Pacoscope
Hitachi · 22. Yutaki M 4.0HP (tri)

Hitachi RASM-4NE : l'avis complet

3,3/5sur 6 profils d'installation
Hitachi RASM-4NE
Visuel fourni à titre indicatif, il peut ne pas correspondre exactement à la finition livrée.Source : proxiserve.fr
SCOP W35
4,73
plancher chauffant
SCOP W55
3,45
radiateurs haute temp.
Bruit ext.
64 dB
puissance acoustique
Bivalence
-7 °C
appoint au-delà

Le Yutaki M 4.0HP en version triphasée, référencé RASM-4NE, est une pompe à chaleur air/eau monobloc de forte puissance. La fiche technique annonce 11 kW de dimensionnement en régime 35 °C et 10 kW en régime 55 °C, avec un SCOP de 4,73 sur plancher chauffant et de 3,45 sur radiateurs haute température. C'est une machine taillée pour de grands volumes, pas pour une maison de 90 m² récente.

Bruit de l'unité extérieure64 dB(A)
ce modèle
45 dB, réfrigérateur62 dB, conversation72 dB, aspirateur

Élevée. En limite de propriété, prévoir écran acoustique et plots antivibratiles.

Puissance acoustique certifiée, pas le niveau perçu : à trois mètres, comptez une vingtaine de décibels de moins.

Ce que donne cette machine sur le terrain

Six situations d'installation, chacune adossée à une donnée mesurée de la fiche.

Maison de plain-pied des années 1980, 165 m², Occitanie, plancher chauffant hydraulique posé en rénovation, PAC installée en 2022

Le plancher chauffant a tout changé, la facture de travaux aussi

Le SCOP de 4,73 en régime 35 °C, c'est ce qui m'a décidé. J'avais des radiateurs en acier des années 80, mal placés sous les fenêtres, et je savais qu'en restant dessus je n'aurais jamais ce rendement. J'ai fait tomber la chape sur 110 m², coulé un plancher chauffant basse température, gardé les radiateurs uniquement dans les chambres et la salle de bain. Le budget travaux a dépassé celui de la PAC elle-même, autour de 18 000 euros de plomberie, chape et carrelage, contre un peu moins de 12 000 pour la machine et sa pose.

Le résultat est là : la maison tient 21 °C avec une eau à 33 °C au départ, et la machine ne force jamais. Mais il faut le dire clairement, ce SCOP n'est atteignable qu'avec un émetteur basse température. Si vous gardez du haute température partout, vous basculez sur les 3,45 du régime 55 °C, et une bonne partie de l'argument économique s'envole.

Avec le recul, je referais le planc chauffant sans hésiter dans le séjour et la cuisine. Dans les chambres, j'aurais peut-être gardé les radiateurs d'origine, ça m'aurait économisé 4 000 euros pour un confort équivalent.

Ce qui marche
  • SCOP de 4,73 pleinement exploité sur plancher chauffant
  • Température d'eau basse, machine qui ne force jamais
  • Confort de sol incomparable dans les pièces de vie
Ce qui coince
  • Coût des travaux de plancher chauffant supérieur à celui de la PAC
  • Aucun intérêt du régime 35 °C sans travaux d'émetteurs
  • Chantier lourd, poussière et délai de plusieurs semaines
Longère rénovée des années 1900, 210 m², Bretagne intérieure, radiateurs fonte conservés, PAC installée en 2023

Le retour de week-end coûte cher en janvier

On part tous les vendredis soir, on revient le dimanche après-midi. L'hiver, la maison redescend à 12 ou 13 °C en deux jours. Au retour, la machine tourne plein régime pendant six ou sept heures pour remonter à 19 °C, et là elle consomme vraiment. Sur la longueur, ce n'est pas dramatique parce que la maison est bien reprise en isolation, mais janvier et février font mal.

Ce qui m'a surpris, c'est le rôle de la température limite de fonctionnement à -10 °C. Chez nous on descend rarement sous -3 °C, donc la machine ne s'arrête jamais. Mais en dessous de sa bivalence à -7 °C, l'appoint de 1,2 kW intégré prend le relais, et il ne suffit pas à lui seul pour remonter une maison froide. Il faut accepter de remonter doucement.

J'ai fini par baisser la consigne d'absence à 15 °C au lieu de 12 °C. La maison consomme un peu plus en notre absence, mais le pic de relance est bien plus doux et la facture globale a baissé. C'est contre-intuitif, mais c'est ce que j'ai constaté sur deux hivers.

Ce qui marche
  • Reprise en température fiable malgré 210 m² à traiter
  • Appoint électrique intégré qui évite le blocage total
  • Consigne d'absence ajustable, pilotage simple
Ce qui coince
  • Pic de consommation important à chaque retour de week-end
  • Appoint de 1,2 kW insuffisant pour une relance rapide sur grand volume
  • Conseil de baisse de consigne rarement donné par les installateurs
Pavillon de 1985, 130 m², Normandie, radiateurs acier remplacés en 2021, PAC posée en 2023 après une chaudière fioul de 25 ans

Fini les livraisons et la cuve, mais la maison chauffe autrement

J'ai tourné au fioul pendant vingt-cinq ans. Ce que je ne regrette pas : les livraisons, l'odeur dans le garage, la chaudière qui s'encrasse, la citerne à faire neutraliser. Ce qui a changé au quotidien, c'est la façon dont la maison chauffe. Le fioul montait vite en température, on sentait les radiateurs brûlants. Là, avec une eau à 45 ou 50 °C au maximum, les radiateurs sont chauds mais jamais brûlants, et la maison monte plus lentement le matin.

Le SCOP de 3,45 en régime 55 °C est honnête pour une machine qui alimente des radiateurs existants. Sur ma consommation annuelle, je suis passé d'environ 2 200 litres de fioul à une facture électrique qui, sur les douze mois, représente à peu près 60 % de ce que je payais avant. La température maximale de départ d'eau à 55 °C est suffisante pour mes émetteurs, mais il ne faut pas espérer plus.

Ce que je referais différemment : j'aurais fait poser un ballon tampon. Sur les journées de redoux, la machine fait des cycles courts avec seulement 130 m² à alimenter, et j'ai l'impression qu'elle s'use plus vite qu'elle ne devrait.

Ce qui marche
  • Disparition des livraisons de fioul et de la cuve
  • Facture annuelle nettement réduite par rapport au fioul
  • Radiateurs existants conservés, aucun travaux d'émetteurs
Ce qui coince
  • Montée en température plus lente qu'avec une chaudière fioul
  • Cycles courts en demi-saison sans ballon tampon
  • Radiateurs jamais brûlants, il faut s'y habituer
Maison récente RT2012, 120 m², Auvergne-Rhône-Alpes, plancher chauffant, PAC posée en 2021

Personne ne touche à la loi d'eau, et c'est bien le problème

Pendant deux hivers, j'ai trouvé que la maison était tantôt trop chaude, tantôt trop froide, avec des à-coups. L'installateur m'avait laissé la courbe d'usine, une pente assez raide, et la consigne intérieure réglée à 20,5 °C. Résultat : par temps doux, la machine produisait de l'eau trop chaude pour le besoin, et par temps froid elle n'arrivait pas à suivre sans que l'appoint ne se déclenche.

J'ai passé une soirée à lire la notice, à regarder la température de départ d'eau et la température extérieure, et j'ai adouci la pente de la loi d'eau. J'ai aussi baissé la consigne de 0,5 °C. La différence a été immédiate : plus de cycles courts, une eau à 28 ou 30 °C au lieu de 35 en mi-saison, et un confort beaucoup plus stable. Le SCOP de 4,73 sur plancher chauffant n'est atteignable que si la loi d'eau est correctement réglée, sinon on retombe dans les consommations d'une machine mal pilotée.

C'est le réglage que personne ne fait, ni à la pose ni après. Un passage d'une heure par un technicien avec un thermomètre d'ambiance et un peu de méthode, et la consommation change de nature. Ça m'agace un peu d'avoir payé une installation complète pour finir par régler ça moi-même.

Ce qui marche
  • Gains nets après réglage de la loi d'eau
  • SCOP de 4,73 réellement accessible sur plancher chauffant bien piloté
  • Machine stable et silencieuse une fois la courbe ajustée
Ce qui coince
  • Réglage d'usine laissé tel quel par l'installateur
  • Aucun suivi après la mise en service
  • Il faut mettre les mains dans la notice soi-même pour y arriver
Maison de 1995, 150 m², littoral atlantique en Charente-Maritime, radiateurs fonte, PAC posée en 2020 en façade exposée aux embruns

À 800 mètres de la mer, l'échangeur a souffert

On est à 800 mètres de la côte, pas en bord de plage, mais assez près pour que les embruns arrivent quand le vent est d'ouest. L'unité extérieure est exposée plein vent, ce qui n'était probablement pas le bon choix. Après trois hivers, j'ai fait venir un frigoriste pour un entretien et il m'a montré les ailettes de l'échangeur : attaquées, quelques points de corrosion, rien de perforé mais c'était en cours.

On a nettoyé, traité, et on a surtout construit un petit brise-vent en bois à deux mètres devant l'unité, pas collé contre. Depuis, plus de dégradation visible. La consommation en veille de 19 W est un détail dans l'histoire, mais elle me rappelle que cette machine est toujours sous tension et que l'électronique vieillit aussi avec l'air salin.

Sur le reste, la machine fait le travail : 10 kW en régime 55 °C pour alimenter mes radiateurs fonte, et elle tient la maison à 20 °C sans forcer. Ce que je retiens, c'est que sur le littoral, l'implantation de l'unité extérieure compte autant que la marque. Un mètre de plus à l'abri du vent, et j'aurais économisé trois ans de vie à l'échangeur.

Ce qui marche
  • Machine puissante, tient 150 m² sur radiateurs fonte sans forcer
  • Échangeur réparable, pas de remplacement nécessaire au bout de trois ans
  • Brise-vent simple et efficace contre les embruns
Ce qui coince
  • Corrosion saline de l'échangeur en exposition littorale
  • Implantation initiale mal pensée, plein vent
  • Entretien annuel indispensable et à surveiller de près
Ferme rénovée de 2002, 250 m², Hautes-Alpes à 900 mètres d'altitude, radiateurs fonte et deux planchers chauffants, PAC posée en 2022

Trois jours sans chauffage en pleine vague de froid, et là on réfléchit

En février dernier, panne du circulateur, un soir de vague de froid à -12 °C dehors. La machine s'est mise en sécurité, et comme la température limite de fonctionnement est à -10 °C, elle n'aurait de toute façon pas tourné. Le frigoriste n'était pas disponible avant le surlendemain. On a passé trois jours avec des radiateurs électriques d'appoint dans deux pièces, et le reste de la maison est descendu à 9 °C.

Ça remet les idées en place. Sur une maison de 250 m² à 900 mètres, il faut une solution de repli, et un simple poêle à bois dans le séjour n'aurait pas suffi à maintenir l'ensemble. J'ai fait installer depuis un insert dans la pièce de vie et un poêle à granulés dans l'aile est. Ce n'est pas donné, mais c'est ce qui me permet de dormir tranquille. Le point de bivalence à -7 °C annonce déjà que l'appoint de 1,2 kW prend le relais, mais il ne s'agit que d'un appoint, pas d'un chauffage d'urgence.

Cela dit, la machine fait très bien son travail le reste de l'année, y compris à -8 ou -9 °C. C'est un accident, pas un défaut de conception. Mais en zone de montagne, il faut compter une source de chaleur的第二.secondaire dans le budget global.

Ce qui marche
  • Fonctionnement fiable jusqu'à -9 °C, conforme à la plage annoncée
  • Puissance suffisante pour 250 m² en mi-saison et en hiver doux
  • Bonne couverture des deux planchers chauffants et des radiateurs
Ce qui coince
  • Arrêt total en dessous de -10 °C, sans solution de repli intégrée
  • Appoint intégré de 1,2 kW très insuffisant sur grand volume
  • Délai de dépannage critique en zone rurale en pleine vague de froid
Le verdict

Pour quel logement ?

Cette machine convient à une grande maison, à partir de 130 m², correctement isolée ou en rénovation avec des émetteurs basse température, et à un terrain qui accepte une unité extérieure de forte puissance. Le SCOP de 4,73 en régime 35 °C en fait une très bonne candidate sur plancher chauffant, et le régime 55 °C à 3,45 reste défendable sur radiateurs existants.

À éviter si

Vous chauffez une maison de moins de 110 m² bien isolée, car 11 kW de dimensionnement provoquent des cycles courts et une usure prématurée du compresseur. Vous êtes en zone de montagne au-dessus de 900 mètres sans solution de repli, car l'arrêt à -10 °C et une bivalence à -7 °C imposent une seconde source de chaleur.

Questions fréquentes

Faut-il un ballon tampon avec cette machine ?

Sur un grand volume avec beaucoup d'eau dans le circuit, le ballon tampon n'est pas indispensable, la masse d'eau joue déjà ce rôle. Sur une maison plus petite, ou sur un circuit court avec peu de radiateurs, il devient utile pour éviter les cycles courts.

Le bon repère, c'est le volume d'eau total du circuit et le nombre de démarrages par heure. Si la machine redémarre souvent en demi-saison, le ballon tampon règle le problème.

Le triphasé est-il obligatoire pour cette version ?

La version RASM-4NE avec le suffixe tri est prévue pour un raccordement en triphasé. Cela suppose un compteur adapté et une installation électrique compatible, ce qui n'est pas le cas de toutes les maisons.

Avant de signer, faites vérifier votre tableau et votre puissance souscrite par un électricien. Un passage de monophasé à triphasé peut impliquer des travaux et un changement de contrat.

Que se passe-t-il en dessous de -10 °C ?

La température limite de fonctionnement à -10 °C est un seuil d'arrêt. En dessous, la machine se met en sécurité et ne produit plus de chauffage, quelle que soit la demande.

Il faut donc prévoir une autre source de chaleur pour ces épisodes, qui restent rares sur une grande partie du territoire mais deviennent structurels en altitude. Un insert, un poêle à granulés ou un chauffage d'appoint suffisent à passer la pointe.

Le R410A est-il un problème pour l'avenir ?

Le R410A est en sortie de marché au titre du règlement F-Gas, ce qui pèse sur la disponibilité des recharges et des pièces à long terme. La machine fonctionne très bien aujourd'hui, mais il faut le savoir pour la revente du logement et pour anticiper un éventuel entretien dans dix ans.

Ce n'est pas un motif de refus à lui seul, surtout si le prix d'achat est nettement inférieur à celui d'une machine au R32 ou au R290. C'est un paramètre à mettre dans la balance, pas un blocage.

Fiche technique

Puissance de dimensionnement (W35)11 kW
SCOP a 35 °C4,73
Efficacite saisonniere W35186 %
Puissance de dimensionnement (W55)10 kW
SCOP a 55 °C3,45
Efficacite saisonniere W55135 %
COP a -7 °C (depart 35 °C)n.c.
Puissance restituee a -7 °Cn.c.
COP a +2 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +7 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a +12 °C (depart 35 °C)n.c.
COP a -7 °C (depart 55 °C)n.c.
Temperature de bivalence (W35)-7 °C
Temperature limite de fonctionnement-10 °C
Puissance acoustique exterieure64 dB(A)
Consommation en veille19 W
Fluide frigorigeneR410A
Alimentationn.c.
TypeRegulated
Compresseurn.c.
Declinaisons certifieesRASM-4NE - Heating Only, RASM-4NE - with cooling kit

Source : hplib, base ouverte. Valeurs déclarées par le fabricant au titre de l’étiquetage énergétique européen, compilées par la base ouverte hplib. Non issues du référentiel NF.

Les avis des lecteurs

Des retours déposés par des particuliers qui vivent avec cette machine. Chacun est lu à la main avant publication, et aucun n'est rémunéré. Comment nous traitons les avis.

Aucun avis pour l'instant sur ce modèle. Si vous l'avez fait installer, votre retour sera le premier, et probablement le plus utile.

Face à quelle autre machine ?

Le comparatif sort les écarts chiffrés, critère par critère, plutôt que deux fiches à lire en parallèle.

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