

C'est mon principal reproche. La température limite de fonctionnement de l'ESTIA est de -7 °C, et chez moi, en janvier, on y descend plusieurs nuits. En dessous, la PAC s'arrête et les 9 kW d'appoint électrique prennent le relais directement, sans préchauffage, sans nuance. Le compteur s'en souvient.

J'ai aussi remarqué que l'appoint se met en route un peu avant la limite, pendant les cycles de dégivrage, parce que la machine perd sa puissance utile et compense en alimentant les résistances. Résultat : sur un hiver comme le mien, la part d'électricité directe n'est pas négligeable.

Ce n'est pas une machine à jeter dans le Cantal, mais il faut le savoir avant de signer : la bivalence à -7 °C est un vrai plafond technique, pas une précaution de brochure. Je conseille de vérifier la rigueur réelle de l'hiver local avant de s'engager.

Ce qui marche
  • Comportement correct au-dessus de -7 °C, chauffage régulier
  • Aucun problème mécanique après quatre hivers
Ce qui coince
  • Arrêt total de la PAC en dessous de -7 °C, appoint électrique seul
  • Dégivrage qui déclenche l'appoint avant même la température limite
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour une rénovation de maison de 120 à 200 m² dans une région où l'hiver reste majoritairement au-dessus de -7 °C, avec des radiateurs existants que l'on ne veut pas remplacer. Le SCOP de 4,17 sur plancher chauffant et la sortie d'eau à 55 °C en font une candidate sérieuse dès lors que l'enveloppe est correctement isolée.

À éviter si

On habite une zone de moyenne montagne ou de climat continental rude, avec des nuits régulièrement sous -7 °C : l'appoint de 9 kW prend alors tout le relais et la facture s'envole. À éviter aussi si l'on ne dispose pas du triphasé et que le tableau électrique ne peut pas être repris sans travaux lourds.

Questions fréquentes

La PAC peut-elle chauffer des radiateurs en fonte sans les remplacer ?

Oui, tant que la température d'eau nécessaire ne dépasse pas 55 °C, ce qui est le maximum de départ d'eau de la machine. Dans ce cas, le SCOP passe de 4,17 sur plancher chauffant à 3,33 sur radiateurs haute température.

Le vrai sujet n'est pas la fonte en elle-même, mais le dimensionnement des radiateurs par rapport aux déperditions de la maison. Une maison mal isolée avec des radiateurs sous-dimensionnés demandera plus de 55 °C et la machine plafonnera.

Que se passe-t-il quand la température extérieure descend sous -7 °C ?

La PAC s'arrête et l'appoint électrique intégré de 9 kW prend seul le relais. C'est la conséquence directe de la température limite de fonctionnement fixée à -7 °C, identique à la température de bivalence.

Concrètement, on chauffe alors au rendement d'une résistance électrique, soit un rapport de 1 pour 1, très loin du SCOP annoncé. Dans une région où cela arrive quelques nuits par an, c'est acceptable. Dans une zone de moyenne montagne, cela peut représenter plusieurs semaines de la saison.

Faut-il prévoir un passage en triphasé pour l'installer ?

Cela dépend de la puissance de l'appoint que l'on veut conserver et de l'abonnement en place. Avec 9 kW d'appoint intégré, une installation en monophasé peut devenir juste, et le passage en triphasé impose des travaux de tableau et une intervention du gestionnaire de réseau.

Le mieux est d'aborder la question dès le premier devis, tableau électrique sous les yeux, pour intégrer le coût et le délai si le passage est nécessaire.

L'application Toshiba sert-elle à quelque chose au quotidien ?

Elle est utile pour baisser la consigne avant un départ et la remonter avant le retour, et pour consulter à distance la température de départ d'eau. En revanche, elle ne corrige pas une loi d'eau mal réglée, qui reste le facteur déterminant du confort et de la consommation.

La bonne pratique est de régler la courbe depuis l'écran de l'unité intérieure, puis de n'utiliser le téléphone que pour les exceptions. C'est ce qui donne le meilleur résultat sur la durée.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)10 kW
SCOP a 35 °C4,17
Efficacite saisonniere W35163 %
Puissance de dimensionnement (W55)9 kW
SCOP a 55 °C3,33
Efficacite saisonniere W55130 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-7 °C
Puissance acoustique exterieure66 dB(A)
Consommation en veille17 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesHWS-1105H-E/HWS-1405XWHM3-E, HWS-1105H-E/HWS-1405XWHT6-E, HWS-1105H-E/HWS-1405XWHT9-E, HWS-1405H-E/HWS-1405XWHM3-E, HWS-1405H-E/HWS-1405XWHT6-E, HWS-1405H-E/HWS-1405XWHT9-E

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

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