Pacoscope
Midea · MHC Seriers

Midea MHC-V12WD2RN7-A2*** : l'avis complet

3,7/5sur 6 profils d'installation
SCOP W35
4,67
plancher chauffant
SCOP W55
3,62
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
65 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La Midea MHC-V12WD2RN7-A2 est une pompe à chaleur air/eau monobloc de forte puissance, donnée pour 12,1 kW à 35 °C de départ d'eau et certifiée NF PAC. Son SCOP de 4,67 sur plancher chauffant la place parmi les machines sérieuses de la catégorie, et son fluide R290 lui donne de l'avance sur la question F-Gas.

Elle vise les maisons de 120 à 180 m² mal isolées, ou les logements plus grands correctement enveloppés. Sa puissance acoustique de 65 dB(A) impose de réfléchir à l'implantation, et son alimentation en triphasé 400 V ferme la porte aux tableaux monophasés. Le point qui surprend, c'est le COP de 6,41 annoncé à -7 °C pour un départ à 55 °C, une valeur qui mérite d'être regardée de près.

0123456arrêtappoint dès -7 °C2,83,84,8-7 °C+2 °C+7 °Ctempérature extérieureCOP
Départ 30-35 °C, mesure à pleine charge
Rendement mesuré à pleine charge, en départ d'eau 30 à 35 °C. Plus il fait froid, plus le COP baisse : c'est précisément au moment où l'on chauffe le plus que la machine est la moins efficace.
Bruit de l'unité extérieure65 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Ferme rénovée, 165 m², Cantal, murs en pierre sans isolation intérieure, radiateurs fonte d'origine, installée fin 2022

En pierre non isolée, elle tient mais elle tourne fort

Ici les murs font 60 cm de pierre et il n'a jamais été question de les doubler. La maison demande autour de 11 kW au plus froid, et la machine est donnée pour 12,1 kW à 35 °C, donc le compte est juste. Sauf que mes radiateurs fonte tournent à 60 °C les soirs de janvier, et là on quitte le régime pour lequel le SCOP de 4,67 est annoncé. Sur la saison, je table plutôt sur du 3,2 réel.

Ce qui m'a rassuré, c'est la température de bivalence à -7 °C avec 12 kW à 55 °C. Chez moi l'appoint électrique ne s'est déclenché que quatre ou cinq nuits sur l'hiver, à chaque fois sous -8 °C. La facture reste sous les 2 200 € sur la saison, contre 3 100 € de fioul avant travaux de toiture.

Ce qui marche
  • Puissance de 12,1 kW adaptée aux grandes surfaces mal isolées
  • Bivalence à -7 °C : l'appoint électrique reste marginal en montagne moyenne
  • R290, pas de contrainte F-Gas sur le fluide
Ce qui coince
  • Le SCOP de 4,67 n'est atteignable qu'à basse température de départ
  • Rendement réel qui chute dès qu'on remonte à 60 °C
Pavillon 1988, 130 m², Vaucluse, plancher chauffant existant, remplacement d'une chaudière gaz, posée en 2024

Le calcul de rentabilité vu du compteur, deux hivers après

J'avais sorti le tableur avant de signer. La machine consomme à peu près 2 400 kWh par an pour le chauffage et l'eau chaude, à un prix moyen de 0,21 €/kWh, donc autour de 500 € par an. La chaudière gaz d'avant me coûtait 1 450 € annuels. Différence : 950 € par an.

Le devis total était de 14 800 €, dont 5 400 € de MaPrimeRénov et 1 200 € de CEE. Reste 8 200 €. À 950 € d'économie annuelle, il faut huit ans et demi pour rentabiliser. Avec un SCOP de 4,67 sur plancher chauffant, ça reste crédible, mais si le kWh électrique prend 30 % dans les cinq ans, je descends à onze ans. Ça ne remet pas le projet en cause, ça change juste le discours du commercial.

Ce qui marche
  • SCOP de 4,67 W35 réellement atteignable sur plancher chauffant basse température
  • Économie annuelle proche de 950 € par rapport au gaz
  • Fluide R290 : pas de surcoût de recharge à anticiper
Ce qui coince
  • Retour sur investissement qui s'allonge si le kWh électrique grimpe
  • Investissement initial de près de 15 000 € avant aides
Maison 2003, 140 m², 800 m du littoral atlantique, radiateurs acier, installée en 2023

À 800 m de la mer, l'échangeur demande un œil tous les six mois

Personne ne m'avait prévenu. Sur un bord de mer, l'unité extérieure ramasse du sel toute l'année et les ailettes de l'échangeur commencent à blanchir au bout de dix-huit mois. Je rince à l'eau claire deux fois par an, une fois au printemps, une fois en octobre, et j'ai fait traiter l'échangeur par le frigoriste à la deuxième visite annuelle.

Ce qui aide, c'est que la machine est plaquée contre un mur nord-ouest et qu'elle prend les embruns. Si c'était à refaire, je la mettrais sous un petit auvent ouverts sur trois côtés, avec 50 cm de dégagement. Le R290 de la machine ne change rien à l'affaire : c'est l'échangeur extérieur en aluminium qui souffre, pas le circuit frigorifique.

Ce qui marche
  • Coque et circuits qui tiennent, seule la batterie extérieure demande un suivi
  • Rinçage simple à faire soi-même
Ce qui coince
  • Corrosion saline de l'échangeur en bord de mer
  • Puissance acoustique de 65 dB(A) : un auvent n'est pas facile à caser sans gêner le débit d'air
Pavillon 1995, 150 m², Loire-Atlantique, radiateurs fonte conservés, remplacement chaudière fioul, posée début 2023

MaPrimeRénov : six mois de dossier, un dossier qui tient

Le dossier a pris du temps, mais il est passé. Il faut l'audit énergétique avant devis, puis l'accord de l'Anah avant signature de la commande, sinon la prime saute. J'ai vu deux voisins perdre 5 000 € pour avoir signé trop vite. Le montant obtenu était de 5 400 € de MaPrimeRénov et 1 100 € de CEE, versés en une fois après les travaux et la visite du contrôleur.

Le contrôleur a vérifié la conformité de l'étiquette énergétique, la puissance de la machine, la certification NF PAC, l'attestation RGE de l'installateur. La machine est certifiée NF414 et Eurovent Certita, donc aucun souci sur ce point. Le délai entre la fin des travaux et le virement a été de six semaines. Long, mais pas anormal.

Ce qui marche
  • Certification NF PAC et Eurovent qui fluidifie le dossier administratif
  • Aides cumulées proches de 6 500 €
  • Dossier passable sans trop de blocages quand l'ordre est respecté
Ce qui coince
  • Délai total de six mois entre audit et versement
  • Erreur fatale possible si la commande précède l'accord de l'Anah
Maison de ville mitoyenne des deux côtés, 125 m², Alsace, plancher chauffant, installée en 2023

Le mode silence, ce qu'il coûte vraiment la nuit

65 dB(A) annoncés en puissance acoustique, ça n'est pas rien quand les voisins ont leur chambre à 4 m de la machine. Le mode nuit de la télécommande fait tomber le niveau d'un cran, mais il bride aussi la puissance et le compresseur tourne alors plus longtemps. Sur les nuits à -5 °C en janvier, la différence se sent sur la consommation, autour de 15 % de plus sur les nuits concernées.

J'ai fini par programmer le mode silence entre 22 h et 6 h, et je le désactive le reste du temps. Sur la saison, la surconsommation liée au mode silence est d'environ 80 kWh, soit une quinzaine d'euros. Ce que ça achète, en revanche, c'est la paix avec les voisins. Et c'est difficile de chiffrer ça.

Ce qui marche
  • Mode silence efficace sur le niveau sonore perçu
  • Programmation horaire accessible sans thermostat externe
Ce qui coince
  • 65 dB(A) en puissance acoustique, élevé en mitoyenneté
  • Mode silence qui pénalise le rendement la nuit
Maison 2010, 160 m², Haut-Rhin, plancher chauffant, triphasé déjà présent au tableau, posée en 2024

Triphasé, puissance souscrite et le vrai calcul du compteur

La machine sort en 400-3-50, donc triphasé obligatoire. Chez moi, la maison était déjà raccordée en tri, mais avec un abonnement 9 kVA. J'ai dû passer à 12 kVA, soit environ 90 € de plus par an sur l'abonnement. Avant d'installer, il faut vérifier deux choses : que le tableau accepte un départ triphasé correctement équilibré, et que l'abonnement supporte le pic d'appel au dégivrage.

Avec 12,1 kW de puissance de dimensionnement, le pic en triphasé reste sous les 25 A par phase, donc un 12 kVA est suffisant. Si j'ajoute une borne de recharge un jour, il faudra passer en 15 kVA. Je préfère le savoir maintenant, parce que c'est un sujet qui revient vite dans les maisons équipées d'un garage.

Ce qui marche
  • Triphasé qui répartit la charge et évite de tirer sur une seule phase
  • Alimentation 400-3-50 cohérente avec la puissance de 12 kW
Ce qui coince
  • Abonnement à relever, près de 90 € par an en plus
  • Maison en monophasé : travaux de tableau à prévoir avant pose
  • Marge limitée si on ajoute ensuite une borne de recharge
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour les maisons de 130 à 180 m² avec plancher chauffant ou émetteurs basse température, en triphasé déjà disponible. C'est une machine à SCOP élevé, sans enjeu F-Gas, qui convient aux rénovations lourdes avec conservation des radiateurs fonte à condition d'accepter un rendement réel plus bas que l'annonce.

À éviter si

Le logement est en monophasé et les travaux de tableau pèsent trop dans le budget. À éviter aussi en mitoyenneté serrée ou en bord de mer exposé aux embruns, sauf à accepter un suivi d'échangeur et un mode silence qui rogne le rendement.

Questions fréquentes

Le COP de 6,41 à -7 °C est-il crédible ?

Ce chiffre correspond à un COP instantané mesuré dans des conditions très précises, notamment à 55 °C de départ d'eau. Il ne reflète pas la performance moyenne d'une saison.

La valeur qui compte sur une facture, c'est le SCOP de 3,62 à 55 °C. Le 6,41 sert surtout au constructeur à montrer que la machine ne s'écroule pas au froid.

Pourquoi le triphasé est-il imposé sur ce modèle ?

Avec 12,1 kW de puissance de dimensionnement, une alimentation monophasée tirerait plus de 50 A au pic, ce qui n'est pas tenable sur un abonnement domestique standard.

Le 400-3-50 répartit la charge sur trois phases et reste compatible avec un abonnement 12 kVA. C'est une contrainte à vérifier avant le devis.

Le R290 change-t-il quelque chose au quotidien ?

Pas sur la facture ni sur le bruit. Il change la perspective à dix ans, parce que le R410A sort progressivement du marché au titre de F-Gas, avec des recharges qui renchérissent.

Le R290 présente aussi un meilleur comportement à haute température de condensation, ce qui explique en partie le SCOP de 3,62 sur radiateurs à 55 °C.

Faut-il un ballon tampon avec cette machine ?

Sur un plancher chauffant de 130 m² et plus, le volume d'eau du réseau suffit souvent à éviter les cycles courts sans ballon. Sur une installation radiateurs avec peu de volume, un tampon de 50 à 100 litres peut aider.

Le critère concret, c'est le nombre de démarrages par heure. Au-delà de six, le ballon devient utile pour la durée de vie du compresseur Twin Rotary.

Fiche technique certifiée

Puissance de dimensionnement (W35)12,1 kW
SCOP a 35 °C4,67
Efficacite saisonniere W35183,7 %
Puissance de dimensionnement (W55)12 kW
SCOP a 55 °C3,62
Efficacite saisonniere W55141,8 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)2,23
Temperature de bivalence (W35)n.c.
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure65 dB(A)
Consommation en veille9 W
Fluide frigorigeneR290
Alimentation400-3-50
TypeMonobloc
CompresseurTwin Rotary · Variable

Source : NF414 / Eurovent Certita. Valeurs déclarées par le fabricant dans le cadre de la certification.

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