Pacoscope
Viessmann · Vitocal 100-S/111-S | 12-16kW 400V

Viessmann Vitocal 111-S AWBT-E 111.A16 : l'avis complet

3,5/5sur 6 profils d'installation
Viessmann Vitocal 111-S AWBT-E 111.A16
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : viessmann.fr
SCOP W35
3,85
plancher chauffant
SCOP W55
2,85
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
64 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

La Vitocal 111-S AWBT-E 111.A16 est une pompe à chaleur air/eau triphasée de forte puissance, pensée pour des logements de 150 m² et plus qui sortent d'une chaudière fioul ou gaz. Avec 12,8 kW annoncés sur plancher chauffant et 10,83 kW sur radiateurs, elle vise les grandes maisons mal isolées ou partiellement rénovées. Son SCOP de 3,85 à 35 °C la place parmi les machines correctes sur plancher chauffant, mais elle chute à 2,85 à 55 °C. C'est le point de bascule de cette page : ce qu'elle sait faire sur un réseau basse température, et ce qu'elle coûte dès qu'on lui demande d'alimenter de la fonte.

Bruit de l'unité extérieure64 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison individuelle de 1986, 190 m², Haute-Savoie (vallée de l'Arve), radiateurs acier des années 90, posée en 2023.

Chaque dégivrage laisse sa flaque, et en janvier ça gèle au pied

Le premier hiver m'a surpris sur un point que personne n'avait évoqué au devis : le nombre de dégivrages. En vallée humide, entre décembre et février, l'unité extérieure passe son temps à inverser le cycle, et l'eau part au sol à chaque fois. Comme la machine est posée sur un muret côté nord, la flaque ne sèche pas. Résultat, une plaque de glace de deux mètres carrés qui a tenu six semaines.

J'ai fini par faire couler une dalle légèrement en pente avec un caniveau vers le regard d'eaux pluviales. C'est du bricolage, mais ça règle le problème. Ce que je retiens, c'est que l'implantation compte autant que la machine. La fiche technique donne une température limite à -20 °C, donc l'engin tient le froid. Simplement, il évacue beaucoup d'eau quand l'air est saturé.

Ce qui marche
  • Machine qui tient le grand froid sans s'arrêter
  • Dégivrage efficace, la maison ne perd pas en température
Ce qui coince
  • Évacuation des condensats à prévoir dès la conception
  • Flaque et verglas au pied de l'unité en hiver humide
Longère rénovée de 1998, 230 m², Loire-Atlantique, plancher chauffant au rez-de-chaussée et radiateurs à l'étage, posée en 2024.

12,8 kW annoncés, mais la vraie question c'est ce qu'elle fait à mi-saison

J'ai lu la fiche avant de signer, et un chiffre m'a interpellé : 12,8 kW de dimensionnement, pour une maison que mes calculs de déperditions plaçaient plutôt autour de 10 kW par -5 °C. Avec la température de bivalence à -7 °C, l'appoint intégré de 1,32 kW ne devrait quasiment jamais servir par chez nous. Sur le papier, ça veut dire une machine qui tourne en régime modéré, sans taper dans le secours électrique.

En pratique, ce que je surveille c'est le nombre de démarrages à l'automne. Une machine surdimensionnée module moins bien, et si le plancher a une faible inertie, elle peut enchaîner les cycles courts. Chez moi, le plancher fait office de volant et ça se passe bien. Mais si j'avais eu des radiateurs seuls, j'aurais demandé un ballon tampon.

Ce qui marche
  • Puissance qui couvre de vraies déperditions de grande maison
  • Bivalence à -7 °C, appoint rarement sollicité
Ce qui coince
  • Puissance forte pour un logement déjà bien isolé
  • Cycles courts possibles sans inertie hydraulique
Pavillon de 1979, 165 m², Bas-Rhin, radiateurs fonte conservés, posée en 2023.

Le SCOP de 3,85 n'est pas celui que j'ai vu sur mes factures

C'est le point qui m'a fait tiquer. La brochure met en avant le SCOP à 35 °C, qui est de 3,85 sur cette machine. Sauf que moi, je n'ai pas de plancher chauffant. J'ai gardé mes radiateurs fonte, je tourne à 50, 55 °C de départ d'eau en janvier, et dans ces conditions la fiche annonce un SCOP à 55 °C de 2,85. Ce n'est pas la même machine dans les deux cas, et l'écart est loin d'être anecdotique sur une saison.

En relisant les chiffres, tout est cohérent : l'efficacité saisonnière passe de 151 % à 111 % entre les deux régimes. Je ne me plains pas, la maison est chaude et je reste plus bas qu'au fioul. Mais j'aurais aimé que l'installateur me cite les deux SCOP dès le premier rendez-vous.

Ce qui marche
  • Reste plus économique que le fioul même sur radiateurs haute température
  • Chaudière correctement dimensionnée pour de la fonte
Ce qui coince
  • SCOP à 55 °C nettement plus bas que celui mis en avant
  • Le chiffre de 3,85 ne s'applique pas aux logements sur radiateurs
Maison de 2005, 175 m², Gironde, plancher chauffant et radiateurs chambre, remplacement d'une chaudière gaz à condensation, posée en 2024.

Gaz condensation ou PAC : le calcul qui tient sur un fil

Ma chaudière gaz avait douze ans et un échangeur entartré. J'ai fait chiffrer les deux options. Ce qui a tranché, ce n'est pas le prix de la machine mais la structure de la maison : plancher chauffant au rez-de-chaussée, radiateurs à l'étage. Sur un réseau 35 °C sur les deux tiers de la surface, le SCOP de 3,85 devient atteignable. Le triphasé était déjà là, donc pas de surcoût électrique.

Si j'avais eu une maison 100 % radiateurs haute température, j'aurais probablement repris une condensation. Le SCOP à 55 °C de 2,85 sur cette machine, comparé au rendement d'une bonne chaudière gaz, ne laisse pas une marge énorme. Ce qui fait la différence, c'est que la PAC est meilleure sur les deux autres tiers du logement.

Ce qui marche
  • Bon compromis sur un logement mixte plancher et radiateurs
  • Remplace une chaudière en fin de vie sans gros travaux
Ce qui coince
  • Rentabilité serrée face au gaz si tout passe par des radiateurs
  • Investissement de départ plus lourd qu'une condensation
Villa de 2011, 155 m², Côte d'Azur (Alpes-Maritimes), plancher chauffant et PAC réversible, posée en 2024.

Elle fait du rafraîchissement, mais lentement

J'ai pris cette machine en pensant couvrir le chauffage et un peu de confort d'été. La fonction réversible existe bien, mais avec un plancher chauffant il faut être réaliste : la descente en température se fait par le sol, donc c'est doux et très lent. Comptez plusieurs heures avant de sentir la différence, et surtout, il faut avoir réglé la régulation en conséquence.

La pièce qui chauffe le plus chez moi est une véranda vitrée au sud, et là, ça ne suffit pas. Pour la maison principale en revanche, ça écrête les après-midis de juillet. Ce n'est pas une climatisation, c'est du rafraîchissement passif. Si quelqu'un achète pour avoir du froid franc en une heure, il sera déçu.

Ce qui marche
  • Rafraîchissement possible sans climatiser à outrance
  • Fonction réversible utile en été méditerranéen
Ce qui coince
  • Inertie du plancher : effet lent
  • Aucun effet sur les pièces très exposées au soleil
Maison de plain-pied de 1994, 140 m², Centre-Val de Loire, radiateurs basse température, posée en 2022.

Ballon tampon ajouté après un hiver, je ne regrette pas

Je suis parti sans ballon tampon, sur les conseils de l'installateur, pour ne pas alourdir la facture. Le premier hiver, la maison chauffait correctement mais j'entendais la PAC s'arrêter et redémarrer souvent en novembre et mars, quand les besoins sont faibles. Avec 12,8 kW de puissance, la machine est largement dimensionnée pour 140 m², donc à mi-saison elle cherche sa charge.

J'ai fait ajouter 200 litres l'été suivant. Depuis, les cycles se sont nettement allongés, l'unité extérieure est plus silencieuse dans son fonctionnement, et surtout le confort est plus stable, sans à-coups. Ce n'était pas indispensable, mais c'est le genre de détail qui se paie sur la durée de vie du compresseur.

Ce qui marche
  • Allongement des cycles à mi-saison après ajout du tampon
  • Confort plus stable, moins de variations de température
Ce qui coince
  • Surcoût de l'installation initiale
  • Place supplémentaire à trouver dans le local technique
Le verdict

Pour quel logement ?

Pour une grande maison, plutôt mal ou moyennement isolée, qui dispose d'un plancher chauffant ou de radiateurs basse température et d'une alimentation triphasée, en remplacement d'une chaudière fioul ou gaz en fin de vie. La machine est faite pour des logements de 140 à 250 m² avec un vrai besoin de puissance en hiver.

À éviter si

Le logement ne chauffe que par radiateurs haute température alimentés à plus de 50 °C, ou s'il n'y a qu'une installation monophasée à refaire. Une maison RT2012 bien isolée aura probablement intérêt à descendre en puissance, quitte à changer de modèle.

Questions fréquentes

Cette PAC peut-elle alimenter des radiateurs en fonte sans les remplacer ?

Oui, à condition de connaître le SCOP correspondant. La fiche annonce 2,85 à 55 °C, contre 3,85 à 35 °C. La machine assume bien la montée en température, mais à ce régime elle consomme nettement plus.

Que se passe-t-il par grand froid dans une région humide ?

La température limite de fonctionnement est de -20 °C, donc la machine tient le froid sur le papier. En pratique, le point sensible est le dégivrage : en hiver humide, l'unité évacue beaucoup d'eau. Il faut prévoir une évacuation propre sous l'appareil.

Faut-il un ballon tampon avec une machine de cette puissance ?

Avec 12,8 kW de dimensionnement, elle est souvent plus forte que les déperditions réelles. Sans inertie hydraulique, elle peut multiplier les cycles courts à mi-saison. Un volume tampon de 150 à 200 litres change nettement le comportement.

Le triphasé est-il obligatoire pour l'installer ?

Cette déclinaison AWBT-E 111.A16 est en 12-16 kW triphasé 400 V. Si le logement est en monophasé, il faut vérifier la faisabilité d'un raccordement en amont du devis.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)12,8 kW
SCOP a 35 °C3,85
Efficacite saisonniere W35151 %
Puissance de dimensionnement (W55)10,83 kW
SCOP a 55 °C2,85
Efficacite saisonniere W55111 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-20 °C
Puissance acoustique exterieure64 dB(A)
Consommation en veille0 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesVitocal 100-S AWB 101.A16, Vitocal 100-S AWB-E 101.A16, Vitocal 100-S AWB-E-AC 101.A16, Vitocal 111-S AWBT-AC 111.A16, Vitocal 111-S AWBT-E 111.A16, Vitocal 111-S AWBT-E-AC 111.A16

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

Modèles comparables

Ce modèle vous intéresse ?

Comparez trois devis d'installateurs RGE de votre département.

Demander un devis