La Clivet WSAN-YMi 121 ouvre la gamme WSAN-YMi 91-141, une famille de pompes à chaleur air/eau monobloc pensée pour les grands logements. Avec 25,04 kW annoncés sur un départ d'eau à 35 °C et 26,15 kW à 55 °C, elle vise clairement les maisons de plus de 150 m², les bâtiments anciens à volume important, ou les immeubles collectifs en rénovation. Ce n'est pas une machine de pavillon récent de 100 m².
Le SCOP de 4,5 en plancher chauffant et de 3,15 sur radiateurs haute température dessine deux usages bien distincts. En régime basse température, elle est à l'aise. En régime haute température, elle reste dans le jeu mais sans marge confortable. La température de bivalence à -7 °C et l'arrêt à -10 °C rappellent qu'il faut dimensionner l'appoint avec sérieux dans les régions froides. Le R32 et la consommation de veille de 18 W complètent une fiche technique moderne, à réserver aux logements qui ont vraiment besoin de cette puissance.
Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.
Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.
Ce que donne cette machine sur le terrain
Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.
⌂Maison de 1988, 190 m², Auvergne-Rhône-Alpes, radiateurs fonte, posée en 2023
★★★★★
Le modèle concurrent tenait la corde, la fiche technique a tranché
J'avais deux devis en main, celui-ci et une autre marque, à puissance comparable sur le papier. Ce qui m'a fait choisir la Clivet, c'est la lecture des fiches hplib : le SCOP à 55 °C ressort à 3,15, c'est correct pour une machine qui doit alimenter des radiateurs fonte non remplacés. Le concurrent ne publiait pas la même valeur dans la base, et le vendeur restait flou.
La bivalence à -7 °C m'a rassuré, on est en zone moyenne, l'appoint ne devrait pas se déclencher souvent. Reste que je n'ai pas de retour d'usage sur cette machine, c'est un peu le saut dans le vide. J'ai tranché sur la lisibilité des données, pas sur une notoriété que je ne pouvais pas vérifier. Aujourd'hui je surveille surtout l'hiver, voir si le SCOP annoncé tient.
Ce qui marche
+SCOP à 55 °C de 3,15 clairement publié et vérifiable
+Bivalence à -7 °C adaptée à une zone tempérée
+Fluide R32, pas de mauvaise surprise réglementaire à court terme
Ce qui coince
−Pas de COP à température donnée dans les données ouvertes
−Puissance acoustique externe de 75 dB(A) à anticiper côté voisinage
−Comparaison avec le devis écarté restée sur des bases incomplètes
⌂Corps de ferme rénové, 210 m², Nouvelle-Aquitaine, plancher chauffant, posée en 2022
★★★★★
Surdimensionnée pour mes 18 kW réels, mais le plancher chauffant pardonne
Mon bilan thermique donnait 18 kW de déperditions par grand froid. L'installateur m'a proposé la version 121, à 25 kW sur W35, en arguant qu'il fallait de la marge. J'ai accepté, un peu à contrecœur.
Dans les faits, sur plancher chauffant, la modulation fait le travail et je ne constate pas de cycles courts parasites. Le SCOP à 35 °C de 4,5 laisse penser que la machine tourne beaucoup en régime nominal, et c'est ce que je vois. Le vrai point noir, c'est la puissance acoustique extérieure de 75 dB(A) : elle est installée loin des chambres, sinon c'eût été un problème.
Un ballon tampon a été ajouté pour lisser le volume d'eau, je crois que ça aide aussi. Si c'était à refaire, j'aurais pris la 91.
Ce qui marche
+SCOP à 35 °C de 4,5 qui tient ses promesses sur plancher chauffant
+Modulation correcte, pas de court-cycling gênant malgré le surdimensionnement
+Pas de remplacement des émetteurs, gain de chantier réel
Ce qui coince
−25 kW pour 18 kW de besoin, c'est trop
−75 dB(A) de puissance acoustique à l'extérieur, à implanter avec soin
−Aurait pu descendre dans la gamme et économiser sur le prix d'achat
⌂Longère de 1996, 175 m², Bretagne, radiateurs acier, posée en 2024
★★★★★
La relance après absence coûte cher, mais moins qu'avant
On s'absente une semaine par mois, la maison refroidit à 14 °C, et la relance pour remonter tout ça prend une demi-journée. En janvier, la consommation de la journée de reprise se voit sur le compteur.
Ceci dit, en SCOP à 55 °C à 3,15, même une relance énergivore reste plus sobre que ce qu'on faisait avec la chaudière fioul qu'on avait avant. Je programme le retour de la loi d'eau une nuit avant notre arrivée, comme ça la machine travaille en heure creuse et on ne sent rien.
La veille à 18 W, sur l'année, ça fait un peu de consommation passive, mais ce n'est pas ça qui pèse. C'est la remontée en température du bâti qui coûte, pas la PAC elle-même.
Ce qui marche
+Relance plus sobre qu'avec une chaudière fioul équivalente
+Programmation possible pour passer en heures creuses
+Maintien hors gel fiable, pas de crainte pour les canalisations
Ce qui coince
−18 W de veille toute l'année, marginal mais réel
−Une journée de forte conso à chaque retour après absence
−Il faut anticiper la relance, sinon inconfort
⌂Maison de 1975, 240 m², Grand Est, radiateurs fonte et quelques ventilo-convecteurs, posée en 2023
★★★★★
À 5 000 kWh près, le calcul de rentabilité bascule
J'ai fait le calcul trois fois avant de signer. Avec le SCOP à 55 °C de 3,15 et un prix du kWh électrique qui n'arrête pas de bouger, la rentabilité face au gaz devenait limite. Ce qui m'a décidé, c'est la trajectoire : le gaz a plus augmenté que l'électricité ces dernières années.
Sur ma première saison, j'ai consommé à peu près ce que le SCOP laissait espérer en usage haute température. Pas de miracle, pas de fiasco non plus. La bivalence à -7 °C est correcte pour chez moi, l'appoint intégré de 12,28 kW ne s'est déclenché que quelques nuits.
Si le kWh électrique prend 30 % de plus sur dix ans, l'affaire reste tenable. En dessous, on rentre dans l'épure.
Ce qui marche
+SCOP à 55 °C de 3,15 qui rend le projet viable côté gaz
+Appoint intégré de 12,28 kW, secours confortable en vague de froid
+R32, cohérent avec la trajectoire F-Gas
Ce qui coince
−Rentabilité sensible au prix du kWh électrique
−Usage haute température qui plafonne le rendement
−Investissement initial qui suppose de rester dix ans
⌂Maison de 2005, 155 m², Occitanie, plancher chauffant, posée en 2022
★★★★★
Deux semaines sans nouvelles du frigoriste, ça use la patience
La machine tournait bien depuis la pose. Un voyant défaut au printemps, plus de production d'eau chaude. J'ai appelé l'installateur, qui devait repasser : deux semaines plus tard, toujours rien.
Le problème venait d'un capteur, pas du circuit frigorifique, donc un simple frigoriste local aurait pu intervenir. Mais Clivet n'est pas distribué partout, et les pièces ont mis dix jours à arriver. Ce n'est pas la faute de la machine, c'est la faute du maillage.
Depuis, j'ai un contrat d'entretien avec un autre prestataire. Je conseille vraiment de vérifier, avant d'acheter, qui assure le SAV dans le département. Sur une machine de 25 kW, on n'a pas envie d'attendre en janvier.
Ce qui marche
+Machine fiable hors incident, rien à signaler sur le fonctionnement courant
+Défaut identifié précisément au diagnostic, pas de dérive
−Deux semaines sans intervention, inacceptable en pleine saison
−Pièces détachées à délai long sur cette marque
−Réseau frigoriste peu dense dans certaines régions
⌂Maison de 2010, 165 m², Provence-Alpes-Côte d'Azur, plancher chauffant, posée en 2024
★★★★★
L'unité intérieure prend une place qu'on n'avait pas anticipée
J'avais prévu un placard technique dans le garage. Sur le papier, ça passait. En vrai, la WSAN-YMi 121 et son appoint intégré de 12,28 kW occupent plus de volume que je pensais, entre le corps de machine, le ballon et les liaisons.
J'ai fini par sacrifier une étagère entière et repousser le ballon d'eau chaude de 40 cm. Ce n'est pas dramatique, mais si on a un local technique serré, il faut vérifier au mètre près, pas au centimètre arrondi du plan.
Côté extérieur, en revanche, l'unité est discrète en dimensions pour 25 kW. C'est l'intérieur qui a mangé de la place. Avec le recul, j'aurais agrandi le local avant de couler la dalle.
Ce qui marche
+Groupe extérieur compact pour la puissance délivrée
+Encombrement intérieur cohérent avec l'appoint intégré
+Bon compromis si on a un vrai local technique
Ce qui coince
−Emprise intérieure plus grande qu'annoncée sur les plans commerciaux
−Local technique de moins de 6 m² à éviter
−Appoint intégré qui pèse dans le volume utile
Le verdict
Pour quel logement ?
Pour les logements de 150 à 250 m² avec des déperditions réelles supérieures à 18 kW, en rénovation avec radiateurs existants ou en construction avec plancher chauffant. Le SCOP de 4,5 en basse température donne le meilleur d'elle-même sur plancher chauffant.
À éviter si
Si les déperditions calculées sont inférieures à 20 kW, la version 91 suffit et cette 121 tournera en surrégime inutile. À éviter aussi si le réseau SAV Clivet est inexistant dans votre département, l'attente de pièces est pénalisante.
Questions fréquentes
Cette pompe à chaleur convient-elle à des radiateurs fonte non remplacés ?
Avec un SCOP de 3,15 en régime 55 °C et une température maximale de départ d'eau de 60 °C, la machine peut alimenter des radiateurs fonte existants, à condition qu'ils soient correctement dimensionnés.
Le rendement reste sensiblement inférieur à celui obtenu sur plancher chauffant, où le SCOP grimpe à 4,5. C'est le compromis classique entre conserver les émetteurs et changer toute l'installation.
Que se passe-t-il quand il fait très froid ?
La température de bivalence est annoncée à -7 °C : en dessous, l'appoint électrique intégré prend le relais pour maintenir la consigne. Il est donné pour 12,28 kW, ce qui couvre confortablement les besoins d'un logement déjà bien dimensionné.
La machine s'arrête à -10 °C, sa température limite de fonctionnement. Dans les régions où l'on descend régulièrement sous cette barre, un appoint externe ou un autre mode de chauffage d'appoint reste nécessaire.
Le niveau sonore extérieur est-il un problème en lotissement ?
La puissance acoustique extérieure est donnée à 75 dB(A), ce qui place cette machine dans la catégorie des grosses unités, pas des discrètes. En mitoyenneté proche, l'implantation et l'orientation comptent autant que la machine elle-même.
Prévoir un emplacement éloigné des chambres voisines, sur plots antivibratiles, et vérifier les règles locales d'urbanisme sur les distances. Ce point doit être tranché avant la pose, pas après.
Faut-il prévoir un ballon tampon avec ce modèle ?
Rien dans la fiche technique ne l'impose, mais la puissance de 25 kW sur un volume d'eau faible augmente le risque de cycles courts, surtout si la maison a peu d'inertie ou beaucoup de petits émetteurs. Un ballon tampon de 100 à 200 litres est une assurance raisonnable.
Sur plancher chauffant avec dalle épaisse, il devient souvent superflu. À arbitrer selon le volume réel du circuit et le bilan thermique du logement.
Fiche technique
Puissance de dimensionnement (W35)
25,04 kW
SCOP a 35 °C
4,5
Efficacite saisonniere W35
177 %
Puissance de dimensionnement (W55)
26,15 kW
SCOP a 55 °C
3,15
Efficacite saisonniere W55
123 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)
n.c.
Puissance restituee a -7 °C
n.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)
n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)
n.c.
Temperature de bivalence (W35)
-7 °C
Temperature limite de fonctionnement
-10 °C
Puissance acoustique exterieure
75 dB(A)
Consommation en veille
18 W
Fluide frigorigene
R32
Alimentation
n.c.
Type
Regulated
Compresseur
n.c.
Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.
Les avis des lecteurs
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Face à quelle autre machine ?
Le comparatif sort les écarts chiffrés, critère par critère, plutôt que deux fiches à lire en parallèle.