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Guide · Coûts et aides

Combien coûte une pompe à chaleur air/eau à l'usage ?

Une PAC air/eau coûte à l'usage le besoin de chaleur de la maison divisé par son SCOP réel, multiplié par le prix du kWh, plus l'abonnement et l'entretien. Sur nos trois maisons types, le chauffage revient de 460 à 1 600 € par an au tarif réglementé d'octobre 2026, et l'écart tient surtout à l'isolation et à la température d'eau des émetteurs.

Mis à jour le 9 octobre 2026 par la rédaction de Pacoscope · notre méthode · chiffres à jour

Compteur électrique et facture posée sur une table, à côté d'une tasse, dans une cuisine en hiver

Comment calculer le coût de fonctionnement d'une PAC ?

Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur, elle la déplace : pour chaque kWh d'électricité, elle en restitue plusieurs dans l'eau du chauffage. Le rapport entre les deux, moyenné sur tout l'hiver, s'appelle le SCOP.

Les deux inconnues sont le besoin de chaleur et le SCOP réel. Le prix du kWh, lui, se lit sur votre contrat : 0,1985 € TTC au tarif réglementé, option Base. Notre simulateur de coût de fonctionnement fait tout le calcul à partir de votre consommation actuelle ou de votre département.

Estimer le besoin de chaleur avec vos anciennes factures

C'est la méthode la plus fiable si vous chauffez déjà au gaz ou au fioul. Multipliez les kWh de gaz facturés sur un an par le rendement de votre chaudière : 92 % en moyenne pour une chaudière à condensation selon l'ADEME, exprimé comme la facture en kWh PCS.

Une chaudière de plus de 15 ans rend plutôt 75 % à 80 % selon Bruxelles Environnement, mais sur le PCI. Divisez alors d'abord les kWh facturés par 1,11, le rapport PCS/PCI du gaz retenu par la méthode du DPE.

Pour le fioul, un litre contient 10 kWh (pouvoir calorifique inférieur) : multipliez les litres par 10, puis par le rendement de la chaudière. Prenez la moyenne de deux ou trois hivers, car un hiver doux fausse le calcul.

Estimer le besoin de chaleur sans facture

Sans historique, on part des déperditions et du climat local. La méthode des degrés-jours unifiés (DJU) donne un ordre de grandeur solide.

DépartementDJU moyens 2016 à 2025 (base 17 °C)
Bouches-du-Rhône1 206
Gironde1 377
Finistère1 651
Paris1 704
Rhône1 858
Nord2 012
Bas-Rhin2 186
Moyenne des dix dernières années de la série départementale du SDES (ministère de la Transition écologique), calcul Pacoscope. Un hiver de l'Est demande 80 % de chaleur de plus qu'un hiver marseillais.

SCOP, COP : quel chiffre utiliser ?

Le COP est un rendement instantané, mesuré à une température donnée. Le SCOP est sa moyenne sur une saison de chauffe normalisée, et c'est lui qui sert au calcul de la facture.

Dans notre catalogue de 1 452 machines, le SCOP déclaré médian est de 4,62 à 35 °C (plancher chauffant) et de 3,38 à 55 °C (radiateurs). Ce sont des valeurs d'essai normalisé, pas celles de votre maison.

La campagne de mesure de l'ADEME sur 90 PAC air/eau installées a relevé un SCOP réel de 2,9 en moyenne. Les valeurs annoncées par les fabricants dépassaient les valeurs mesurées de 29 % en moyenne, selon la note de négaWatt qui analyse cette étude.

Deux précisions pour bien s'en servir. L'échantillon comptait 76 PAC sur radiateurs, 15 sur plancher chauffant et 9 mixtes, donc 2,9 reflète surtout des radiateurs. Et la première année de mesure a porté sur un hiver plutôt clément, ce qui invite à une légère prudence.

ÉmetteursEau au départ (grand froid)SCOP déclaré médian du catalogueSCOP réel retenu
Plancher chauffant30 à 35 °C4,623,6
Radiateurs larges, basse température40 à 45 °Centre les deux2,9
Radiateurs classiques ou fonte50 à 55 °C3,382,6
Hypothèses Pacoscope : 2,9 est la moyenne mesurée par l'ADEME ; 3,6 lui ajoute l'écart de 25 % observé entre planchers et radiateurs, et retombe sur le SCOP déclaré médian à 35 °C divisé par 1,29 ; 2,6 correspond au SCOP déclaré médian à 55 °C divisé par 1,29.

Le grand froid pèse moins qu'on le croit. Par -4 °C de moyenne, le COP mesuré se maintenait à 2,0, la résistance d'appoint ne représentait que 2,7 % de la consommation et le dégivrage 0,6 %.

Trois maisons types, trois factures

Ces trois maisons sont des cas de calcul, pas des clients réels. Elles reprennent les coefficients G et les températures de base de notre guide sur la puissance d'une PAC.

  • Maison A, Strasbourg : 100 m² et 250 m³ des années 1970, peu rénovée (G = 1,6), radiateurs en fonte qui demandent 55 °C. Déperditions de 13,6 kW par -15 °C.
  • Maison B, Lyon : 110 m² et 275 m³ de 1985, combles isolés (G = 1,1), radiateurs acier assez grands pour 45 °C. Déperditions de 8,8 kW par -10 °C.
  • Maison C, Brest : 120 m² et 300 m³ de 2008 (G = 0,7), plancher chauffant à 35 °C. Déperditions de 4,8 kW par -4 °C.
Maison A (Strasbourg)Maison B (Lyon)Maison C (Brest)
DJU (base 17 °C)2 1861 8581 651
Besoin de chaleur annuel21 000 kWh13 500 kWh8 300 kWh
SCOP réel retenu2,62,93,6
Électricité consommée8 080 kWh4 660 kWh2 310 kWh
Coût du chauffage1 603 €924 €458 €
Chauffage seul, hors eau chaude, abonnement et entretien. Montants calculés aux prix d'octobre 2026 : 0,1985 € le kWh TTC, tarif réglementé option Base. Calcul Pacoscope.

La maison A paie trois fois et demie la facture de la maison C. Elle a deux fois et demie plus de besoins, et sa PAC travaille avec une eau plus chaude, donc un moins bon rendement.

Les estimations au mètre carré qu'on trouve en ligne ne disent rien de tout cela. Nos maisons A et C ont des surfaces voisines et des factures dans un rapport de 1 à 3,5 : la surface seule ne permet pas de prévoir une facture.

Quel est l'effet de la température d'eau sur la facture ?

Plus l'eau envoyée dans les émetteurs est chaude, plus le compresseur force et plus le SCOP baisse. Voici la facture de la maison B selon le SCOP réellement obtenu.

SCOP réelÉlectricité consomméeCoût annuel du chauffageSituation typique
2,06 750 kWh1 340 €Loi d'eau mal réglée, eau trop chaude
2,55 400 kWh1 072 €Radiateurs à 55 °C
2,94 660 kWh924 €Moyenne mesurée par l'ADEME
3,53 860 kWh766 €Radiateurs basse température bien réglés
4,03 380 kWh670 €Plancher chauffant, réglage soigné
Maison B : 13 500 kWh de besoin annuel. Montants calculés aux prix d'octobre 2026 : 0,1985 € le kWh TTC.

Entre une PAC mal réglée et une PAC bien réglée, l'écart dépasse 600 € par an pour la même maison. Le réglage de la loi d'eau est le levier le moins cher de tous.

Si vos radiateurs sont en fonte, le calcul de leur puissance à basse température décide de tout. Notre guide PAC et radiateurs en fonte détaille la vérification.

Abonnement et heures creuses : les postes oubliés

Une PAC et sa résistance d'appoint peuvent imposer une puissance souscrite plus élevée. Passer de 6 à 9 kVA porte l'abonnement de 15,86 € à 19,88 € par mois, soit environ 48 € de plus par an. Une grosse machine sur un tableau monophasé peut demander 12 kVA, à 23,76 € par mois.

Une PAC chauffe jour et nuit, elle ne se décale pas comme un ballon d'eau chaude. L'option heures creuses ne fait donc pas baisser sa facture à elle seule : son intérêt vient surtout des autres usages programmables.

En sens inverse, abandonner le gaz supprime son abonnement : 360,79 € par an au prix repère de la CRE pour un logement chauffé au gaz. Notre comparatif PAC ou chaudière gaz en tient compte.

Combien coûte l'entretien d'une PAC ?

L'entretien d'une PAC de 4 à 70 kW est obligatoire au moins tous les 2 ans, avec une attestation remise par l'intervenant sous 15 jours. Les comparateurs relèvent 150 à 250 € la visite pour une PAC air/eau, un prix libre et indicatif.

Au rythme légal minimal, cela représente 75 à 125 € par an. Un contrat annuel, avec visite chaque année et souvent le dépannage, revient à 160 à 350 € par an selon le niveau de service.

Le budget annuel complet

PosteMaison A (Strasbourg)Maison B (Lyon)Maison C (Brest)
Chauffage1 603 €924 €458 €
Hausse d'abonnement (6 à 9 kVA)48 €48 €48 €
Entretien (tous les deux ans)75 à 125 €75 à 125 €75 à 125 €
Total par an1 726 à 1 776 €1 047 à 1 097 €581 à 631 €
Hors eau chaude sanitaire et hors abonnement de base, que vous payez déjà. Montants calculés aux prix d'octobre 2026 (tarif réglementé option Base), entretien au rythme légal minimal. Calcul Pacoscope.

L'eau chaude sanitaire s'ajoute à ces montants si la PAC la produit. Selon Que Choisir, qui rapporte l'étude ADEME, 46 % des PAC suivies avaient un COP inférieur à 2 pour cet usage.

Rapportés à l'investissement, ces chiffres permettent de calculer un temps de retour. C'est l'objet de notre guide sur la rentabilité d'une PAC.

Comment faire baisser la facture ?

  1. Faites régler la loi d'eau au plus bas qui garde le confort : chaque degré d'eau en moins améliore le rendement.
  2. Vérifiez la puissance : une machine trop grosse cycle et perd en rendement, une trop petite fait tourner l'appoint.
  3. Agrandissez ou remplacez les radiateurs les plus petits pour baisser la température d'eau de toute l'installation.
  4. Isolez d'abord les combles : c'est le besoin de chaleur qui fait la facture, avant le SCOP.
  5. Au moment du choix, comparez les machines sur leur SCOP à la température de vos émetteurs, pas sur le COP nominal.

Pour des radiateurs, de 9 à 12 kW : les meilleurs SCOP déclarés à 55 °C

Le profil de la maison B. Classement recalculé à chaque mise à jour du catalogue.

Pour un plancher chauffant, de 5 à 8 kW : les meilleurs SCOP déclarés à 35 °C

Le profil de la maison C.

Questions fréquentes

Combien consomme une PAC air/eau pour 100 m² ?

Tout dépend de l'isolation, du climat et des émetteurs. Une maison de 100 m² des années 1970 à Strasbourg consomme environ 8 000 kWh d'électricité par an pour le chauffage dans notre calcul ; une maison récente de 120 m² à Brest, avec plancher chauffant, environ 2 300 kWh.

Quel SCOP faut-il prendre pour estimer sa facture ?

Le SCOP réel, pas celui de la fiche. L'ADEME a mesuré 2,9 en moyenne sur des PAC air/eau installées, avec des valeurs déclarées supérieures de 29 % en moyenne. Divisez le SCOP de la fiche par 1,3 pour une estimation prudente.

Faut-il passer en heures creuses avec une PAC ?

Pas pour la PAC elle-même, qui chauffe jour et nuit : si un tiers de sa consommation tombe en heures creuses, le kWh moyen reste proche du prix de l'option Base. L'option garde son intérêt pour l'eau chaude et les usages programmables.

La PAC consomme-t-elle beaucoup plus par grand froid ?

Son rendement baisse, mais moins qu'on le dit. Dans la campagne ADEME, le COP restait à 2,0 en moyenne par -4 °C, et la résistance d'appoint ne pesait que 2,7 % de la consommation annuelle.

Pourquoi ma PAC consomme-t-elle plus que prévu ?

Le plus souvent à cause d'une eau trop chaude (loi d'eau mal réglée), d'une machine mal dimensionnée ou d'une production d'eau chaude peu efficace. Dans la campagne de l'ADEME, un tiers des installations présentaient un défaut de dimensionnement, de montage, de réglage ou de régulation, selon la note de négaWatt. Le simulateur vous donne la consommation attendue pour comparer.

L'entretien est-il compris dans le coût de fonctionnement ?

Il faut l'ajouter : 150 à 250 € la visite, au moins tous les 2 ans, soit 75 à 125 € par an au minimum légal. Un contrat annuel coûte 160 à 350 € par an.

Sources

Les chiffres du catalogue cités dans ce guide sont recalculés à chaque mise à jour du site, à partir des 1 452 fiches publiées.

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